Valence-Barça: Verticales limites

Liga BBVA, 3ème journée: Valence CF – FC Barcelone : 2-3

Estadio de Mestalla – Buteurs : Messi (10’, 38’, 40’), Helder Postiga (44’, 45’+3)

Une poignée de jours après la purge supercopera face à l’Atletico, le Barça a sorti un tout autre visage du côté de Mestalla. Un jeu beaucoup plus direct, plus fertile en occasions des deux côtés du terrain, et qui alimente déjà les conversations. Des conservations qui seraient restées coites si les Blaugrana s’étaient montrés un peu plus sérieux, du haut de leur 3-0 à la 44ème

Au cœur d’une entame de calendrier particulièrement gaillarde, qui a vu le FCB croiser le fer de l’Atletico, de Malaga en attendant Séville à la prochaine journée, la LFP avait prévu un rendez-vous dans la Comunidad pour un second déplacement consécutif en Liga. Sur une pelouse qui n’a que modérément souri aux culés ces dernières saisons, les hommes de Gégé Martino ont certainement montré, dans un match débridé comme un Peugeot 103, le meilleur et le pire de ce qu’ils sont capables de produire. Pour, en toute logique, la plus grande excitation et des inquiétudes au moins aussi épaisses pour l’aficion.

 

Fidèle à sa ligne de conduite depuis le coup de feu de la saison, Martino a poursuivi son turnover subtil, pour le moment sur les postes où les candidats sérieux jouent aux chaises musicales avec les places disponibles. Au milieu, Iniesta revient à la place de Xavi, blessé, et Pedro remplace à droite Alexis, victime de son match de mercredi, fade comme un mauvais tofu. Le reste de l’équipe n’était pas pour faire sursauter les bookmakers ; San Victor devant la ligne de quatre classique, Dani-Piqué-Masch-Alba, Busi - Cesc au milieu, et la seconde association successive du duo des merveilles Neymar-Messi.

Le souvenir des dernières visites à Mestalla, avec un Barça mis sous pression par des chauves-souris particulièrement agressives dans le pressing, a vécu dimanche une première mi-temps en négatif. Parfaitement en place d’entrée de game, les Catalans voient rarement le cuir entrer dans leur moitié. Au contraire, dans un style relativement nouveau, que les analystes s’empressent de gratifier de « la patte d’el Tata », les coéquipiers de Messi se montrent aussi prompt que du ciment du même nom, tant dans la récupération que dans la projection vers le but adverse. A ce petit jeu, qui prend quelques distances avec l’ADN maison en se rapprochant des pratiques Anglo-saxo-teutonnes, Cesc excelle. Pardon pour les dyslexiques qui lisent ces articles à haute voix. Dans tous les bons coups et éclipsant par là-même le père Andres, Fabregas dirige cette verticalité nouvelle, féconde en opportunités sur le but de Diego Alves. La mouvance a le mérite de seoir à ravir le profil de Neymar, envoyé doublement vers l’Eden, pour un dribble raté et un but injustement refusé. Qu’importe, Messi paraît pareillement s’accommoder des attaques TGV, et s’offre le ballon du match avant même le retour au vestiaire.

 

Mi-temps parfaite, règne sur le jeu et sur le ballon, un nombre consistant d’occasions et l’efficacité qui va avec, peu de danger devant Valdès, tous les voyants sont au vert et dansent la sardane. Seul souci, tout le monde attaque son quart d’heure de repos à la 44ème. Le temps d’aller chercher deux fois la gonfle au fond, sur deux éclairs de Postiga (qui s’est montré plus convaincant en 3 minutes d’arrêts de jeu à Valence qu’en 6 mois à St-é à l’époque). Il faudra quand même nous expliquer où M. Teixeira Vitienes est allé chercher 240 secondes de temps mort dans ce premier acte. Ne polémiquons pas…

Vous l’aurez compris, d’autant plus si vous étiez devant votre poste dimanche, le plus sexy des deux visages affichés par le Barça a fait long feu, la seconde période sera largement moins maîtrisée, moins excitante, et par conséquent, plus crispante.

