Barça-Real: Classique, tactique et polemique

Liga BBVA, 10ème journée: FC Barcelone - Real Madrid : 2 - 1

Estadi Camp Nou - Buteurs : Neymar (19'), Alexis (78') - Jesé (90' + 1)

Dans une semaine cruciale débutée à San Siro, les Blaugrana ont marqué des points importants face aux Visages Pâles. Pas toujours maitre dans le jeu mais plein de grinta, le Barça s’en est remis aux fulgurances d’Iniesta et au réalisme de Junior et Faudel pour augmenter son avance en Liga. Le retour du fameux match à 6 pts.

Un soulagement pour les Catalans. En effet, la semaine dernière, l’avance qu’ils s’étaient évertués à creuser depuis le mois d’aout en avait pris un coup, avec le nul à Pampelune. Surtout si on repense au 5 novembre, où le Real aurait pu se retrouver largué, sans un retournement tardif de 2-1, signé Morata et CR7, sur la pelouse de Getafe. Ce lundi, les Livides semblent déjà loin au classement, avec un trou d’une demi-douzaine d’unités.

 

Après le match maussade à Milan en début de semaine, les ouailles de Tata et Martino lui-même étaient attendus au tournant pour ce premier clasico du mister argentin. Dans une nouvelle ère, après les années où les confrontations étaient émaillées par la véhémence du Special One et de ses relations tendues avec le staff barcelonais. Le match était cette fois plus tourné vers le terrain et sur les choix qu’allaient faire les deux techniciens.

A l’annonce des onze, force est de constater qu’Ancelotti est encore en phase de test, à la recherche de solutions. Peu satisfait de Benzema et jugeant certainement Morata tendre pour une telle opposition, Cacciapotti (pour ceux qui écoute le Moscato Show) avait décidé d’aligner un Bale en méforme devant, poussant Cristiano dans le fauteuil de 9 qu'on lui sait inconfortable. L’option s’avèrera clairement mauvaise tant l’homme qui ne valait pas 100M€ aura paru perdu sur le pré. Autre surprise avec la présence de Sergio Ramos dans l’entrejeu. Si on était mauvaise langue, on pourrait signaler que Bale et Illaramendi, les deux recrues phare de Florentino, ne débutent pas ce Clasico à leur vrai poste…

 

En face, des questions existaient sur l’alineacion du Tata pour les postes de centraux et du troisième larron offensif. Comme en Champions, c’est la paire Masche-Piqué qui est choisie. Devant, le choix est plus discutable. Le polo pistache décide d’excentrer Messi, comme aux premières heures Guardioliennes, pour installer Cesc en faux 9, un poste qui ne lui réussit plus ces derniers temps. Pour le reste, c’est du classique. Finalement gagnant, on peut se demander si le choix de la translation de Messi vers la ligne résulte d'un choix philosophique ou d'une nécessité conjoncturelle. A cours de forme à Milan comme dans ce Clasico, Leo n'avait clairement pas le foncier pour passer le match englué dans un entrejeu ou Don Carlo avait aligné non pas deux mais trois centraux épais sur le plan athlétique. C'est donc peut-être la volonté de donner de l'air et des espaces à la Pulga qui aura motivé el Tata, car on n'utilise pas un Messi pour bloquer les montées d'un Marcelo... La vérité éclatera certainement lors d'un prochain match décisif, et l'on pourra juger si l'éloignement de D10S survit à son retour en forme.

Après un tifo magistral au soutien de Tito, le match commence sur un rythme soutenu et une agressivité de tous les instants. Busi et Ramos ne tardent pas à voir la biscotte brandie par Undiano Mallenco. Marquée par le manque de justesse technique, la première mi-temps est dominée par le Barça. Sans créateur au milieu et avec un CR7 passablement agacé par le peu d’espace que lui laissent les Blaugrana, le Real ne réussit pas grand-chose. Surtout, Iniesta met à mal le doble pivote Khedira-Ramos. Au quart d’heure de jeu, El Cerebro accélère sur sa prise de balle avant de fixer la défense madrilène, peu maline sur le coup. Neymar reçoit l’offrande et place le ballon entre les jambes de Carvajal et Varane et dans le petit filet de Diego Lopez. Une conclusion un peu chanceuse qui conclut une action des deux meilleurs barcelonais de la soirée.

 

Alors qu’on se délecte de la maestria d’Andres et de l’association de malice et de chance de Junior, Messi file sur la droite pour mettre le second. Sur une Titi Henry inversée, Leo ouvre trop son pied pour ce qui sera sa seule véritable occasion de la soirée. Bien que globalement dominateur, le Barça aura souffert de son schéma offensif, où Ney et Leo étaient trop isolés à 60mètres l'un de l'autre. Cesc, cœur de rumsteak lancé dans la cage aux lions Pepe-Varane-Ramos, se montrant incapable de faire un lien entre les deux.

 

En face, les occasions ne sont pas légion. Pis, avant la 43ème, seul un tir désespéré de Bale aura donné un ersatz d’occasion. Avant de filer dans les entrailles du Nou, c’est Khedira qui apporte le seul frisson aux socis. A la reprise d’un centre de CriCri, l’homme au bouc échoue sur Valdes qui capte en deux fois, via un détournement de la main d’Adriano. Si le contact entre le ballon et le bras du Brésilien est réel, l’absence de danger madrilène et d’intentionnalité du joueur rendent les réclamations merengues assez infondées.

