Barça-Getafe : Le Loup du Camp Nou

Copa del Rey, 1/8ème de finale aller : FC Barcelona - Getafe 4-0

Camp Nou - Buteurs : Fabregas (7', 61'sp), Messi (87', 90')

Regard assassin et dents acérées, Lionel, Messires, est de retour. Le chef a donc retrouvé sa meute mercredi, et puisqu’un prétexte était nécessaire, la LFP avait décidé de placer là un 1/8ème aller de Copa contre Getafe. Les culés qui avaient fait le déplacement s’en moquaient (comme d’une guigne), la rencontre elle-même n’était pas la plus chargée d’intérêt, et Leo y est allé de sa contribution personnelle pour ôter toute trace de suspens dans ce tour de qualification. Sans cœur, la bave aux lèvres, comme un bon vieux carnivore affamé par deux mois de diète forcée.

Ils ont pas délavé leur maillot, au Celtic ?
Ils ont pas délavé leur maillot, au Celtic ?

Vous l’avez certainement remarqué, et si ce n’est pas encore le cas nous nous fendons d’une légitime (mais pénible, la prochaine fois mettez-y du vôtre) piqûre de rappel, l’ensemble des attaquants Barcelonais n’ayant jamais gagné de Ballon d’Or ont mutualisé  leurs efforts pour conjuguer au passé la Messi-dépendance. C’est donc une équipe désintoxiquée, sobre depuis deux mois, qui s’apprêtait à replonger dans sa gnôle favorite mercredi soir, avec l’excitation  du joueur compulsif venu jouer sa paye dans un tripot clandestin. Le millésime, reposé par soixante jours de fermentation douce en fût de chêne rosarino, semblait affûté comme rarement. Il avait même pris le temps de faire un crochet par le bled, histoire de passer se faire dégager le contour des oreilles…

Tout prêt qu’il ait pu être, D10S a démarré sa soirée dans sa doudoune à l’ombre de Piqué. Position toujours plus enviable que celle de Neymar, mis KO de dernière minute par une gastro, mais qui, on n’en doute pas une seconde, a certainement lui aussi, à sa façon, tout donné mercredi soir. Orphelin de sa paire principale, ce qui revient peu ou prou à une émasculation en règle, le FCB offre un visage relifté au coup d’envoi. Pas devant, où le trio magique du moment est reconduit, au détriment d’un Tello dans l’errance au milieu de sa kyrielle de non-titularisations. Au milieu, Iniesta accompagne les Sergi (Roberto et Busquets), devant ce qui ressemble à la désormais défense-bis, Montoya-Puyol-Masche-Adriano. Au fond de la classe, la Tresse retrouve (déjà) le poste dont il a occupé l’intérim en fin d’année. Pourvu que ça ne dure pas trop, quand même.

En face, Getafe se pointe avec le souvenir encore vivace de la gifle reçue au Coliseo avant les fêtes. Avec également en mémoire le premier quart d’heure de rêve qu’ils avaient pondu. Pour tenter de rééditer leur (bref) tour de force, les Getafenses s’étaient mis sur leur 31, tout en raffinement et bon goût. Une tenue acidulée, dont le côté « Lime » ravira les aficionados de la désaltération au Mojito. Les fidèles de marmiton.org auront eux pu s’inspirer du design « verrine Guacamole-crème fraîche » du maillot madrilène (un accompagnement idéal pour des produits de la mer surgelés. C’est ce que l’on peut appeler un mariage maillot-sponsor qui a de la suite dans les idées). Malheureusement pour ses supporters, l’équipe de Luis Garcia aura moins d’inspiration que les designers de leurs textiles, et malgré quelques contres potentiellement intéressants mal négociés, le 9ème de Liga va rapidement comprendre qu’il ne verra pas plus loin que les 1/8ème en Coupe. Les soldes ont eu beau commencer ce mercredi 8 janvier, les Blaugrana n'ont affiché aucune rebaixe au moment d'appliquer leur tarif maison.

