Barça-Ajax : A deux bouts portant

Champions League, 1ère journée : FC Barcelone – Ajax Amsterdam 4-0

Camp Nou – Buteurs : Messi (22’, 55’, 75’), Piqué (69’)

Un grand buteur. Un grand gardien. Il n’en a pas fallu beaucoup plus à un Barça assez poussif par ailleurs pour asséner sa première claque continentale de la saison. En s’appuyant largement sur le talent aux deux extrémités de sa colonne vertébrale, l’équipe de Martino a assuré l’essentiel face à l’Ajax. Qu’est-ce que ça va être quand tout le monde se mettra au niveau...

Didier Deschamps, qui est un peu à la victoire ce que Jean-Louis Borloo est au comptoir, ne jure que par deux ingrédients pour sa recette victorieuse des grands matches. Un gardien, et un buteur, qu’il choisira autant que faire se peut de la toute première qualité. La crème de la crème. Victor Valdes. Lionel Messi. Malgré la forme stratosphérique du premier, et le simple fait que le second soit égal à lui-même (c’est-à-dire à personne d’autre sur cette Terre), Tata Martino avait néanmoins fait le choix, respectable, de leur adjoindre neuf partenaires au coup d’envoi de la Première continentale de la saison.

Alba absent pour motifs de déchirade, c’est un onze des plus conventionnels qui a été offert au public du Nou. Valdes était gardé par une ligne Alves-Piqué-Mascherano-Adriano, qui mis à part blessures est très rarement soumise au turnover. Au milieu, les chaises musicales épargnent encore Busquets, c’est Xavi qui cette fois regarde Cesc et Iniesta attaquer d’entrée. Devant, les titularisations de Messi et Neymar n’ont pas affolé les bookmakers, et c’est à Alexis qu’échoit l’honneur d’évoluer dans l’ombre du duo.

La partition en sourdine de Faudel se vérifie très rapidement, puisque c’est Neymar qui prend les choses en mains (ou en pieds, pour les empêcheurs de tourner en rond). Déjà plus influent, après une demi-douzaine de rencontres, que le chilien du haut de ses deux saisons au club, Junior est le plus en vue dans le premier quart d’heure, tout en percussion sur son aile gauche, mais va progressivement décliner dans l’intensité au cours de la soirée. Mis à part deux pénétrations dribblophiles de son Brasilou de couloir, le FCB peine à se créer des situations franches. Jusqu’au coup de rabot, précis et engagé, de Duarte dans le demi-cercle. Personne ne conteste lorsque D10S s’empare du cuir. Et personne ne moufte non plus quand il allume le poteau droit de Vermeer, moyennant un contournement enveloppé d’un De Jong amateur de géométrie, placé pile dans l’alignement. Ouverture du score à « la mi-temps de la première mi-temps » (Thierry Rolland ne meurt jamais), les Catalans semblent promis à sauter à pied joint sur la dignité Ajacide, mais il n’en sera rien, du moins jusqu’à la mi-temps.

 

En transit hésitant entre sa maîtrise omnipotente du ballon d’hier et ses desiderata actuels de jeu plus rapide, le Barça emmêle quelque peu ses crayons tactiques dans la seconde moitié du premier acte. L’évolution contemporaine pousse à la création d’espace, pour les utiliser ensuite à la limite du mur du son. Pêle-mêle, on a aperçu des aménagements, défense plus basse, pressing, mais le désordre général dans lequel tout s’est opéré a surtout eu pour résultat d’isoler les trois du milieu, et d’abandonner la sphère (étoilée comme il se doit pour les matches du mercredi soir) aux visiteurs néerlandais. C’est la limite du concept, si les Blaugrana souhaitent possséder moins, pour jaillir de loin à la récupération, il faudra être plus au point dans la mise en place tactique des trois lignes, sans quoi l’abandon du ballon va systématiquement devenir synonyme de danger sur la cage de Valdes. Impeccable une fois de plus, le double V sauve deux fois les siens avant la pause, notamment sur une tête à bout portant de Van Rhijn (j’avoue, j’ai vérifié 3 fois pour l’orthographe) sur un centre inspiré de Bojan. Le seul éclair dans la soirée de l’ancien espoir local, qui confirme malheureusement qu’il est un léger pour le très haut niveau international.

