Vilanova. Un retrait. Des questions.

Au quasi lendemain de la reprise de l’entraînement, le barcelonisme, occupé à scruter l’horizon en projections sur la saison qui commence, a été rappelé à une douloureuse réalité vendredi soir. Au terme d’une lapidaire conf’ de presse écrasée d’une émotion à couper au couteau, Rosell a officiellement confirmé le bruit qui courait depuis le début d’après-midi. Victime d’une rechute et contraint de repartir en traitement, Tito Vilanova quitte le banc Blaugrana…

Le blizzard. Une chape de fond qui accompagne les pas du FC Barcelone depuis quelques saisons, au rythme des épreuves traversées par Tito et Abi, et qui s’est subitement réépaissie à la lumière des mots que Rosell a glissé gorge serrée dans le micro qui lui faisait face. Compassion pour l’état de santé du mister, inquiétude pour le futur proche de l’équipe, le cœur de l’aficion avance à tâtons dans une forêt de questions. Aussi, avec le sentiment un peu coupable d’avoir le souci terre-à-terre de la continuité sportive alors que quelqu’un replonge tête la première dans le combat pour sa vie.

Sur les cendres encore chaudes du passage de Vilanova dans le costume de coach, les potentielles candidatures passent au rayon gamma des réseaux sociaux et des Unes médiatiques, dans un mélange d’arrivisme de mauvais goût et d’étude de cas complètement légitime. A chacun d’équilibrer la balance entre « Anims Tito » et « Show must go on ».

 

Un bon choix de départ ?

 

Tito Vilanova sur le banc du Camp Nou. L’image est désormais rangée au rayon archives, et renvoie nécessairement à un choix audacieux et risqué de la part de la Direction voici un peu plus d’un an. Dans les perturbations du ciel catalan, consécutives au coup de tonnerre de l’annonce de départ de Guardiola, la nomination de son adjoint avait fusé autant que surpris. Elle avait également rassuré des culés obnibulés par la continuité du Guardiolisme.

Le recul que l’on a aujourd’hui éclaire d’un halo désapprobateur la décision de mai 2012. Déjà éloigné périodiquement par la maladie de son siège d’adjoint, Vilanova interrogeait quant au répit que lui laisserait ce cancer qui ne vous quitte jamais vraiment. Sportivement, son élection a fait sens. Si la fin de saison laisse un peu la pâteuse, son bilan est plus qu’honorable avec la Liga des 100 points, une qualité de jeu quatre étoiles et surtout une première partie de saison stratosphérique, durant laquelle son onze a plané dans les très hautes sphères. La deuxième partie, celle qui l’a vu s’éloigner du banc (coïncidence ?), sera nettement moins convaincante, et sa gestion globale peut être discutée mais globalement, sa légitimité à la tête de l’équipe ne souffre pas la moindre contestation.

Validé sur le terrain de jeu, le choix de Tito a donc été perdu sur celui de la médecine. Absent dans les grandes largeurs lors de sa seule saison au poste, contraint de rendre les clés avant le coup d’envoi de la seconde, le pari Vilanova rappelle cruellement au Barça que l’on ne joue pas avec la santé.

 

La bonne décision. Au bon moment ?

 

Face à un constat à présent irréversible, le club agit sagement en annonçant le retrait de son entraîneur, même si ce départ est moins décidé qu’imposé par les implacables circonstances. L’équipe ne s’aventure donc pas dans sa saison avec la menace permanente d’une absence de sa haute hiérarchie, d’un intérim de Jordi Roura et de tout ce que cela a pu signifier lors de l’épisode analogue de l’exercice 2012-13.

Ce que l’on a du mal à comprendre, c’est la différence dans le discours entre la fin de saison dernière et le début de la présente. Conférence de presse du président en mai, Tito continue, la maladie évolue bien et ne présente aucun risque pour la suite. On sait depuis hier qu’il est en tout autrement, les conclusions médicales ont rattrapé et douché l’optimisme d’il y a deux mois. On suppose que ce revirement de situation n’était pas « anticipable », a fortiori par le club s’il ne l’a pas été avant par les médecins. Et donc le Barça finit par payer le fait d’avoir persisté dans son idée de départ, celui de confier son équipe à un entraîneur malade, susceptible de rechuter irrémédiablement à tout moment.

Maintenant, donc. Le moment de l’annonce est subi, pas choisi, mais tombe particulièrement mal (évidemment, il tombe plus mal pour Tito dont la vie est en danger que pour le club qui se trouve à l’étroit dans son calendrier). La saison vient de reprendre pour tous les clubs européens, et les coaches clôturent leurs premières semaines de chrono et de sifflet. Le Barça doit donc, quinze jours après la fermeture officieuse du mercato des entraîneurs, se lancer dans la pêche à la perle rare. Le tout dans l’urgence, évidemment, dont on sait qu’elle n’est que rarement bonne conseillère.   

 

Qui ?

 

Un an après, la valse des noms reprend sa danse, dans un revival des spéculations sur la succession de Guardiola. La reprise fraîchement passée divise naturellement les candidats potentiels en deux catégories. Ceux qui sont en poste, et ceux qui sont au chômage…

Parmi les premiers noms qui viennent à l’esprit, en tant qu’ex coach du Barça B qui lui offre un profil de néo-Pep, on imagine mal Luis Enrique quitter le Celta où il vient d’arriver. Alors que l’on peut se demander si le FCB, qui n’aura ni le temps ni le loisir d’ergoter au moment de la nomination d’un n°1, est prêt à faire un chèque pour harponner son élu, c’est le CV de Michael Laudrup que nous mettrions sur le dessus de la pile.

En poste à Swansea, l’ex-meneur Blaugrana a contre lui des expériences de banc parfois moyennasses et un passé de joueur traître, mais il était notre favori en 2008 à l’arrivé de Guardiola. Le jeu développé par ses équipes et sa connaissance de la maison lui donnent notre préférence. Et autant avouer que l’on penche plus volontiers vers un Laudrup en costume cintré que pour un Bielsa en survêt dégueulasse…

Les derniers bruits de couloir donnent du crédit à Gerardo Martino. Pas sûr que cela rassure le peuple Blaugrana.

 

Et maintenant ?

 

En toute logique, le match prévu en Pologne contre Gdansk au lendemain de l’annonce a été annulé. Mais la saison continue quoiqu’il arrive. Le nom du successeur de Tito sera connu la semaine prochaine, et suivant ses méthodes la philosophie de jeu connaîtra une évolution. D’ici là, Rubi et Roura assureront le lien, et certainement la direction de l’équipe lors du match amical face au Bayern mercredi. Un match qui se déroulera dans un climat bizarre, une semaine après les échanges moyennement classieux entre Pep et Tito, sur fond de maladie du second. Des propos que Guardiola doit certainement regretter depuis hier…

Placé parmi les clients de la saison à venir avec le recrutement de Neymar, et toujours dans l’attente du recrutement d’un central de premier plan, le Barça navigue maintenant dans l’inconnu. Mais on saura vite qui sera la capitaine du navire.   

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