Milan-Barça : Les mêmes maux

Champions League, 3ème journée : AC Milan – FC Barcelona 1-1

Stadio Giuseppe Meazza – Buteurs : Robinho (7’) / Messi (22’)

Adversaire particulièrement assidu sur la scène continentale, l’AC Milan se dressait encore sur la route du Barça ce mardi. Comme l’an passé, ce Milan-là n’a rien d’un cador européen, mais comme l’an passé les Catalans ont échoué à imposer leur supériorité, pourtant flagrante intrinsèquement. La faute à des maux, toujours des maux, les mêmes maux…

A la sortie d’une rencontre à Osasuna que l’on zappera rapidement de nos mémoires, le FC Barcelone entamait mardi une semaine Quality Street, entre choc au sommet en Champions et affrontement avec les Laiteux samedi.  Mais soyons honnêtes, autant un Barça-Milan au Nou attise impatience et excitation, autant un Milan-Barça à San Siro incite sensiblement moins à l’optimisme et à l’entrain. Plus que le douloureux souvenir de la saison passée, c’est l’état légendaire de la pelouse, bosselée comme un potrero, qui laisse craindre une soirée pénible, au cours de laquelle une passe ou une conduite de balle collée au plancher serait passible de la Légion d’Honneur. Attendue comme le premier « onze de Gala » de la saison, c’est donc une équipe sans surprise qui se voit offrir par Martino le droit de galérer sur le terrain vague. Après l’inédit Puyol-Bartra de samedi, la charnière révise ses classiques avec du Piqué-Masch. L’absent du coup d’envoi s’appelle Fabregas au milieu de terrain, et Pedro devant, qui laisse la place à Alexis. En face, Allegri (« Max » pour les intimes, parmi lesquels Philippe Genin et Bruno Cheyrou) choisit de démarrer sans véritable 9, aligne Kaka et Robinho et installe donc Balotelli sur la touche (que Bruno Cheyrou appellera « Mario » peu après son entrée en jeu en 2nde, trahissant peut-être un certain parti pris dont on vous laisse seuls juges). 

 

Une cagade, un corner, une contre-attaque.

Les trois situations chaudes que se sont procurés les Milanais dans la rencontre sonnent, plus qu’un symbole, comme une caricature des faiblesses catalanes dans le secteur défensif. Par ailleurs plutôt sérieux et en contrôle après 10 premières minutes sous pression, les Blaugrana se sont ingéniés à appliquer les bonnes vieilles recettes pour se mettre dans la panade tous seuls, comme des grands. Premier de cordée, Mascherano officialise le bon début de match des Rossoneri en privilégiant la relance impossible à un dégagement en chandelle qui paraissait pourtant indiqué. Le ballon rendu à l’adversaire dans un 2 contre 2 que Busquets suivra plus des yeux que des jambes, el Jefecito se laisse happer par un ballon déjà couvert par Piqué, offrant à Robinho un confort certain au moment de recevoir l’offrande de Kaka. Les Catalans reprennent en main la barre du match  mais vont de nouveau s’offrir des sueurs froides, sur des corners aux deux extrémités de la cancha. Avant la pause, Mexes manque de peu de sanctionner Valdes et sa vrai-fausse sortie, après, c’est un repli poussif suite à une situation offensive qui procure à Robinho une occase monstrueuse, seul face à Valdes au voisinage du point de péno. On ne sait toujours pas si l’idole d’enfance de Neymar a compris lui-même ce qu’il avait voulu faire, frapper ou laisser passer le ballon. Toujours est-il que cet epic fail vient rejoindre dans la galaxie des météorites Youtube sa magistrale roulette du premier quart d’heure. Un Up&Down saisissant, assez symptomatique de la carrière de l’ancien de Santos.

Le Barça s’est donc tiré trois balles dans le pied, dont une seule heureusement a atteint sa cible. Si par ailleurs la prestation d’ensemble est nettement plus acceptable (surtout en regard du match de février), quelques grains de sable continuent d’obstruer la mécanique Blaugrana. Certes, Messi, en égalisant sur un bon service d’Iniesta, a remis à l’endroit un match entamé dans l’autoflagellation. Au passage, soulignons que D10S score alors qu’il semble faire le mauvais choix, rentrer sur son gauche, temporiser et s’exposer aux cartouches des défenseurs centraux. Epais. Mais comme à Pampelune samedi, les joueurs de Martino n’ont pas réussi à faire sortir leur adversaire de leur position, adossée à leur surface. Seules quelques transversales ont permis de créer des décalages et on peut regretter que Neymar, sevré de ballons et d’espace, n’exporte pas ses percussions du côté droit, où Alexis n’a jamais profité de la friabilité de Constant. Pas vraiment aidé par Adriano (il lui tarde certainement le retour de Jordi Alba), Ney a été le match avançant de plus en plus isolé, collé à sa ligne de touche, alors que Messi se laissait dériver du côté d’Alves. Martino devra en tout cas remédier à cette mise en quarantaine (que l’on espère fortuite), car clairement l’équipe galvaude un de ses meilleurs bras armés.