 

C’est le revers de la médaille d’un jeu plus vertical, le ballon est plus vite rendu à l’adversaire. Et lorsque, la fatigue arrivant, le pressing se fait moins net, les Barcelonais s’exposent, d’autant que la défense n’a pas fait le plein de sérénité et de tranchant pendant les vacances. Pour être précis, le FCB n’a pas précisément révolutionné sa philosophie pour une course effrénée de dragsters à gros cubes à la moindre occasion. Si par moments les attaques font l’économie de quelques passes, les longues séquences sont encore d’actualités (plus que dans le lit conjugal de certains…), en témoignent encore les 62% de possession au final. Mais il est clair que le profil Fabregas, par rapport au profil Xavi, est plus enclin à se projeter vite vers l’avant que de gérer et d’imposer un tempo. X6 étant plus proche de la fin que de sa première Champions, cette évolution est peut-être le sens de l’histoire.

 

 

Certes, quand les Catalans font disparaître la pelota dans leur toque, ils sont par définition à l’abri de la moindre inquiétude. Mais le problème n’est-il pas d’améliorer et de renforcer la solidité défensive de l’équipe plutôt que de cacher le problème dans la possession ? Dimanche, malgré un milieu de terrain plus dispendieux en déchet (nonobstant le mieux d’Iniesta correspondant avec le moins bien de Cesc après la pause), les Blaugrana se sont encore créés une grosse demi-douzaine d’occases, parmi lesquelles au moins deux auraient dû accorder au ballon la sensation rugueuse du contact des filets à sa surface.

 

Clairement, l’équipe a souffert et a tranquillement effiloché sa maîtrise sur le match. Le barcelonisme a serré les dents et le reste jusqu’à la 93ème, autant à cause de sa fébrilité derrière que par son incapacité à planter un 4ème qui aurait pris des allures salvatrices de bombonne d’oxygène.

 

 

En plus d’un spectacle 5 étoiles et d’un suspens contondant, cette victoire en terre valencianne, sur laquelle on aurait tort de faire la fine bouche, pause fort à propos les jalons du travail qui attend le Barça de Tata. Les perspectives offensives comme les faiblesses derrière, sans compter un juste équilibre à trouver au milieu entre possession et verticalité, sont autant d’équations sur le tableau noir de Martino. La copie de l’Argentin sera prochainement attendue par des dizaines de milliers de Culés…

 

 

 

Place à la session Notes…

 

 

 

Le CLIENT

 

Visionnaire dans ses ouvertures avant la pause, avant de baisser de régime ensuite, Fabregas a certainement montré un de ses meilleurs visages avec le maillot de son enfance. L’occasion de faire taire ceux qui lui chient dessus depuis des mois…

 

 

Nominés dans la catégorie : Comment ? Un mec qui plante un hat-trick n’est même pas élu homme du match ? Messi ayant égorgé depuis longtemps la normalité et le sens footballistique commun, nous nous permettons de lui reprocher la brochette d’occasions nettes gâchées en seconde. Actuellement en lévitation sur une planète d’une autre Galaxy, Valdes s’est une nouvelle fois distingué par des arrêts de classe Abitbollienne, malgré les 2 buts encaissés.

 

 

 

Le BIALES

 

 

Tout ne fut pas parfait loin de là, mais Neymar a posé les bases de ce qu’il va apporter au jeu Blaugrana. Des prises de profondeur, une association en rôdage avec la Pulga, une passe dec’ et un but injustement refusé. Et un double contact sympa (et pas gratuit) en fin de match.

 

 

Nominés dans la catégorie : Au four et au moulin mais coupable de pertes de balles suffisantes et dangereuses, Busi a connu un match inégal, comme Don Andres à ses côtés, invisible en 1ère puis précieux dans le contrôle du ballon en 2nde. Derrière, Masch, Alves et Alba, affichent une copie correcte individuellement mais n’atteignent pas la moyenne collectivement. Encore deux buts encaissés, et de l’errance, de l’errance.

 

 

 

Le CASPER

 

 

Du trio offensif, et cela risque on en a peur de se répéter cette saison, Pedro aura été le moins en vue, malgré une paire d’occasions de buts monumentales, une dans chaque mi-temps. Pas un mauvais match mais qui pâtit de la comparaison avec le phagocytant duo Leo-Ney. Remplacé par un Tello incisif, auteur d’un caviar faussoyé par Jordi. On en redemande, Cricri a nettement son mot à dire cette saison dans la rotation de Tata.

 

 

 

Le CAGOLIN

 

 

Défenseur le plus à la peine, Piqué s’est montré plus distant dans son marquage d’Helder Postiga que dans ses séances de zouk love avec sa Shaki d’amour. Il va falloir un peu plus rentrer dans la viande (des attaquants, évidemment, ne cherchez pas de sous-entendus…)

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