Celta-Barca : Soir de "Premier"

Liga BBVA, 11ème journée : Celta de Vigo – FC Barcelona 0-3

Estadio de Balaidos – Buteurs : Alexis (7’), Yoel (csc, 47’), Fabregas (53’)

Un temps frais et vivifiant, la proximité de la brume, 90 minutes de box-to-box, Fabregas et Song titulaires et au top. Le match avancé de mardi avait vraiment la tronche d’une rencontre de Premier League. Pendant que les ayatollahs du tiki-taka s’étranglent, le Barça polymorphe de Martino poursuit sa route. Pied au plancher.

Comme un avion sans aile...
Comme un avion sans aile...

Les parties à l’extérieur se suivent mais ne se ressemblent pas (on ne parle pas d’exhibitionnisme, rassurez-vous). On a subi il y a peu l’attentisme d’Osasuna dans ses 25 mètres, avec la purge résultante que l’on connaît.  Dans un Balaidos qui ressemblait climatiquement aux plaines d’Irlande à l’orée de l’automne, les Blaugrana avaient sorti les manches longues et retrouvé un adversaire qui ressemble comme deux gouttes de flotte au Barça B d’il n’y a pas si longtemps. Luis Enrique au coaching, un ancien de la maison par ligne (Fontas, Rafinha, Nolito) et une soif intarissable d’aller de l’avant, rencontrer le Celta a le parfum d’un match de présaison au Mini entre l’équipe fanion et sa réserve. L’équipe fanion étant, pour le coup, passablement édulcorée par le turnover imposé par el Tata, à l’écoute d’un calendrier fou qui plaçait ce match entre le Clasico de samedi dernier et le derby du vendredi qui arrive.

Si Valdes se trouve dans les bois, Piqué est géolocalisé dans son canapé, Mascherano, Xavi, Iniesta et Neymar dans leur doudoune sur le banc. Sereine face à l’Osasuna, la paire centrale Puyol-Bartra est reconduite, les latéraux restant inchangés par rapport aux dernières sorties. Mini révolution au milieu, avec un triangle inversé qui peine à trouver un antécédent dans les mémoires. Song n’est pas aligné à la place de Busquets mais à côté, dans une espèce de double pivot qui laisse libre cours à Fabregas, en meneur de jeu axial. Devant, Messi retrouve l’axe, encadré par Alexis et Pedro, mais les trois permuteront souvent jusqu’au clap de fin.

On va être clair d’entrée, cet article ne détaillera pas une par une toutes les occasions de ce match. Trop nombreuses, au rythme effréné et incessant de bolides lancés d’une surface à l’autre sur l’autoroute de Balaidos, où les paysans bretons ne sont pas encore passés pour en arracher les portiques. Si vous ne l’avez pas vu, vous l’aurez compris, c’est allé d’un but à l’autre sans discontinuer, ce qui aurait certainement plu à Stéphane Guy. A noter que la physionomie du match et les symptômes Barcelonais sont le calque du match gagné au Rayo par quatre buts d’écart. Et ils coïncident avec la titularisation de Song au milieu. Le but n’est pas de le pointer du doigt, car dans les deux cas, comme à chaque fois depuis septembre, il s’est plutôt montré à son aise. Le fait est que lorsqu’Alex est sur le pré, le FCB joue très (voire très très) vertical, ne pose pas le pied sur le ballon et joue à 200 à l’heure, la gonfle ne faisant qu’une escale furtive au milieu de terrain. En résulte un showtime hyperspectaculaire (prononciation George Eddy recommandée), des occasions en pagaille, mais aussi une mise en danger supérieure sur le but de Valdes, où les opportunités adverses se multiplient également.

 

De façon assez distincte à Balaidos, surtout dans le courant du 1er acte, l’équipe de Martino s’est coupée en deux. Les quatre de devant font le boulot, percutent et permutent sur le front de l’attaque mais ne sont pas irréprochables dans le repli défensif. Les quatre de derrière (on occulte volontairement les latéraux qui ne sont pas incriminés) tiennent la barraque défensivement, parfois tant bien que mal devant le surnombre des locaux, mais la qualité de relance végète en-dessous de la moyenne. Dans la même veine, Valdes est impérial sur sa ligne et dans les airs, mais se précipite sans cesse à sauter les deux premières lignes pour allonger vers ses attaquants (avec une précision souvent remarquable, avouns-le).

L’empressement Blaugrana à toucher son quatuor offensif pour profiter des supériorités ou égalités numériques est louable. Mais au final, les attaquants attaquent, les défenseurs défendent, il pleut des occases sur les deux buts, et il faut prier que l’efficacité et le rendement soient au rendez-vous pour ne pas verser dans la grimace. 