En difficulté dans sa recherche de déséquilibre de la défense lombarde, le FCB s’est néanmoins créé les occasions qui auraient dû lui permettre de s’imposer à Meazza. S’il est difficile de reprocher quoi que ce soit à Messi (volée contrée par Zapata) et Junior (frappe de 20 mètres puis demi-volée au ras du poteau), on n’en dira pas autant de trois énormes occases bouffées par leurs coéquipiers. Copie conforme de l’ouverture  de Xavi vendangée par Cesc face à Osasuna, X6 se voit à nouveau privé de passe décisive par Faudel, coupable d’une reprise incroyablement gentillette. Si  la volée était loin d’être toute cuite, on voit mal comment le Chilien pourrait marquer en mettant aussi peu d’intensité et d’agressivité devant le but. Après la pause, c’est Iniesta qui échoue à conclure un mouvement d’envergure, un peu court au moment de finir du pied gauche. Surtout, Adriano envoie en tribune une illumination de Messi (la seule de la soirée en dehors de l’égalisation) à l’intérieur des 6 mètres.

Si le niveau de jeu n’a pas atteint des sommets dans les enchainements ou la créativité, il n’est pas à blâmer en premier lieu à la lecture du résultat, le délit est plutôt à chercher du côté du manque d’efficacité affiché. Au final, un Milan au top se félicite d’avoir pris un point contre un Barça « moyen + », ce qui en dit long sur l’écart qui sépare les deux équipes. Admettons pour ce match aller à San Siro, mais il faudra corriger le tir lors du Clasico, au match retour dans 15 jours et dans le moyen terme en Champions.

 

Passons à la notation

 

Le CLIENT

 

Un peu court sur le but (à la rue à course derrière Kaka, faut vraiment avoir la caravane), Busquets à régné au milieu. Comme d’hab serait-on tenté de dire. Le seul ballon dangereux qu’il perd est annihilé par un hors-jeu de Muntari. Facile…

 

Nominé dans la catégorie : Très serein dans l’ensemble et pas en cause sur le but encaissé car dans son rôle, Piqué s’en est sorti proprement.

Petit clin d'oeil au passage au combo costard-chemise en denim porté par les joueurs à la sortie du bus. GQ approuve certainement...

 

Le BIALES

 

Une égalisation salvatrice, une ouverture qui aurait dû être décisive pour Adriano, c’est à peu près tout ce que Leo aura réussi. C’est déjà beaucoup, certes, mais la Pulga a affiché un rare déchet.

 

Nominés dans la catégorie : Omniprésent sur son côté droit, au point de presque déséquilibrer l’équipe en laissant Kaka dans son dos, Alves n’a pas eu la réussité méritée en attaque. Malgré leur bonne volonté et un match très correct, Iniesta et Xavi ont plutôt fait ronronner le jeu Catalan, leurs quelques fulgurances échouant à débloquer la partie.

 

Le CASPER

 

Accroché à sa position à gauche, Neymar a noyé de bonnes dispositions balles au pied dans une distance grandissante avec ses collègues. Consigne tactique ou manque d’initiative ? La parole est à la défénse.

 

Nominé dans la catégorie : Hormis sa sortie hésitante sur le corner devant Mexes, Valdes n’a pu qu’être spectateur. Du but de Robinho puis de son improbable raté.

 

Le CAGOLIN

 

De retour après un intermède Bartra séduisant, Mascherano n’a pas marqué des points et se perçant dès la 7ème minute. Il en a même coûté, deux. Meilleur par la suite, notamment dans le jeu long.

 

Nominés dans la catégorie : Après des apparitions prometteuses, Sanchez nous a offert un sous-match comme il en a parfois le secret. On ne sait plus quoi en dire. Pas mis en danger derrière, assez insignifiant offensivement (demandez à Ney !), Adriano s’est offert le luxe de manger le feuille de match. Il lui en reste un peu entre les dents…

 

On se retrouve samedi pour le Clasico. Où tout porte à croire que Benzema va planter son seul but d’ici à Noel…

 

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