La seconde mi-temps sera toute autre puisqu’elle verra le Barça laisser la gonfle à son adversaire. Curieusement, on retrouve un schéma inversé des confrontations de l’ère Pep-Mourinho. Les Barcelonais défendent comme des chiens, à la limite du raisonnable par moment mais souvent à bon escient. Même Messi, peu enclin aux tâches défensives habituellement, se bat sur chaque ballon. Un sentiment de grinta transpire des maillots blaugrana et ça fait plaisir à voir.

 

Seulement, les Livides prennent goût à la possession et vont trouver des failles pour quelques franches sueurs dans le camp barcelonais. Si le Barça commence à peiner physiquement, Neymar n'est pas loin de plier l'affaire d'une volée du gauche après une transversale de 50 mètres signée Don Andres, mais les occases s'accumulent côté blanc. CR7 se voit stopper par le gant droit de VV puis par une charge épaule contre dos de Mascherano. Monsieur Undiano Mallenco choisit de ne pas jouer du sifflet. Une décision contestable qui va rendre fou le gominé et alimenter les gazettes madrilènes et le site officiel du Real.

 

Les regrets madrilènes vont augmenter avec l’occasion de Benz’ suivant l’action litigieuse. RimK décoche une lourde des 20 mètres qui finit sur la barre du Double V. Une kartoffel que tous les fans de Bundesliga et de Michael Tarnat apprécieront, même si la finition n’est pas au rendez-vous. Dommage pour le Français qui aura donné des regrets à son coach sur le choix de Bale. En homme qui sait choisir ses matches, on ose penser que Benzouz garde le missile victorieux pour le barrage contre l'Ukraine.

 

Dans le dernier quart d'heure, c’est Alexis qui va faire mentir son coach sur ses idées initiales. Rentré en jeu dix minutes auparavant, le Chilien va épargner l’Estadi d’une fin de match irrespirable. Lancé par Ney dans l’espace au combat avec Varane, Faudel s’arrête au 25 mètres pour ajuster un lob précieux et confirmer son statut auto-proclamé de « jugadorazo » (« super joueur »). Une finition magistrale qui confirme son mieux actuel et qui vient récompenser, enfin, ses débauches d’énergie.

 

Avec deux buts d’avance, les Blaugrana respirent. Et Alves va apporter la cerise sur le gateau. En position d’ailier, poursuivi par CR, le Brésilien enchaine un 180° et un petit pont des plus humiliants. Son tir, repoussé par Diego Lopez, n’a pas le sort que l’action mérite.

 

Pour l’anecdote, Jesé vient réduire l’écart en fin de match. Idéalement servi par le 7, l’enfant de la Maison Blanche glisse le ballon sous un VV plus franchement préoccupé par l’action.

 

Le coup de sifflet final est libérateur. Pas franchement maitre de son sujet en seconde période, le Barça peut être heureux de marquer les trois points. Si on se réfère à la physionomie du match, un nul aurait pu être plus juste. Mais, si le Real peut regretter les choix de monsieur Undiano, il peut aussi se tourner vers les choix de Carlo pour trouver des regrets. Le Barça, quant à lui, a su marquer sur ses rares grosses occasions. Surtout, il a fait preuve d’une énorme envie défensive et a pu se reposer sur un milieu retrouvé, à l’image d’un Iniesta enfin à son meilleur niveau.

 

Le Clasico sera aussi marqué par les petites prestations de Messi et de Bale, surement juste physiquement et de l’agacement de CR. Finalement, c’est Neymar qui en ressort grandi, avec son premier but pour son dépucelage. Même sentiment pour Martino, victorieux pour son premier face-à-face avec les Merengues.

 

 

Passons maintenant à la notation.

 

 

LE CLIENT :

Initiateur du but et époustouflant de sa classe, Iniesta reçoit la plus haute distinction. Aussi parce que cela faisait longtemps qu’il ne nous avait pas montré ce visage.

 

Nominés : Buteur et animateur, Neymar a assuré pour son premier Clasico. Mention très bien aussi pour Busi et Xavi, ainsi que pour Alves. Evidemment, Faudel, avec son but aussi important que magnifique, est de ceux-là. Impérial dans le jeu aérien, Piqué fait également partie des bons élèves de la soirée. Enfin, malgré sa faille sur le but, Valdes a maintenu le Barça a flot sur deux parades monumentales, sans lesquelles le FCB n'aurait certainement pas vu les trois points.

 

LE BIALES :

Hors du coup physiquement, parfait dans les idées mais indigne dans la réalisation, Messi a vécu un match très difficile. Qu'il a compensé par une envie énorme et une implication défensive rare.

 

Nominés : Volontaires comme le reste des copains, Adriano et Mascherano se seront montrés moins tranchants.

 

LE CASPER :

Sacrifié dans la position du condamné à mort, Cesc a fait ce qu'il a pu. Pas certain que qui que ce soit aurait fait mieux...

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