Pas aidé par le match flou de Cesc et Iniesta, le milieu éprouve toutes les peines du monde à imposer un rythme et le style maison, malgré l’aide ponctuelle des centraux, Piqué notamment. Le doublé de Messi vient d’ailleurs d’une action à une passe. Jaillissement dans les pieds de Busi aux 35 mètres, service dans l’espace pour Leo, idéalement lancé dans la surface. Condamnée d’avance, la défense sait son destin comparable à celui d’une Charolaise entrant à l’abattoir. Fixation du défenseur et frappe croisée sans même lever l’œil vers la cage, la Pulga s’offre le doublé, et manquera peu après de s’offrir un hat-trick d’anthologie, au prix d’un malicieux plat de genou au bout d’un centre de Ney. Partie remise. Peu inspirée dans la construction, l’équipe de Martino profite des largesses laissées par l’Ajax pour mettre le feu devant Vermeer. Suite à un corner « à la Rémoise » (Thierry, toujours…), Neymar commet une perfection de centre rentrant (cf. Mathieu Valbuena, Biélorussie-France) pour la tête de Piqué, qui devance de la mèche la sortie du gardien. Xavi et Pedro entrent alors pour Fabregas et Neymar, avec la fluidification de la circulation que l’on était tenté d’en espérer. Insatisfait de son doublé, Messi va pousser un peu plus loin la folie de ses statistiques. A l’entrée de la surface, il oublie Pedro sur sa gauche (ou profite de son appel, rayez la mention inutile) et croise au milieu d’une forêt de protèges-tibias. Ca fait déjà quatre, des effluves de manita commencent à monter, mais la seule opportunité tangible est gâchée par Alexis, dans un raté qui malheureusement commence à virer au pléonasme. A l’inverse, symbole de la main-tremblante-mise par les locaux sur le match, c’est San Victor qui vole la vedette dans les dix dernières minutes. Deux envolées sur des frappes lointaines, un pénalty (stupidement concédé par la Masche) repoussé, Vic s’offre une clean-sheet qu’i ne doit quasiment qu’à lui-même.

Au lendemain de ces débuts réussis en Champions, ceux qui ont vu le match dans son intégralité seront certainement moins rassurés que ceux qui ont juste vérifié le résultat dans les journaux du matin (ou les tweets de la veille au soir). Selon la théorie du verre à moitié vide, le Barça est très perfectible, voire même légèrement inquiétant dans sa gestion du jeu. Selon celle du verre à moitié plein, ces Blaugrana encore victorieux mais assez éloignés de leur meilleur niveau laissent présager des lendemains chatoyants en cas de prise de mayonnaise.

 

Place à la notation. Etoilée, Champions oblige.

 

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Les CLIENTS

 

Exceptionnellement, ils sont deux. Messi par son hat-trick, et Valdes par son triplé d’arrêts décisifs ont bâti la victoire de l’équipe. Avec deux extrémités à ce niveau, le FCB peut voyager…

 

Le BIALES

 

Isolé au milieu d’un certain marasme tactique, Busquets a surnagé. Et même décanté la situation en envoyant Leo vers le 2-0.

Nominés dans la catégorie : Feu-follet précoce avant de décliner, Neymar s’inscrit encore sur la feuille de match avec un assist. Il nous tarde qu’il claque plus régulièrement, il le mérite. Spectateur des difficultés de son milieu depuis sa position, Piqué est plusieurs fois venus prêter main forte, et a même réussi à enlever à Messi son exclusivité au tableau d’affichage.

 

Le CASPER

 

Pas dans le coup, une constante depuis le début de saison, Iniesta n’a pas pesé sur l’orientation du jeu, pas plus qu’il n’a su impulser d’accélérations balle au pied.

Nominés dans la catégorie : Très inspiré depuis août, Fabregas a sombré mercredi, et offert la version de lui-même que l’on ne veut plus voir. Remplacé fort à propos par Xavi. Corrects sans plus, les latéraux n’ont pas apporté de surnombre, ni de frisson.

 

Le CAGOLIN

 

On l’espérait mis sur orbite par son but décisif face à Séville, Faudel a de nouveau disparu, dilué dans le seau au fond duquel se trouve sa confiance.

Nominé dans la catégorie : Il est assez malhonnête de résumer le match de Masche à ce pénalty évitable, mais on le fait quand même. Il a glissé ? Il fallait choisir des vissés plus longs…

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Stephine Golub (lundi, 06 février 2017)


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