Barça-Seville : Comme un sentiment d'insécurité

Liga BBVA 4ème journée : FC Barcelone - FC Seville 3-2

Camp Nou - Buteurs : Dani Alves (35'), Messi (74'), Alexis (93'); Rakitic (79'), Coke (89')

Le refrain est lancinant, du côté des rangs blaugrana comme des lignes de presse catalane. Après une semaine internationale, tout le monde redoute le fameux « Syndrome FIFA » qui a tant frappé le Barça. De plus, la réception de Séville était prise en sandwich avec un match de Champions à négocier ce mercredi contre l’Ajax. Soit un match parfaitement piège où la seule nécessité est d’engranger les trois points. Et, si possible, de se rassurer. Sur la complémentarité naissante du duo Leo-Ney mais surtout sur une défense aux abois, que les spécialistes n’hésitent pas à affubler de passoire, malgré un VV décisif en ce début de saison.

Filip, Franck, Adel, on vous a reconnus...
Filip, Franck, Adel, on vous a reconnus...

Avec un retour massif des internationaux, c'est un euphémisme, en milieu voire fin de semaine, Tata n’a étrangement pas fait de rotations, alignant une équipe pas loin d’être type. Sur les onze postes que comportent le 4-3-3 classique, deux sont soumis à hésitation. La place de Cesc étant au centre de l’imbroglio. La tendance semble être à un positionnement entre Busi et Iniesta, alors que le strapontin de l’attaque tourne. Pour la réception des Andalous, Fabregas est néanmoins invité à s'asseoir sur le banc. Place donc au trident classique dans le rond central et à Cristian Tello pour jouer le pendant de Neymar sur le flanc droit.

En face, Unay Emery, habitué à embêter le Barça quand il était en poste à Valence, hérite d’un Séville qui a oublié ses années européennes. Mais le Basque possède dans l’effectif quelques joueurs de ballon, à l’instar de son capitaine Rakitic, et peut également compter sur deux anciennes connaissances du championnat français, Stéphane M’Bia et Kevin Gameiro. Soit des mecs qui ne jouaient pas chez les deux premiers de Ligue 1, ça promet.

Globalement, Emery affiche des velléités défensives, comme tout bon outsider se déplaçant au Nou. En espérant que Kéké Gameiro en plante un en contre. L’occupation prend donc ses droits dans le camp andalou. Comme dirait l’autre, c’est reparti comme en 40.

A ce petit jeu, les Barcelonais sont rodés mais peinent tout de même à trouver des solutions. Le plan B de Tata Martino semble se nommer Neymar. Dans le premier acte, le Brésilien va faire pleurer tout adversaire souhaitant lui contester la gonfle. Et, par la même occasion, faire pleuvoir des jaunes sur ses vis-à-vis. On se croirait « Chez Tonton » pendant l’happy hour.

Logiquement, c’est du côté gauche que vient le danger. Sur un service pour Tello puis un coup-franc obtenu et laissé à Leo, Neymar est le vrai dynamiteur du début de match. Pourtant, le but viendra des deux autres Brésiliens du Barça. Adriano, rentré à la suite de la blessure d’Alba, sert Denis Alves pour une conclusion de la tête. Ce qu’on appelle le plan C. Une ouverture du score qui tombe bien, eu égard à un scénario qui humait le hold-up sévillan.

 

Le changement de côté n’altère pas le cours du match. Neymar provoque un quatrième jaune. Celui de trop selon les agents de la maréchaussée. Et la concentration de Sévillans dans la surface de réparation frise celle des sardines au fond de leur boite, coincées entre l’huile et les aromates (un peu de poésie française ne fait pas de mal).

Pourtant, à l’heure de jeu, le scénario traquenard vient montrer le bout de son nez. Sur un corner offert par un jeu au pied hésitant de VV, monsieur Muniz Fernandez octroie gentiment au Blaugrana une faute et un sursis alors que Cala avait pris le dessus sur Alves, en s’aidant, il est vrai, un peu des bras.

Le film catastrophe ne semble alors plus qu’un mauvais souvenir à un quart d’heure du terme. Leo sort de sa torpeur et bricole avec Fabregas. La gonfle transite par Neymar et revient dans les pieds de D10S qui catapulte le but du break dans les buts de Beto. Le stade exulte, la tension redescend d’un cran. Le score semble acquis.

Oui mais voilà, le Barça version Tata a des soucis défensifs. Vitolo en profite pour se jouer successivement de Masche, Busi et Piqué pour servir Rakitic. Le Croate envoie un missile sol-sol en direction de la portería. Le genre de frappe qui enverrait le gardien dans les cages dans n’importe quel épisode d’Olive et Tom. VV n’est ni Thomas Price, ni Ed Warner et voit le cuir lui passer à côté.

 

La fin du match se transforme alors en joute épique. Les occasions fusent de part et d’autre. Messi se réveille après plus d’une heure en sous-régime et les Catalans manquent de se rassurer une bonne fois pour toute. Pas assez efficace, ils se font cueillir par Coke, dont la solitude au second poteau rappelle la défense blaugrana à ses errances chroniques.

Le Nou sonne alors comme une « Bamba triste ». Pire, il manque de sombrer dans la torpeur lorsque Marin manque de peu de planter l’estocade (Mirko Marin, pas Nicolas, l’ex-joueur de l’AJA, échoué cette saison au Skoda Xanthi). Les trois minutes brandies par l’assesseur avant le but sévillan se transforment alors en course contre-la-montre, dans le money time où le clutch player est recherché désespérément.

En Kobe Bryant blanc, petit et gaucher, Leo Messi se charge de presque tout. Un rush depuis les 40 mètres qui aboutit par un but d’Alexis après avoir rebondi sur le gardien adverse. Le Nou peut alors chavirer dans un bonheur fou.

Une joie qui n’aurait pas du être aussi intense si le Barça savait conserver les avantages qu'il s'octroie. Surement le chantier principal de Tata. Lui qui a choisi de ne pas dépenser des sommes folles pour se renforcer, jurant que les forces en présence suffisaient. Il est vrai, sur les buts, personne n’est vraiment à incriminer. Mais il faudra trouver un remède avant les grandes échéances.

 

On passe à la notation.

 

LE CLIENT

 

« Neymar c’est un jouor qui percute, qui va, qui essaie, qui déborde, qui insiste, qui persiste », Luis Fernandez. Soit la description du Client.

Nominés : Mascherano, au four et au moulin pour couper toutes les trajectoires, sauf celle de Vitolo sur le premier but. Malgré son apathie pendant plus d’une heure, Messi mérite d’être cité ici pour ses actions décisives. Mention spéciale pour Alexis, qui a su cadrer la balle de la gagne.

 

LE BIALES

 

Un but et une activité sans faille. Et un but qui part dans son dos. Alves, dans tous ses états.

Nominés : La mention du commissaire pour le milieu de terrain.

 

LE CASPER

 

Plus à l’aise sur le côté gauche, Tello hérite du titre d’ectoplasme qui colle à la peau du troisième attaquant.

 

LE CAGOLIN

Alors, oui, c’est sympa de mettre Madame sur le banc et de faire la photo officielle avec Milan. Si c’est pour plomber le match de Masche et de ses autres potes, non merci !

 

La suite cette semaine avec le grand retour du ballon à étoiles...

 

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