Objectif Mars

Rotations de l’effectif, blessures de joueurs charnières, adaptation du style, tout concorde actuellement pour que le Barça del Tata Martino arrive en pleine bourre au printemps, quand tout se décidera. Apologie d’une vision à moyen terme.

Gerardo s’est fadé la dernière saison Blaugrana avec une demi-douzaine d’heures de décalage horaire, mais la nuit argentine étant de bon conseil, il semble avoir distinctement identifié les manquements aperçus dans la gestion de l’exercice écoulé. Malgré une saison record en Liga, le FCB s’est stratégiquement fourvoyé sur la longueur de ses dix mois de marathon. Passés à mi-parcours sous les temps de passage du record du monde, le titre domestique déjà officieusement en poche, les hommes de Tito ont montré leurs premiers signes d’hyperventilation en février, avant de sombrer dans le rouge sur mars-avril. Quand Vilanova ne relit pas assez souvent le Lièvre et la Tortue.

A trop tirer sur un noyau d’une douzaine de joueurs systématiquement titulaires, l’équipe s’est retrouvée coincée entre méformes et blessures dans le money time de la saison. Symbole d’un très net piquage du nez, le bouillon monumental infligé en demi-finales par le Bayern symbolise tous les maux Catalans de ce printemps 2013, déjà aperçus face au PSG et au Real. Messi blessé qui laisse son onze orphelin, le milieu de terrain noyé autour d’un Busquets dont la langue râpe le bout des lacets, Bartra le novice bombardé au cœur d’une défense qui semble démarrer le 100m en tractant un char à bœufs. A l’heure de la rendue des copies, le verdict tombe, c’est le hors sujet. Avec les conséquences que l’on sait.

Nouvelle saison, nouveau coach, nouveau style vestimentaire. Surtout, une approche novatrice dans la gestion du groupe, qui répartit plus équitablement les minutes. Sergi Roberto, Cuenca et Affelay ne partageront peut-être pas cet avis, mais d’autres en profitent pour se montrer à leur avantage, au premier rang desquels Bartra ou Song. Le partage 3/4 - 1/4 entre le Camerounais et le grand Busi, tout comme le 2/3 – 1/3 du tryptique Xavi-Iniesta-Cesc, réveille les espoirs de voir un milieu au plus frais à la sortie de l’hiver. Même chose derrière, amené à changer une charnière qu’il a tout d’abord souhaité roder, el Tata intègre petit à petit (contraint et forcé, diront les haineux) Bartra dans le turnover. L’occasion pour lui de s’incorporer dans un contexte plus favorable que l’an passé. A tel point que l’aficion, qui espère les larmes aux yeux un central de classe mondiale depuis des plombes, paraît aujourd’hui encline à lui laisser sa chance plutôt que de forcer un recrutement.

Le cynisme étant la seule réponse tangible à la démence du calendrier (seules les blessures permettent de se refaire la cerise physiquement), il est bienvenu d’accueillir avec un sourire satisfait les blessures de Messi, Alba, Mascherano ou Puyol. Absents actuellement sans que le rendement comptable de l’équipe n’en pâtisse, leur éloignement des aires de jeu est autant de piles alcalines emmagasinées pour le mois de mars. Ou quand le lapin Duracell s’invite dans les aventures de la Cigale et la Fourmi.

En surmenage depuis plus de deux saisons, Leo et Jordi paient aujourd’hui les pots cassés, pas loin d’entrer dans la rubrique inquiétude, tout en respectant les traditions locales, biceps fémoral pour chacun. De retours précipités en rechute, on ne sait plus trop si la Pulga est en sursis ou rétabli pour de bon à chacune de ses réapparitions. Alba, lui, vient d’enchainer la même blessure à la jambe gauche puis à la droite. On apprécie l’effort de parité, mais on espère surtout que cela n’augure pas de lésions chroniques, façon Don Carles de la Grinta, qui a depuis un an passé sa hargne en rééduc plus que sur les pelouses.

Au rythme des hématomes qui décorent chaque samedi ses mollets, Neymar ne devrait pas tarder à rejoindre ses copains en cure de fraicheur forcée à l’infirmerie. Bol d’air et de solutions dans le quotidien du jeu Blaugrana, l’intégration réussie du Brasilou est une autre réussite à mettre au crédit du polo pistache, tout comme la désinhibition progressive d’Alexis. Si l’on ajoute les originalités tactiques tentées, l’alternance d’un jeu plus direct avec le contrôle habituel du ballon, les Catalans paraissent aujourd’hui plus à-mêmes de voyager loin qu’en novembre dernier. Mais à l’époque, on n’imaginait pas un instant la débandade qui allait s’annoncer.

Ci-dessus, la répartition des minutes par match pour l'ensemble de l'effectif, qui illustre bien que personne (hormis Piqué qui n'a pas encore pu se reposer au profit de Puyol) ne dépasse 75% de titularisation. Un chiffre qui est certes à pondérer par l'absence récente de Messi, qui aurait lui très probablement dépassé la stat. Malgré tout, el Tata a l'air de tenir à un roulement de 3 titularisations pour 1 match sur le banc ou en tribune.

Martino, le déclic fraîcheur...

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