Barça: Rosell, la grosse démission

La cocote minute commençait à monter en pression depuis quelques semaines. Avant implosion de l’ustensile métallique, et pour préserver le reste de la vaisselle, Sandro Rosell a décidé de balancer le couvercle. Lui-même, donc… Retour, une semaine après (et donc à la lumière de nouveaux éléments dont une réaction à chaud nous aurait privé – on justifie comme on peut un retard éditorial) sur la bombe qui a agité le barcelonisme.

Jordi Cases. L’homme par qui vint le scandale. L’épicentre qui a fait monter Barcelone tout en haut de l’échelle de Richter, l’équivalent Catalan de la faille de San Andreas. Socio parmi tant d’autres, il est à l’origine de la plainte qui a conduit à l’enquête sur le transfert de Neymar. Directement visé, Rosell était invité à éclaircir la destination détaillée des millions mis en avant dans la transaction, ce qui peut paraître légitime, mais qui est quand même particulièrement rare. Evidemment, lorsque l’affaire dépasse le cadre habituel d’un échange entre deux clubs, et intègre des sociétés qui possèdent les droits sur le joueur, ça vire assez rapidement au panier de crabe, et donc facilement aux suspicions de magouille. La FIFA pourrait avoir la bonne idée de légiférer sur la question, mais a priori elle a d’autres chats à fouetter (prévoir 2 à 3 dates de fin de vote pour le prochain Ballon d’Or, lancer un grand programme d’analyse météorologique pour savoir si l’été au Qatar il fait plus de 40° à l’ombre).

 

On attendait donc que Rosell s’explique sur les détails d’un transfert que les médias (El Mundo, relayé par les deportivos madrilènes) ont tout à tour estimé à 140, 95 puis 85 M€... Plutôt que de présenter un paperboard avec des lignes de comptabilité, il présente sa dém’, et se dit à la disposition du juge pour expliquer que le montant ne dépasse pas les 57 M€ annoncés. Officiellement, Sandro ne souhaite pas que l’image du club soit salie par un président mis en examen. Il se met donc en retrait, et laisse la place à Bartomeu, dont la première sortie se résume à un passage en détail du sujet du litige. On se doute que le club n’allait pas produire des chiffres qui confirmaient les montants parus dans la presse… mais s’il est impossible de vérifier la véracité de ces additions (pour nous, du moins), on se demande pourquoi la Direction n’a pas produit ces documents avant… Depuis, Santos attaque le clan Neymar, et la société créée par son père, N&N (aussi croustillante qu’une cacahuète entourée de chocolat), qui contre-attaque documents officiels à l’appui. On espère que le montant avancé par le club est bel et bien correct, et que l’enquête le révèlera, mais l’image du Barça n’en sera pas sorti grandi. Et c’était peut-être un des buts de la manœuvre… 

 

Même si Rosell est passablement décrié pour diverses raisons (encanaillage avec le Qatar, interdiction des minots au Nou, gestion des cas Tito et Abidieu, etc.), on peut quand même saluer le courage qu'il a eu de partir. Une démarche à saluer où bien d'autres se seraient accroché au poste, alors que Sandro a préféré faire passer le club avant ses propres intérêts. 

Toujours est-il que son jet de tablier a été reçu avec un large sourire par pas mal de monde. Au premier rang desquels, évidemment, Joan Laporta, qui a fêté la nouvelle en s’aspergeant de champagne. Non, Miley Cirus, tu n’es pas la seule à aller trop loin dans la provoc’ sexy… Il ne faut d’ailleurs pas réfléchir trop longtemps pour se demander si Laporta n’est pas « secrètement » derrière tout ce tumulte, lui qui se verrait bien revenir à la tête du club. Histoire sûrement de renvoyer la dette dans les abysses.

 

Depuis la démission, on a entendu (ou lu…) un peu tout et surtout son contraire. Jordi Cases, par le truchement de son avocat, qui veut étendre sa plainte à Bartomeu et Faus. Puis vouloir la retirer parce que cela peut nuire à l’image de l’institution (tiens, tiens, il y pense désormais). Toujours est-il que, le cadavre du président encore chaud, hyènes et vautours entament leur ronde. Les anciens candidats malheureux se pressent à demander des élections anticipées (« pour le bien du club », bien entendu, par pour leur ambition personnelle) alors que la Direction souhaite aller au bout de son bail et de son projet en 2016. On se croirait presque en France, même si les slogans entendu de ci de là restent moins abjects que ceux de Jour de Colère… L’affaire est en tout cas loin de tutoyer son terme, et la tournure éminemment politique qu’elle prend ne fera indubitablement pas de bien au club. On sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne. Rosell n’était peut-être pas irréprochable, mais si quelqu’un d’autre devait endosser le costume de Président, il n’est pas idiot de pouvoir envisager que ce soit pire.

 

Du côté de Madrid, on s’est frotté les mains de tout ce remue-ménage. Mais la presse catalane commence à poser des questions sur le transfert de Bale. Et Florentino vient d’annoncer la rénovation du Bernabeu pour 400 M€ sans dévoiler le plan de financement. On n’a pas fini d’en entendre parler.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    bopillo (samedi, 01 février 2014 16:15)

    Je pense que c'est plutôt une bonne chose pour le club à long terme. Le système actuel des transferts n'est pas acceptable et quand les choses changeront, le Barça pourra dire qu'il est plus "propre" que les autres grâce à la vigilance des Socios.

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