 

Enlevé, le premier acte reste pourtant faible en occasions très franches, la faute à un dernier geste toujours hésitant, des deux côtés de la pelouse. Le FCB se rend la chose plus simple dans les 10 premières minutes, Fabregas fait rapidement le premier pas, de la tête, sur un service de Pedro. Si Iniesta régale dans les 30 derniers mètres, c’est plutôt Busquets qui étonne, en prenant nettement en main la construction du jeu par des passes verticales particulièrement bien senties. Evidemment, à prendre plus de risques dans ses transmissions, le déchet augmente, mais il a le mérite de n’être jamais gratuit. Impérial comme à l’accoutumée sur le premier dribble, Busi a une paire de fois exposé ses limites : son légendaire coup de rein, à la vivacité d’une anémone de mer, lui autorise une feinte, jamais deux. Sous son impulsion, donc, les hommes de Tata enchaînent les séquences de premier cru, mais glissent toujours un grain de sable dans l’engrenage. Collectivement dans le ton, c'est individuellement que le bât blesse ponctuellement. Eux qui marchent sur l'eau ces derniers temps, Pedro et Alexis sont plus empruntés, sans atteindre le taux d'insatisfaction d'un Sergi Roberto dont le premier quart d'heure mériterait des heures de séances de contrôle-passe à l'entraînement. En nette remontée de la pente sur le reste de la partie (son point de départ se trouvait dans les bas fonds), Roberto nous laisse toujours sceptique, quelques actions pertinentes mais un fonds de commerce profondément banal. Pas de quoi nous arracher ne serait-ce qu'un début d'érection...

Mis à part un coup-franc sorti à l'horizontale par Pinto (est-ce encore de son âge ?), le FCB tremble peu, mais laisse entre les lignes des espaces béants. Ce qui se colmate à l'arrache ou finit hors cadre face à Getafe pourrait se payer plus cher face à l'Atletico ou à Man City. Pas à l'abri, donc, Fabregas et ses petits copains cherchent la balle de break, en vain,  malgré une fin de mi-temps passée dans la surface de Codina. Cesc, tout feu tout Fab, sera dans tous les bons coups à la reprise, il manque par trois fois le doublé, lancé par Pedro puis Alexis. A l'heure de jeu, c'est lui qui lance le Canarien pour une tour de moissonneuse batteuse dans la surface. La fameuse moiss'bat' de Getaf'... Malheureux sur ces dernières tentatives dans le jeu, F4 se montre plus pragmatique lorsque le ballon est arrêté, il décoche en lulu et donne un peu d'air à son équipe.

 

Emmanuel Petit, lui, aurait mis la main à droite...
Emmanuel Petit, lui, aurait mis la main à droite...

C'est à ce moment, alors que la soirée décide en son âme et conscience de pénétrer dans la dernière demi-heure de jeu, que Martino renvoie Messi dans son milieu naturel. Dejà ovationné lors de son échauffement, Leo fait monter les décibels dès son entrée, puis surtout lors de sa première touche de balle, qui aura eu le mérite de se faire attendre. L'entrée de la Pulga va alors transformer le match, sans que l'on sache avec exactitude si ce qui change est la physionomie de la rencontre ou le regard qu'y porte le spectateur. Toujours est-il que rétines et pupilles convergent vers le 10. Ses premières minutes sont empruntées, mais rapidement la nature reprend ses droits, et Leo redevient cette machine à engendrer des occases. D'abord maladroitement, il offre involontairement une possibilité à Faudel, qui bute sur le fuschia gardien adverse. Puis ce sont deux pépites qui échouent de peu. D'abord une diagonale dans le dos de la défense pour Tello, fraîchement lancé sur le pré, et qui a préféré courir parallèlement à la gonfle plutôt que de rentrer dans le concret (certainement un efficace résumé de sa confiance actuelle). Puis un astucieux lob en rupture, qui avait seulement omis de prendre en compte le fait que Pedro ne mesure qu'1m69. Las de caviarder dans le vide, l'homme aux 4 ballons d'or (qui est donc un peu aux ballons ce que M. Scaramanga est au pistolet...) montre les crocs et va aller lui-même se tailler un morceau de viande dans la peau de son adversaire du soir. Et plutôt deux fois qu'une.

Délicatement servi par Busi par dessus la défense, et auteur d'un appel de premier plan, Montoya baragouine un enchaînement loufoque qui se transforme, par un heureux et néanmoins habile coup de flipper, en passe décisive pour Messi qui n'a plus qu'à caler un petit plat du pied depuis le point de péno. La suite est plus réjouissante, lancé à la ligne médiane par Song, D10S passe en revue la défense et vient fixer Codina pour clore le score. Le temps d'un petit tapotage de l'écusson pour montrer son attachement au club, M. Fernandez Fernandez renvoie tout le monde à la douche. Difficile de dire qui, de l'aficion ou de l'intéressé, était le plus ravi par la paire de claques collée par Leo en moins de 30 minutes. On est prêt à parier que Getafe, de son côté, s'en serait passé volontiers.

 

Pour ce qui est de la notation, ça se passe ici.

On se retrouve ce weekend, pour ce qui devrait être une autre paire de manivelles à Calderon.

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....