A ce petit jeu, évidemment, les choses se sont bien passées à Vigo. Sur un ballon de récup aux 40 mètres, Cesc part seul au but, où il préfère le plat du pied en solo à l’exter pour Leo. Qu’importe, la balle est repoussée par Yoel (certainement un Joel à la prononciation incertaine) dans les orteils d’Alexis. Le Chilien plonge le début de match dans un confort certain, dès la 7ème. On croit même que c’est soirée « Bar à Sourire » peu après mais un hors-jeu illégitime prive Leo de son grain et Cesc de son assist. Ce qui paraît alors anecdotique va se muer en obsession, la Pulga, visiblement agacé par son mutisme depuis Milan, va passer le reste de la rencontre à balancer entre altruisme inspiré et individualisme forcé. De l’autre côté du terrain, Valdes va assurer l’essentiel sur quatre ou cinq frappes du Celta (ce qui fait quand même beaucoup), mais surtout se faire peur lorsque l’arbitre refuse, à juste titre, l’égalisation que les Vigueses auraient mérité. Croc-en-jambé par Charles, un attaquant brésilien nommé comme un directeur de PME d’Indre-et-Loire, le double V relâche une sphère qui finit, sans dommage, au fond de ses filets. Le score est à la limite de la flatterie pour les Catalans à la pause, tant leur propension à vite perdre le contrôle du cuir les précipite vers le danger.

 

Au retour des vestiaires, la messe ne prendra même pas 10 minutes avant d’être dite, expédiée par Père Cesc et Frère Leo. C’est d’abord un toque d’école d’implication argentine qui échoit dans l’arc sur Fabregas, qui envoie sa lourde s’écraser sur la barre. Le ballon heurte le sol, le crâne de Yoel puis caresse les filets, ça fait 2-0, et Bruno Bellone attend de toucher ses royalties. Bis repetita avant l’heure de jeu, Messi part épée au poing au grand galop, décale FabFab qui inscrit enfin son nom sur la feuille de match après avoir été « anonymement » impliqué sur les deux premiers buts. Royal dans sa position de 10, dans tous les bons coups, Cesc a enfin montré le Fabregas d’Arsenal que beaucoup désespéraient de revoir. Mais dans un rôle qui sort des standards tactiques de la maison, ce qui apporte peut-être de l’eau au moulin de ceux qui ne le jugent pas Barça-compatible.

La fin de partie ne va être qu’une succesion de vagues sur le buts de Yoel (l’ouragan Christian, lui aussi nommé comme un directeur de PME d’Indre-et-Loire, n'y est pour rien), seulement compensé par un coup-franc de Nolito sur la barre. Parti en croisade contre sa famine goleadora, Messi va se payer une trentaine de sprints sur demi terrain, séance de fractionnés improvisée pour un retour rapide à la grande forme. Comme sur le but de F4, D10S a souvent chevauché plein axe, décalé à gauche et attendu la remise au point de péno, mais à chaque fois une frappe a frustré son attente (Cesc, Pedro sur la barre, Tello). Du coup, le reste du temps, la Pulga a mangé la balle, parvenant quand même, la plupart du temps à se mettre en position de frappe et à allumer. Le danger s’est fait grandissant à mesure que le match se terminait, mais Yoel mit un point (parfois un poing) d’honneur à laisser Messi en jachère.

Passible d’un 9-4 au vu des occasions, le score se solde donc par ce 3-0 sévère pour le Celta et ses intentions. Lorsqu’il joue de la sorte, le Barça de Martino s’expose et peut remercier Valdes, certes, mais il se crée à chaque fois des situations par kilotonnes, et l’addition est toujours douloureuse pour l’adversaire. Avec en plus, luxe de la soirée, un succès obtenu avec la moitié du « onze » de gala au repos. De la belle ouvrage…

 

Place à la Notation 

 

Le CLIENT

 

Dans un fauteuil grâce à un positionnement inédit digne de Tonton Arsène, Fabregas a transformé tout ce qu’il a touché en occase, et quasiment en but. Evidemment, il met moins le pied sur le ballon que Xavi…

 

Nominés dans la catégorie : Encore une clean-sheet malgré beaucoup de taf, Valdes est otra vez pour beaucoup dans le résultat positif. Nouveau bon match pour Alex Song, malgré son profil qui semble déséquilibrer l’équipe dans le sens vertical. Idem pour Bartra, convaincant à chacune de ses prestations. Un but de plus pour Alexis, plutôt tranchant par ailleurs, bien que sur courant alternatif. Bonne entrée de Montoya à gauche.

 

Le BIALES

 

Des cannes retrouvées, une activité incessante et des occases à la pelle, Messi a rassuré par rapport à son hors-sujet du Clasico. Aurait dû finir avec un quadruplé, rentre bredouille. On annonce un avis de tempête sur l’Espanyol, et elle ne s’appelle pas Christian.

 

Nominés dans la catégorie : Une activité de tous les instants mais pas de fait marquant à part son tir sur la barre, l’attaquant le plus impliqué dans le repli n’est pas celui qui a le plus impressionné. Pas toujours dans le tempo, Busquets n’a pas trop forcé son talent. Enfin, aucun petit pont sur CR7 pour Dani Alves, on est un peu déçu…

 

Le CASPER

 

Un ami que je ne nommerais se dit impressionné par sa résistance à la blessure au quart d’heure de jeu, et Adriano se pète 5 minutes plus tard. Retour à l’infirmerie pour celui qui y a depuis longtemps sa carte de membre.

 

Le CAGOLIN

 

Difficile de sortir un cagolin quand ça gagne 3-0 à l’extérieur. Moins propre que son jeune protégé Bartra dans ses interventions, Puyol repart avec la peluche pour le niveau catastrophique de ses relances, et ses tentatives de dribbles improbables (et ratées) en fin de match.

  

Attention, ne ratez pas le derby, qui exceptionnellement se joue vendredi.

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....