Ajax-Barca : Noyade en ArenA

Champions League, 5ème journée : Ajax Amsterdam – FC Barcelona 2-1

Amsterdam ArenA – Buteurs : Serero (18’), Hoesen (41’) / Xavi (sp, 49’)

Les éternels optimistes souligneront que la première défaite Barcelonaise de la saison  est arrivée lors d’un match que les hommes du Tata pouvaient « se permettre » de perdre, sans grand dommage. Soit. Mais dans les faits, le Barça n’a été que le cousin malade d’une pâle copie de lui-même. Pris de court dans tous les secteurs du jeu, le leader du groupe H a subi ce qu’il a l’habitude d’infliger à ses adversaires. En grimaçant, mais sans vraiment afficher d’envie de révolte.

Encore invaincu avant la rencontre qui pouvait permettre à son équipe de valider sa première place du groupe, Martino s’est envolé vers la Hollande avec un effectif passablement rajeuni, avec plusieurs habitués du Mini. Les réflexions du Mister quant à son onze de départ ont dû se résumer à trois petites questions : Puyol à droite ou à gauche ? Bartra ou Masche ? Busquets ou Song ? Ce sera finalement Don Carles dans le costume de Dani, El Jefe et Alex au coup d’envoi. Avec le manque d’impact que l’on devine sur le banc (Bartra, Busquets, Sergi Roberto, Patric, Oier, Traoré, Dongou), il valait mieux ne pas se retrouver en situation d’espérer résoudre un résultat contraire avec les entrants. Et pourtant…

Malgré cette liste d’absent toujours conséquente, à laquelle s’était greffé Alexis suspendu, le déplacement chez les Lanciers de Dam ne suscitait pas une grande inquiétude pour les suiveurs culés. Les Amstellodamois avaient fait leur match à l’aller, mais en avaient pris quatre, et les habitués du Camp Nou avaient probablement plus à craindre du déplacement dans le nouveau San Mames de dimanche…

Bien malin celui qui pourra dire si les joueurs étaient dans le même état d’esprit, toujours est-il que les Catalans n’ont jamais mis dans la rencontre les ingrédients de base d’un match de haut niveau, à commencer par l’envie et l’intensité. Dire que Xavi et ses copains ont été gênés par le pressing adverse est un euphémisme, voir l’équipe peiner autant à enchaîner trois passes et à dépasser la ligne médiane, une souffrance. Gardien du temple Blaugrana entre 99 et 2003, Frank De Boer est bien placé pour savoir que la défense n’est pas l’élément de confort de ses adversaires du soir. C’est pourquoi il oblige ses hommes à contenir le Barça dans sa propre moitié de terrain, avec succès. Avec surtout plus d’envie, d’impact, d’intensité, et donc, plus souvent avec le ballon, ce qui change pas mal de choses.

Le ballon, justement. Loin des habitudes de la maison, la gonfle semble brûler les pieds de certains. Etouffés par un pressing qui vient les chercher jusque dans leur surface, les Catalans se donnent tous la main pour aller se jeter dans le précipice de la médiocrité. On peut citer Pinto et Mascherano, qui s’entêtent à jouer court (tradition et philosophie du club, « on meurt avec ses idées », là on se met carrément le calibre chargé sur la tempe) mais dont la  morose qualité de relance met constamment l’équipe en danger. Comment ne pas incriminer Song, incapable de faire une passe vers l’avant, ou Puyol, à la rue techniquement et plus que ric-rac au niveau du rythme.

Loué depuis quelques mois pour ses nouvelles facultés dans le jeu vertical, le FCB affiche au mieux une latéralité stérile, le plus souvent un jeu vers l’arrière en désespoir de cause. Le schéma Barcelonais est assez limpide pendant les 45 premières minutes, le cinq de derrière éprouve toutes les peines du monde pour sortir un ballon proprement, le cinq de devant ne leur propose aucune solution et affiche la transparence d’un papier calque. Tout le monde souffre. Malgré sa domination, l’Ajax ne collectionne pas les occasions, Neymar et Fabregas auront même deux des plus franches au bout de leurs godasses fluos au point de péno. A force d’être spectateurs, les Blaugrana finissent par craquer sur un centre venu du côté Montoya. Esseulé dans la surface, Serero conclut de près et offre sur un plateau l’occasion au Tata de pointer du doigt le tout-faux défensif de ses ouailles sur l’action. Pas de pressing des attaquants au départ, les Ajacides qui se trouvent (trop) facilement entre les lignes, et pour finir un mauvais placement de la défense (pas de coulissement au marquage, d’où Mascherano sans attaquant et Puyi avec deux, avec la conséquence que l’on sait).

