Osasuna-Barça : De la pénibilité de l'entonnoir

Liga BBVA, 9ème journée : Osasuna – FC Barcelona 0-0

Estadio El Sadar

Peut-être pour faciliter le retour à la compétition de son capitaine, le Barça a livré un match d’une toute petite intensité en Navarre. Statiques et imprécis, il aura manqué un peu de tout à Puyol et ses copains pour ramener plus d’un point de Pampelune. De la justesse, du mouvement, de l’efficacité, peut-être même un peu d’envie… Et un but, évidemment.

Un match sur un terrain historiquement hostile, coincé entre une semaine internationale et un enchaînement Milan-Madrid, le déplacement à Osasuna avait carrément la tronche du match que personne n’a envie d’aller jouer… Sauf lui. De retour après un double passage sur le billard, le genou pimpant et affûté comme jamais, De La Grinta retrouvait une titularisation 7 mois après sa disparition des feuilles de match. Sans passer par la chasuble de remplaçant, du fait de la volonté de Martino de ménager Piqué, en surchauffe depuis Aout, et Mascherano encore un peu court. Puyi est donc le chef d’une défense que l’on pourrait qualifier de « bis », selon les standards du début de saison, Montoya-Puyol-Bartra-Adriano.  Les choses sont plus classiques au milieu où reste installé le triangle coutumier Businiestavi. Devant, malgré un précédent réussi, Neymar n’occupe pas l’axe, laissé à Fabregas,  et s’installe sur l’aile gauche, avec Pedro comme symétrique à droite. Comme l’on pouvait s’y attendre, Martino n’a donc pas pris le risque d’aligner Messi, fraîchement apte, d’entrée. Outre Piqué, Dani et Alexis sont aussi restés à Barcelone, nouvelle illustration de la volonté del Tata d’éviter les surcharges de travail.

Les jambes sont-elles encore fourbues des heures d’avion du retour de sélection (pour les Espagnols, on doute qu’un Albacete-Barcelone soit très énergivore…) ? Les esprits sont-ils déjà dans les vestiaires de San Siro ou dans l’électricité d’une semaine de Clasico ? On laissera les intéressés seuls juges au moment de se regarder dans la glace, toujours est-il que le contenu affiché pendant les 45 premières minutes sera largement insuffisant.

Au milieu, le déchet affiché par Xavi et Iniesta tranche avec leur légendaire acuité et leur science de la passe. Cesc englué dans la défense locale (dans laquelle les aficionados de la L1 ont la joie de reprendre des nouvelles –rassurantes- de Jordan Lotiès), les Barcelonais s’en remettent à une paire de rushes de Neymar et quelques débordements de Montoya pour importer un peu de danger aux abords de la surface de Fernandez Moreno. Pour être tout à fait honnête, le fait le plus marquant de la première période demeure la sortie prématurée de Sisi, touché au genou, qui ne sera pas resté assez longtemps sur la pelouse pour que l’on puisse juger de sa ressemblance ou non avec Romy Schneider. Bien organisé autour notamment de Marc Bertran (l’ersatz Navarrais du central de la Masia), Osasuna est pour le moins inoffensif, mais le Barça n’arrive pas à faire sortir de ses bases la défense locale, et se débat donc dans des espaces infinitésimaux dans lesquels ses erreurs techniques l’empêchent de proliférer. L’inexactitude du dernier geste se pose toujours en obstacle à une occasion. Neymar bousculé dans la surface, la solution aux mots Catalans semble toute trouvée, mais le litige était un peu léger pour une peine maximale (enfin, sauf si vous vous appelez Gareth Bale et que vous vous prenez vous-même les pieds dans votre inepte tentative de crochet). La fin de mi-temps frémit néanmoins un peu plus, Pedro est contré dans un cafouillage, mais c’est Bartra qui sera le plus proche de l’ouverture du score. Libre aux 6 mètres sur corner, il expédie au-dessus une tête qu’il a dû ruminer toute la nuit. Une nuit qu’il aurait pu passer aux urgences puisque d’un défenseur, peut-être de fan de Zlatan, a manqué de lui arracher l’œil du bout d’un crampon un tantinet haut-perché.

