Barca-Milan : Des nouvelles de Dieu

Champions League, 4ème journée : FC Barcelona – AC Milan 3-1

Estadi Camp Nou – Buteurs : Messi (29’, 82’), Busquets (38’) / Piqué (csc, 45’)

Certains s’inquiétaient, étalaient des litres d’encre sur des dizaines de mètres linéaires de papier. Du haut d’un doublé qui masque la prestation d’un mec toujours à la recherche de son coup de rein, Leo Messi a mis fin au débat sur sa passe difficile, et s’est par la même occasion octroyé quelques jours de vacances médiatiques. Au fait, pour ceux que ça intéresse, il y avait un match à enjeu mercredi soir. Le Barça a battu le Milan et s’est qualifié pour les huitièmes

Barça-Milan au Nou. La simple évocation de la dernière édition de cet affrontement vous déclanche certainement des débuts d’érection (ce qui donne une raison de plus aux hommes approchant la soixantaine d’apprécier être supporter culé). Huit mois après la remuntada, la bande à Tata cherchait une qualif’ en huitièmes de finale, et accessoirement un tremplin vers la première place du groupe. Martino a pu, assez inhabituellement, faire souffler ses protégés pendant cinq jours depuis le derby, et a donc pu aligner son onze le plus proche du label équipe-type. Adriano revient occuper la place vacante de Jordi Alba, et Alexis accompagne la doublette stellaire Leo-Ney. C’est au milieu que les choix du mister peuvent surprendre, puisque Fabregas, monumental à Vigo et mediocentro le plus décisif depuis août, enchaîne sa seconde chasuble consécutive.

Dessiné sur le calque du match de février, le premier quart d’heure est suffocant pour un AC Milan qui lutte pour aligner deux passes comme un mec bourré pour mettre la clé dans la serrure (au propre comme au figuré, bande de coquins). Le jeu Blaugrana affiche quelques imperfections qui se dupliqueront jusqu’au coup de sifflet final (Neymar trop peu souvent trouvé en mouvement, Messi en manque de cannes qui reproduit des schémas qui ne fonctionnent que quand il a le coup de rein), mais les récupérations incessantes de Busquets aux 35 mètres renvoient autant de vagues sur le but d’Abbiatti. Paradoxalement, le tableau d’affichage va évoluer de façon inversement proportionnelle à l’emprise Catalane sur le jeu. Le Milan reprend son souffle et respire de mieux en mieux lorsqu’il se fait cueillir à deux reprises, à chaque fois sur coup de pied arrêté provoqué par Junior.

Fulguropoing !
Fulguropoing !

Très perspicace dans ses appels mais rarement servi dans le bon tempo, Njr92 débloque la situation par l’action combinée de la main d’Abatte sur son épaule (bande originale de la scène signée Véronique Sanson) et de la gravité, contre laquelle il n’a vraiment rien fait pour lutter. Penalty généreux même au bout de cinq ralentis, mais peno quand même. Rien de tel pour mettre fin à l’aridité goleadora pour la Pulga. En panne de confiance devant la cage, D10S joue la sécurité en enfilant ceinture et bretelles, il mine en plein milieu de la cage, même si le pied d’Abbiatti est à quelques centimètres de prolonger les grimaces de l’Argentin. Neymar est de nouveau dans le coup, indirectement, sur l’aggravation du score. De la véhémence au pressing pour récupérer, puis de la vista pour obtenir un coup-franc qui sera à ranger dans les archives au rayon collector. Tiré directement dans la boîte, prolongé au fond par Sergi, on est loin des standards de la maison (au passage la position de Busquets flirte avec les limites de la législation, si vous avez des amis Milanais, ils ont certainement passé la soirée à vous le rabâcher). Comme lors du Clasico, les Catalans ont dominé le premier acte dans les grandes largeurs mais ont flanché à la dernière minute, suite à un débordement côté Alves. Si Khedira s’était heurté au double V, Kaka a eu la bonne idée de miser sur la position équivoque dans laquelle se trouve Piqué au moment de couper la trajectoire du centre. Un peu court, Gégé dévie la sphère derrière sa ligne d’une intervention empruntée, et jette un voile négatif sur une prestation par ailleurs sérieuse et présente au duel.

On tourne à 2-1, un score qui reflète bien la main-mise Barcelonaise et le danger que laisse planer le Milan. La seconde mi-temps va forcer le trait. Autour d’un Balotelli que la Masche a eu un mal fou à contenir, les Rossoneri tutoient de plus en plus l’égalisation, tout en s’exposant dangereusement derrière. Les hommes de Tata sont mois fringants, mais reprennent les grandes lignes de la tendance actuelle, équipe coupée en deux, milieu qui défend peu, jeu plus vertical et occasions plus nombreuses. Dans ce jeu plus décousu, les améliorations à apporter au système sautent aux yeux, et laissent entrevoir une équipe particulièrement létale si elle arrive à gommer les défauts. En partant de plus loin, les Catalans jouissent d’espaces dont ils ont rêvés les soirs de match contre des bus, mais ils font trop peu souvent les bons choix. Combien de fois Alexis et surtout Neymar, coupables d’appels remarquables ont été oubliés ou servis trop tard. Combien de fois Xavi, Iniesta et Faudel ont choisi de servir Messi alors le jeu réclamait une autre option (le débat est ouvert : diktat inconscient du Leo omnipotent, ou volonté des copains de le remettre sur les rails en le goinffrant de ballons ?). Au passage, les lacunes physiques actuelles du Ballon d’Or sont criantes lorsque, maintes fois dans le match, il voit avorter une action qu’on l’a déjà vu envoyer au fond des dizaines de fois. Malgré ces lacunes dans le management de ces ressources, malgré le doute qui plane lorsque SuperMario entre dans les 30 mètres qui mènent à Valdes, c’est encore et toujours le Barça qui se crée les situations les plus franches. En témoigne ce passage en revue de la défense lombarde par un Neymar funambule, qui malheureusement perd l’équilibre au moment de conclure un but de légende. Une action Ney-Faudel-Leo manque de peu de faire mouche dans la foulée, comme un plat du pied de Don Andres quelques minutes plus tôt. Signalé hors-jeu discutablement, la Pulga se voit refuser un pion androïde, un lob en pivot déviant une tentative d’Adriano.

