Barça-Malaga : Eloge du vivre ensemble

Liga BBVA, 21ème journée: FC Barcelona - Malaga 3-0

Estadi Camp Nou - Buteurs: Piqué (40'), Pedro (55'), Alexis (61')

 

Il s’est à peine passé une semaine depuis le quasi-néant liguero de Levante. A l’heure de recevoir le Malaga de Schuster, les Barcelonais ont montré une implication dans toutes les lignes de bon ton pour remettre les pendules à l’heure. Auteurs d’un match de qualité supérieure, les hommes de Martino, prouvent, s’il le fallait, que c’est quand même mieux quand tout le monde s’y met (phrase que tente de s'attribuer DSK, nu sous son peignoir, mais on tient bon, ne vous inquiétez pas)…

Autant ne pas se voiler la face, la semaine passée du côté de Levante a laissé un vieux goût rance dans le fond des molaires du Barcelonisme. Si le contenu poussif de Copa s’est éclipsé mercredi derrière le triple calque d’une passe de Messi pour une finition de Tello, l’indigence affichée en championnat s’est payée d’un tribut déficitaire de deux points, que le FCB, incapable de mieux, traînera certainement comme un boulet jusqu’aux échéances contondantes de la fin mai.

Fers de lance de l’équipe ces dernières semaines mais convoqués par l’administration en début de semaine pour leur abstentéisme du weekend dernier, Fabregas, Pedro et Alexis avaient encore la faveur d’une place au chaud au cœur du onze de départ. Le tout aux couleurs d’une compo qui ne respirait pas la surprise de dernière minute, les titulaires en puissance campent sur leur position, de Valdès dans la cage à Messi en pointe, en passant par Xavi au milieu, embrassardé et célébré pour son septième quintal de matches sous la tunique de sa vie. Ca n'a peut-être pas la gueule d'une escouade Karabatic-Abalo-Porte-Narcisse, mais c'est pas vilain quand même.

On vous le répète : sans casque, on a vraiment l'air con, à moto...
On vous le répète : sans casque, on a vraiment l'air con, à moto...

Le rendu final d’un match Blaugrana prend souvent la teinte de son premier quart d’heure. Avec un pressing étouffant, une participation himalayesque des latéraux et beaucoup de mouvement des ailiers combiné à des permutations qui donnent envie de les ponctuer d’un smiley goguenard, l’introduction tutoie déjà des sommets, et va effectivement conditionner la suite de la partie. En désertion répétée de la zone de vérité pour venir combiner au sein d’un triangle Busquets-Xavi-Cesc pertinent, Messi laisse le champ libre aux deux co-meilleurs buteurs maison. C’est d’ailleurs Alexis qui frappera le premier, d’un piqué en angle fermé qui méritait mieux que sa destination boisée. Malgré la densité défensive andalouse dans les 25 derniers mètres, les Catalans arrivent à se montrer dangereux de manière répétée, et successivement Pedro, Fabregas ou Messi envoie la sauce harissa dans la surface de Willy, qui n’aura pour le sauver que ses réflexes, et un miracle de son central sur la ligne. On se régale, le football proposé mérite son qualificatif préféré, « total » (un adjectif qui fait frémir les bacchantes de Christophe de Margerie), mais l’amoncellement de situations chaudes sans suite tangible au score altère un tant soit peu le plaisir. D’autant que de l’autre côté de la pelouse, Valdes doit s’employer magistralement sur deux coup-francs, direct puis indirect. Tout comme Jordi Alba, dont la pointe de vitesse ne se range jamais dans la catégorie « superflue », à l’heure de coiffer dans sa quête de face-à-face un attaquant blond bien dégagé des oreilles… A l’approche des citrons, c’est un corner qui va remettre la domination Barcelonaise au centre du tableau d’affichage. Dejà protagoniste d’un improbable enchaînement poitrine-volée dans les 6mètres peu avant, Piqué (ou « Pic » pour les aficionados de Fifa 2013) duplique le combo contrôle frappe à la suite d’un prolongement d’Alexis. On ne se risquera pas à dire que c’est la première fois que Faudel se montre déviant, mais Shakiro s'avère lui imparable, et met un terme à la série de prouesses de Caballero.

On pourra s’en amuser ou se poser des questions, mais les coups de pieds arrêtés, pointés à juste titre comme Talon de l’Achille Catalan (avec exemple illustré dans le match en question), auront également été une des voies privilégiées d’instillation de danger dans l’arrière-garde malagueña. Evidemment, offensivement, tout passe par le crâne bizarrement coiffé de Gerard, qui se serait offert un doublé si le poteau n’en avait décidé autrement. En défense, en revanche, GP3 est moins efficace et surtout un peu esseulé comme épouvantail, facile à éviter pour le tireur et les trois ou quatre bons joueurs de tête adverse. Toujours est-il que la marotte du Barça et des coups de pieds arrêtés n’est qu’à moitié vraie : ils sont autant une menace derrière qu’une arme (mono-munition sans Bartra ou Puyol dans le onze) devant.

 

Le second acte épouse les contours du premier, mais surfe sur le matelas bien plus confortable de ce but d’avance. Si les blanquiazules font une paire de fois perler la sueur le long de nos épines dorsales (merci Jordi, once again !!), la marque va jouer l’aggravation et basculer du côté du dominant. Une action tout en volonté farouche d’Alves trouve le gauche de Messi comme relais aux 25 mètres. Déposé dans la course de Pedro, le ballon finit logé dans le soupirail. On ne félicitera jamais assez le mec qui a inventé le plat du pied (pour les cancres de l’anatomie, plat du pied : partie du membre antérieur popularisé fin XXème par Youri Djorkaeff, posté sur un point blanc à 11 mètres du but). Rarement à la frappe, ce qui marque une inflexion sensible dans son attitude, Messi reste localisable en amont, sur la chaîne de passe. Bis repetita, il décale Pedrito sur la gauche de la surface, qui fait croquer les copains et caviarde Sanchez qui n’a plus qu’à pousser dans le but vide avant d’aller relever de plaisir un côté de son short, sous les yeux d’un Cesc aux premières loges.

Alors qu’on le sent chafouin de cette nouvelle rencontre de disette, Messi ne parviendra pas à claquer le 9ème pion de sa saison dans l’exercice hebdomadaire, et se fera même voler la vedette par Afellay, de retour à la compet’ après plus d’un an passé au crochet de l’assurance Maladie. Au-delà de l’ovation sympathique du Nou à son entrée, on doute que l’avenir blaugrana d’Ibi soit radieux, quand on connaît déjà l’exsangue situation de Tello au même poste (et on vous fait cadeau de celle de Cuenca). Sans doute encore très juste, on ne dirait cependant pas non à une titularisation de Hollandais mercredi en Coupe, pour le match déjà plié face à Levante.

 

 

Dans ce match de haute tenue, qui ne fait pourtant pas avancer le débat en haut du classement, la rédac’ s’est permis le luxe d’une notation aussi unilatérale qu’une élection dont Mobutu avait le secret.

 

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