Barça-Cartagena: De vuelta en Erasmus

Demain, le Barça recevra le FC Cartagena, pour ce qui devrait être une formalité. Après le 4-1 subi à l’aller, les cartagineses ne devraient pas être un trouble-fête dans la fin d’année civile des Catalans. En effet, le club de la Région de Murcie en a fini avec le faste de la saison 2009-2010 où il était aux portes de la montée en Liga BBVA. Une saison qui coïncide avec mon Erasmus dans la Petite Rome. Flash-back.

Arrivé courant février dans la région de Murcie, je ne m’attendais pas à suivre un club dans sa course vers la montée à l'étage suprême. Bien qu’inconnu dans la géopolitique du football espagnol, le FC Cartagena a failli s’inviter à la table des grands à la fin du printemps 2010. Troisième de l’Adelante fin avril, le club manquera quelques rendez-vous clés pour échouer à six longueurs des voisins de l’Hércules et du Levante.

Verdure de la pelouse non contractuelle
Verdure de la pelouse non contractuelle

Hormis le choc auditif causé par la prononciation très personnelle du «s» (qui peut vous transformer la phrase « Estoy de Erasmus en España » (« Je suis en Erasmus en Espagne ») en « E’toy de Era’mu’ en E’paña »), l’annonce de l’équipe-type a de quoi surprendre. Entre les divers noms espagnols dénotent deux anciennes gloires de la Ligue 1. Le crâne rasé du vaillant Pascal Cygan et les blondes mèches au vent de Franck Signorino vont en effet cohabiter avec moi en Région de Murcie. Le premier pour une pige de deux ans, le second pour un prêt de six mois, pour renforcer l’effectif à l’approche du sprint final. A l’époque, selon les dires des supporters locaux, « Pascal Cygan es un crack ». Comme à ses plus belles heures du Losc 2001-2002, époque Johnny Ecker et Daguy Bakari. De quoi demander au chauve une dédicace.

 

Malheureusement, la présence des deux français n’aura pas suffi pour atteindre la première division même si elle aura concordé avec les deux plus belles années du club cartaginés. Il faut dire qu’à côté d’eux, l’effectif ne recèle pas de gloires ibériques, ni anciennes, ni futures. Et pour cause, le groupe n’a pas beaucoup évolué depuis l’année précédente et la montée depuis la Segunda B.

 

A Carthagène, on moque même ses joueurs, dont l’emblématique Toche. Attaquant quelques fois efficace et souvent maladroit, le natif de Santomera est notamment raillé pour son penchant pour la cerveza. Tout le monde en ville connait son lieu de villégiature, non loin du bar El Delante, où je dois avouer avoir laissé quelques menus euros pour la-dite boisson houblonnée. Une boisson que certains aiment boire avec un soupçon de 43 dans un mélange périlleux. Cet alcool, créé par monsieur Zamorra (aucun lien, fils unique), mélange 43 ingrédients pour une savoureuse liqueur que beaucoup trop rabaissent à du simple caramel. Toujours est il que le couple 43-San Miguel, sur les zincs du combo Delante-Suite 40 aura été un des leitmotivs des cinq mois passés dans la Région de Murcie.

Le logo le plus surchargé de l'Histoire du football
Le logo le plus surchargé de l'Histoire du football

Mais ne dites à personne que j’ai osé ce raccourci. En effet, dans la ville aux cinq collines cohabitent deux sortes de drapeaux. Alors que fleurissent au cours de la saison les étendards aux couleurs du club, trônent aussi des banderoles pronant l’autonomie de Cartagene au sein de la Région de Murcie. En effet, nombre vous le diront « Cartagena no es Murcia ». Les slogans se font bien plus crus quand il s’agit de football. En effet, on aime vilipender le club voisin, ponctuellement à l’échelon inférieur alors qu’il a déjà gouté à la Primera División. Si vous suivez un match du voisin honni dans un des bars de Cartagena, vous ne tarderez pas à ouïr poindre les « Puta Murcia » ou les plus imagés « Murcia en llamas que bonito es » (« Murcie en flamme, que c’est joli »).

 

Car les deux villes et leurs habitants se livrent une guerre ouverte et non moins dérisoire pour défendre la légitimité de leur ville. Si la région porte le nom de la ville de Murcie, aujourd’hui plus développée, les cartagineses ont pour arme l’histoire de leur ville. Ancienne cité minière et port principal du Grand Royaume d’Espagne, la Petite Rome a longtemps été le maillon fort de la région, avant de décliner en même temps que s’épuisaient les filons miniers. Mais la principale fierté de la ville est l’importance militaire qu’elle avait il y a de cela deux siècles. Avec en fer de lance de cette puissance le sous-marin Isaac Peral, premier engin submersible militarisé, qui trône sur le port et dans l’emblème du Efese (prononciation espagnole de FC, surnom du club).

 

Aujourd’hui, le soufflet est retombé dans la ville alors que le club lutte pour sa remontée en Liga Adelante, stoppée en barrages l’année dernière. Demain, il ne s’agira plus du pain quotidien des matchs de troisième division du sud de l’Espagne. Il va se déplacer dans l’antre du Barça, qui n’est pas totalement étrangère au club. En effet, le Cartagonova a été construit sur les bases du Mini Estadi, petit frère du Nou.

 

Malheureusement, c'est le seul lien qu'on peut trouver entre ces deux clubs. Dès ce week-end, le Efese va se replonger dans le segunda B pour espérer retrouver l'Adelante l'an prochain. Et pourquoi pas, un jour, inscrire son nom dans les pensionnaires de la première division.

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