Les Blaugrana tremblent derrière et gâchent devant, le doute plane autour d’un score toujours ric-rac. El Tata sort alors Cesc de sa veste pied-de-poule. Nettement plus en recherche de gestes tranchants vers le but, Fabregas va balancer plus de caviars en un quart d’heure que Xavi et Iniesta réunis en plus d’une heure, preuve que la tendance verticale lui va comme un gant de velours côtelé. Ne cherchez pas plus loin, c’est sur lui que Messi s’appuie pour un une-deux grand écart au parfum des grandes heures de l’école Guardiola. Les quelques dernières bouffées de chaleur dans la surface italienne n’altèrent pas le planxot, le FCB assure l’essentiel en compostant le billet pour le tour suivant.

Perfectible dans un match de haut niveau, face à une équipe qui ne fait probablement plus partie du top 8 européen, le Barça a une nouvelle fois été mis devant ses chantiers. La voie d’une équipe stratosphérique passe par un retour à 100% physiquement de D10S, par trouver Neymar en mouvement dans la profondeur, et par un meilleur repli défensif au milieu de terrain. Au boulot !

 

On vient de se prendre pour des professeurs ès futebol. Ne nous arrêtons pas en si bon chemin et remplissons les carnets de notes.

 

Le CLIENT

 

Même sans marquer, Busquets aurait eu la médaille pour son abattage à la récupération et son à propos balle au pied. Avec son pion de la tête, on érige une statue. N’oublions pas de faire jouer Song à sa place pour que Sergi régale toujours autant au mois de Mars.

 

Nominés dans la catégorie : Impliqué indirectement sur les deux premiers buts en provoquant les fautes, Neymar s’est encore comporté en feu follet, le spectacle à la clé. Il était interdit de fossoyer une telle série de dribbles à la Diego. Un quart d’heure sur le pré mais dans tous les bons coups, Fabregas devrait avoir gagné ses galons de titulaires pour le Betis. Prestation solide d’Adriano.

 

Le BIALES

 

Impérial tout du long, seul à ne pas prendre de courant d’air devant Balotelli, Piqué paye cash sa seule maladresse de la soirée. Le bilan est tout de même plutôt rassurant.

 

Nominés dans la catégorie : La débauche d’énergie habituelle en attaque, un nouvel oubli défensif de son côté qui coûte cher, du Dani bipolaire. Même constat pour Mascherano, pris entre des interventions salvatrices et plusieurs enrhumades devant Balotelli. Match solide de Valdes, qui au final n’aura eu qu’à se coucher sur une frappe de B45.

 

Le CASPER

 

De notables efforts défensifs, mais une présence en attaque faiblarde en regard des voisins, Faudel a connu mieux ces derniers temps.

 

Nominés dans la catégorie : Un Iniesta encore un peu en dedans, un Xavi qui se pasteurise, ces deux-là naviguent dans un correct éloigné de leur moyenne.

 

Le CAGOLIN

 

Sujet des gros titres du matin, Leo Messi a mis fin au débat qui s’agitait autour de lui. Mais honnêtement, il a encore rendu une copie très poussive malgré ses deux buts. S’il phagocyte et aimante, souvent à tort, les intentions de ses partenaires (même si ce n’est pas directement de sa faute, on est d’accord), el Genio a surtout peiné, une fois de plus, à passer devant son défenseur pour convertir en frappe des situations maintes fois vues et revues.

Une peluche d’encouragement.

 

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Commentaires: 2
  • #1

    Mega (vendredi, 08 novembre 2013 11:57)

    J'aimerai bien comprendre ce que vous trouvez à Dani Alves. Alors oui, il est omniprésent en attaque mais dès qu'il a le ballon, il fait un centre BacarySagnesque (Corner dans le meilleur des cas, avec des joueurs d'1m60 c'est pas vraiment un plus) ou une petite passe a celui qui lui a donné le ballon et vu qu'il n'y a aucun mouvement, ça ne permet même pas d'étirer un peu la défense. J'ai toujours trouvé que ce mec était complétement surévalué par les médias vu que sa présence en défense est quasi inexistante et que, je trouve, son apport offensif est minime (combien de buts/ passe D depuis 3 ans en sachant que le mec joue ailier 70/80 % du match ?!).

  • #2

    blograna (vendredi, 08 novembre 2013 14:18)

    Ses stats actuelles depuis le début de saison : Liga (2 buts, 0 pd, 11 "passes clés" Cf notre rubrique Stat) Champions (0/0/4).
    Sur le dernier match contre Vigo c'est clair qu'il a abîmé les gradins au niveau de ses centres, mais régulièrement il apporte plus de solutions que de problèmes. C'est actuellement le seul en l'absence d'Alba (Adriano rentre plus vers l'axe) à utiliser le côté et étirer la défense adverse dans la largeur. Il arrive aussi toujours très bien à combiner avec son ailier, ce qu'Adriano par exemple n'arrive pas à faire avec Neymar. Après évidemment, il est toujours devant, donc il prend des courants d'air derrière.
    Quand il arrive à enchaîner 2-3 matches, je trouve Montoya très intéressant aussi, et moins "tout pour l'attaque". Je sais pas trop ce que le club compte faire d'Alves l'an prochain...

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