La deuxième période ne sera pas beaucoup plus nocive pour le trio Valdes-Puyol-Bartra, le ballon restant cantonné dans l’autre moitié de terrain. Sans se métamorphoser tout à coup en paragon d’inspiration et de jeu à une touche, le Barça va tout de même se créer un mini-bus de situations. C’est tout d’abord Neymar qui va croire en sa bonne étoile, avant de se rendre compte qu’il lui manque une pointure pour pouvoir pousser au fond un débordement d’école de Montoya.  A mesure que le match avance, les Sang et Or d’un soir viennent de plus en plus s’engorger dans l’axe, oubliant d’étirer le jeu sur la largeur. Le maintien du score au niveau du néant contribue à tendre chaque minute un peu plus le (télé)spectateur culé sur son siège, surtout après les échecs successifs de Cesc dans la finalisation des balles de match qu’il s’est offertes. D’une mollesse coupable sur un lob  tué dans l’œuf, Fab est surtout inexcusable d’envoyer dans les projos une nouvelle offrande de Xavi. L’entrée de Messi, attendu comme lui-même pour sauver la situation, ne changera pas la donne. C’est encore Fabregas qui d’une frappe à 20 mètres est le plus proche de la vérité. Messi s’invite sur deux nouvelles tentatives mais l’issue fait de moins en moins de doute. Moyennasse, le Barça a galéré mais en avait cependant fait assez, normalement, pour accrocher une 9ème croix sur son calendrier de victoires en Liga. Au contraire, la soirée se conclut donc par le premier abandon de points de la saison, qui concorde pourtant avec une prise de pouvoir en solo au classement. Les remerciements sont à envoyer du côté de Cornella del Prat, où nos amis ancestraux de l’Espanyol ont eu le bon goût de s’offrir l’Atletico de Simeone. A une semaine du Clasico, les écarts fondent au somment de la hiérarchie, le FCB et les deux clubs de la capitale se tiennent désormais en trois points.

On passe à la notation.

 

Le CLIENT

 

Exclu d’office du palmarès des récompenses d’après-match depuis 7 mois, Puyi mérite la timballe pour son match sans firoriture. Ni rechute. Si ça peut durer...

 

Nominés dans la catégorie : Pas poussés dans leurs derniers retranchements par un Osasuna frileux, Bartra et Busquets ont fait le job avec concision. Malgré du déchet, on a apprécié l’apport offensif de Montoya, le seul a véritablement utiliser le jeu de couloir.

 

Le BIALES

 

Auteur des éclairs les plus lumineux de son équipe pendant plus d’une heure, Neymar a échoué dans la matérialisation de son apport au tableau d’affichage. Il va falloir que ça claque un peu plus, pour passer du presque parfait à la marche d’au-dessus.

 

Le CASPER

 

Trrrrrrrrrrrrrrès discret, Pedro a peu pesé sur la rencontre. On attend plus de lui, notamment quand Leo n’est pas sur la pelouse.

 

Nominé dans la catégorie : Attablé pendant une heure et demi au café philo, Valdes n’a pas eu d’autre occupation que de discuter le bout de gras avec les spectateurs les plus proches. RAS.

 

Le CAGOLIN

 

Sans être franchement mauvais, le trio Iniesta-Xavi-Fabregas hérite de la peluche. Malgré une paire de fulgurance pour chacun, Xav’ et Andres ont évolué un cran en dessous de ce que l’on est en droit d’attendre d’eux. A noter la sortie surprenante de X6 au profit de Messi, alors qu’il semblait être le joueur sur la pente ascendante. Concernant Cesc, la mauvaise note est à partager avec Martino, pour l’avoir reconduit dans la position de faux-9, alors qu’on le préfère dans le cœur du jeu. Malgré un match difficile, Cesc a eu le mérite de se créer les occases de la gagne. Et le défaut de les vendanger.

 

Nominé dans la catégorie : Adriano, quelconque et sans réel impact dans la moitié adverse.  

 

On se retrouve très vite, pour une semaine de très haut niveau, comme on les aime. On est prêt à mettre un billet sur le fait que le niveau de jeu va s'élever sensiblement...

 

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Commentaires: 1
  • #1

    KARIM (dimanche, 20 octobre 2013 20:48)

    Merci pour la chronique d'après-match, contrairement à vous, je pense qu'il est temps à Pedro de renouer avec le banc de touche, on est loin du Pedro Incisif et véloce, à croire qu'il faut lui faire porter un maillot de la ROJA pour qu'il se réveille et aussi Montoya : bcp de déchets et très impulsif dans ses interventions défensives, pas mal de fois on entendait Puyol le recadrer en temps réel mais bon ... je pense qu'ils avaient la tête ailleurs (CL & Clasico avec la fatigue des matchs internationaux) Vivement un réveil dans les normes ! Le pistachio a manqué hier de panache dans le coaching :(

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