Intronisation d'un gamin mal peigné

Objectif numéro un de la junta pour renforcer un secteur offensif asphyxié aux yeux du monde face au Bayern, Neymar a officialisé, d’une séance de jongles devant un parterre de socios, une signature déjà entérinée depuis une dizaine de jours. Son passage au Nou aura quand même égrainé quelques réponses aux questions toujours en suspens depuis l’annonce de son recrutement.

 

Ce que l’on savait déjà depuis quelques jours est donc venu se matérialiser physiquement (frêlement, pour être honnête, mais ça compte quand même) dans les entrailles de l’Estadi ce lundi. Neymar et ses inspirations capillaires discutables, les plus grotesques de la planète foot depuis l’arrêt de carrière de Taribo West, ont donc enfilé un maillot rayé blaugrana, entre deux longs courriers et autant de matches de la Seleçao, pour offrir à son transfert les contours d’une cérémonie d’intronisation.

 

Arrivé le matin même depuis le Brésil avant d’y retourner dans la soirée (paye ton empreinte carbone…), la désormais ex-pépite de Santos s’est plié au rite initiatique : photo devant l’écusson du club (pouce en l’air), visite médiale (on peut supposer qu’un premier check-up avait déjà été fait, ça aurait fait tâche de tout annuler pour une malformation cardiaque décelée en début d’aprèm…), signature du contrat (quand même…), présentation en tenue et conférence de presse. Au long d’une journée spéciale suivie en live sur les sites des suiveurs historiques, on aura pu admirer la panoplie de t-shirt en coton estampillés d’une grosse virgule, puisque Neymar en changea plusieurs fois, du bleu, du noir, et même, comble du manque de tact d’une recrue blaugrana, du blanc… La question ne se serait pas posée si NeyNey avait eu le bon goût de se présenter dans un costume, comme Zizou en son temps…

 

Les quelques 50.000 personnes massées dans les gradins (les chiffres n’ont étonnamment pas soulevé la colère des participants à la Manif Pour Tous…) s’attendaient peut-être à plus de prouesses façon spectacle d’otarie de la part de la star Brésilienne, finalement venue pour la jouer sobre. Un peu comme sa coiffure, pas de décoloration, juste un placage des tifs sur le front. Pierre-Aymeric Aubameyang Style. Pas certain que ce soit la meilleure des références, surtout qu’apparemment le FCB a demandé au joueur de se calmer au niveau de l’effervescence de son cheveu. Attendu par des spectateurs venus parfois avec des pancartes inspirées (l’excellent « En Madrid, No hay mar, Ni Neymar »), le phénomène ne s’est pas éternisé sur la pelouse, juste assez pour attirer l’attention au dos de son maillot.

 

A la demande de Nike et de sa stratégie de com’, le nom apposé en lettres jaunes au verso de ses menues épaules est donc NEYMAR JR. Ce n’est ni un hommage au frère de Bobby Ewing dans une série Texane, ni une référence à Jean-René Godard, son idôle en termes de journalisme sportif. A la question, devenue vanne réso-sociale de la semaine, M. et Mme Neymar ont un fils, comment s'appelle-t'il, les parents n’ont donc pas répondu fils Jean, mais bien Junior, d’où le flocage correspondant. Flocage qui domine pour le moment le néant, en attendant l’officialisation de son numéro, probablement le 7 ou le 11, en cas de départ de Villa et/ou Thiago. A en croire le club, la tendance ne serait pas vraiment au 11, encore solidement chevillé à Alcantara. Dommage pour les impatients qui se sont rués pour acheter un maillot frappé de ce numéro.

 

Passées les paillettes et les embrassades, la conférence de presse aura eu le mérite de révéler  quelques  paramètres inconnus, comme le niveau de catalan de Neymar et sa volonté, dans une modestie tout au moins affichée, de cotoyer Messi, Xavi ou Iniesta. Sujet d’inquiétude chez les culés et de tous les fantasmes chiffrés dans les périodiques, le montant du transfert a cristallisé les attentions, lorsqu’il fut dévoilé par Bartomeu. Le FCB n’a donc pas réalisé l’affaire du siècle en attirant la pépite pour moins de 30 M€, comme il en a longtemps été question, mais bien pour un total de 57 M€. Le club avait bien, comme subodoré, versé des arrhes à hauteur de 10 M€, et devra donc régler le complément de la note, payable en trois fois, un peu comme un crédit Cetelem. A priori, même si l’on ne connaît pas les détails de l’opération, le Barça en sera donc de 16 M€ environ cet été, ce qui lui laisserait une bonne enveloppe, dans les 50 M€ annoncés, pour continuer son petit marché à la recherche d’un central et d’un gardien.

En bonne machine marketingo-commerciale, Neymar a vu sa valeur grimper à 70 M€ depuis sa signature. Une valeur qui espérons-le va continuer à grimper, mais dont la courbe va rapidement s’indexer sur ses performances sur le pré.

 

Si elle met déjà la bave aux lèvres à tout le monde, l’association Messi-Neymar pose encore question. Il faudra très certainement que les deux se prêtent au jeu des concessions. Le nouvel arrivé en est certainement conscient et y est enclin, reste à savoir si le patron mettra un peu d’eau dans sa Powerade pour le bien de l’équipe. Le travail défensif de la pépite va être épié au coin du bois, mais son profil laisse présager de belles perspectives au niveau offensif. Dribbleur dans l’âme et même un peu plus, Neymar devra être capable de provoquer, débloquer des situations et prendre le jeu à son compte, bien plus que Pedro ou Alexis, crispés sur le frein à main, n’ont su le faire cette saison. Mais il ne faudra pas qu'il sombre dans des actions YouTube pour faire admirer ses gestes techniques et qu'il apprenne à se fondre dans le collectif culé.

 

Il ne faudra peut-être pas virer à l’impatience. Dans un premier temps, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le Brasilou sera capable de faire la différence face à des Valladolid ou des Osasuna, mais peut-être pas d’être décisif dans des Clasicos ou des tours éliminatoires de Champions dès sa première saison en Europe. A défaut de devenir immédiatement une seconde arme fatale, l’idée sera surtout qu’il puisse aider l’arme de finition massive en chef. En le soulageant de certains matches de Liga sur lesquels Messi aura la bonne idée de faire l’impasse pour en garder sous la pédale. Et en créant une menace supplémentaire, qui obligera les défenses à surveiller un autre feu que celui de Messi sur lequel elles ont tendance à se focaliser. Dans les matches en configuration « bus » que l’on ne connaît que trop bien, la Pulga se retrouve trop souvent dans la « cage » formée par parfois 5 ou 6 joueurs. La présence de Neymar à côté devrait donc octroyer un peu plus de liberté à Leo. Un échange de bons procédés.

 

Vivement que ça commence…

 

 

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