L’ouverture du score ne sort pas les Catalans de leur léthargie, bien au contraire. Si offensivement Piqué (dans la relance), Iniesta et Neymar sont les seuls à garder un semblant de tête hors de l’eau dans le néant de l’attaque Barcelonaise, défensivement le ver est dans le fruit. Collectivement mais surtout individuellement, le bateau coule, le nombre de duels gagnés stagne dans les bas-fonds. Peu avant la mi-temps, une nouvelle perte de balle indigne enfonce le couteau dans la plaie. Mascherano régale une relance de plus dans des pieds hollandais aux 30 mètres, Pinto repousse la frappe qui s’ensuit mais ne peut rien sur la finition de Hoesen, plus malin que Piqué et Puyol, dont le comportement a paru plus que suspect sur le coup.

Le Barça rentre donc aux vestiaires avec deux buts de retard, qui paraissent insurmontables sans un net changement d’attitude. La physionomie du match va pourtant radicalement évoluer à la 49ème. Opportuniste à l’affût d’une passe en retrait exsangue, Neymar pousse Veltman vers la sortie et son équipe vers un coup de mieux. Le rouge est indiscutable, le pénalty semble plus litigieux car Junior paraît fauché juste à l’entrée de la surface. Après transformation de la sentence par Xavi, les visiteurs vont passer les 40 minutes restantes à faire le siège du but de Cillessen. Piqué, de loin le meilleur dans l’attitude mardi soir (le plus impliqué en tout cas), vient prêter main forte à un secteur offensif qui repose presque uniquement sur les inspirations d’Iniesta ou Neymar, pourtant largement en dessous de leur ligne de flottaison habituelle. A ce petit jeu, mis à part un nouveau face à face perdu par le Brésilien sur un lob dévié par le gardien, c’est surtout sur corner que les Catalans portent le danger dans la surface. Quelques situations chaudes (plus que de véritables occasions) ne changeront pas le visage du tableau de marque, et les entrées consécutives de Patric, Sergi Roberto et Traoré illustrent un peu plus les limites du Barça d’Amsterdam : des titulaires qui passent à côté, des remplaçants plus en classe découverte qu’en mission commando.

Indigne de lui-même dans le jeu et l’implication, le FCB a subi comme rarement et repart la queue basse de l’ArenA. On ose espérer que l’importance « relative » de la rencontre n’est pas à l’origine du sinistre, mais la défaite sonne comme un signal d’alarme, et très certainement comme un avertissement à moindres frais. El Tata pourra en tous cas conserver la vidéo du match comme la démonstration par l’absurde de sa théorie de jeu. 

 

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Les élèves ont été très dissipés. Le prof note sévère…

 

Le CLIENT

 

Le terme « client » est clairement usurpé au regard de la prestation fournie, néanmoins Pinto hérite de la distinction. Pas grand-chose à lui reprocher, quelques arrêts précieux, et des relances d’auto-mutilation qui n’ont heureusement rien entraîné de grave.

 

Nominé dans la catégorie : Mis à part le second but sur lequel il semble se désintéresser de la gonfle, Piqué a de loin été le moins à la peine derrière, notamment dans la relance. Tout du long, c’est lui qui a montré la voie en termes de comportement. Peu l’auront suivi…

 

Le BIALES

 

Dans un match très compliqué pour un attaquant, Neymar aura été le seul du trio à exister et à apporter quelque chose. Outre le péno provoqué, il se créé deux superbes occases. Au moins une des deux aurait dû finir au fond.

 

Nominés dans la catégorie : Morne plaine au milieu, où les rares évènements sont à mettre au crédit d’Iniesta. Notamment cet amour d’exter pour Junior qui ne plante pas son lob. Efforts notables de participation offensive pour Montoya.

 

Le CASPER

 

Par qui on commence ? Pas de jaloux, tout le monde dans le même sac. Xavi, introuvable au milieu notamment dans une 1ère où l’équipe avait cruellement besoin de mettre le pied sur le cuir. Fabregas, hors-sujet sur ses rares ballons. Pedro, pour lequel cela semble le plus inquiétant car sa non-prestation est dans une certaine lignée de ses dernières sorties.

 

Le CAGOLIN

 

Plutôt à son avantage à chacune de ses minutes jouées depuis Aout, Song s’est noyé, en jouant totalement à l’envers. L’air pataud, il a perdu un nombre incalculable de ballons, et certainement du crédit aux yeux du Tata pour les échéances importantes.

 

Nominés dans la catégorie : dans leur mouvance actuelle, Mascherano et Puyol sont encore dans le dur. Alternance d’interventions salvatrices et d'autres très limites pour l’Argentin, moins fiable que jamais dans l’utilisation du ballon. Côté Carles, les matches se suivent et se ressemblent, il est encore très court physiquement et paraît complètement ses 36 ans. Pour l'instant...

 

On se retrouve ce weekend. Avec moins de pénibilité sur nos canapé, espérons-le…

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Rémi (jeudi, 28 novembre 2013 00:29)

    Excellent article, j'approuve ;-)

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