Barça-Real Sociedad : La nature a horreur du (stade) vide

Copa Del Rey, 1/2 finale aller - FC Barcelona - Real Sociedad 2-0

Estadi Camp Nou - Buteurs (Busquets, 43'), Zubikarai (csc, 60')

Lancé de la pire des façons dans un mois de Février déjà crucial sur tous les tableaux, avec un revers incongru à domicile face à Valence, le Barça enchaînait en Copa face à la Société Royale. Un match rassurant dans l’intensité mais dépourvu de génie, qui a basculé en une minute avant la mi-temps. Du bon côté, ce qui pose un pied Blaugrana en finale…

Les hasards du calendrier, que l’on sait incertains et incorruptibles, c’est même à ça qu’on les reconnaît,  avaient infligé au FCB un hat-trick de matches au Nou. L’occasion d’économiser des frais de kérosène et de partager de bons moments avec son aficion. Si l’objectif a été atteint du côté des notes de transport, on ne peut pas en dire autant en ce qui concerne la communion publique. Rempli au quart contre Levante (mais à 100% du niveau d’hygrométrie), aux deux-tiers face à Valence, le plus grand stade d’Europe a une nouvelle fois renvoyé un écho vide et triste. L’horaire tardif n’explique pas tout, et même si depuis deux semaines le niveau de jeu affiché par la clique du Tata a baissé d’un ton, la fuite des gradins ne peut s’expliquer par une baisse du spectacle. Peut-être faut-il chercher du côté de l’affaire Rosell-Neymar, qui a pu laisser amer une partie des socios… Vivement en tout cas un retour à la normale, et aux guichets fermés. Au pire, ce sera pour Mars, avec le match retour de Champions face à City.

 

C’est donc dans la quasi indifférence d’un stade aussi clairsemé que le crâne de Michel Sapin que les Catalans devaient faire un premier pas vers la finale de la Coupe. Une finale où les attendent déjà les Meringues, large vainqueurs de l’Atléti plus tôt dans la soirée. Après avoir laissé planer le doute sur une compo bis la veille à l’entraînement, Martino a bel et bien couché sur le papier son meilleur onze, avec la Tresse dans les cages, Xavi plutôt qu’Iniesta au milieu, et les trois meilleurs buteurs sur le front de l’attaque.

Le parti pris tactique des Donostiens, 5 défenseurs et 4 milieux, ne laissait que peu d’éventualités quant au scenario de la rencontre. Le bus Basque garé devant la surface est au moins aussi dense que le gâteau du même nom, et l’on sait que la Real misera sur la vitesse de Vela ou Griezmann au prix de quelques contres.   

Comme on pouvait s’y attendre, la première mi-temps se déroule dans les 30 mètres blanquiazules. Messi joue bas, comme ces dernières semaines, Fabregas et Xavi se montrent plutôt pertinents même si Cesc connaît des spasmes de déchet. Le côté gauche flamboie sous l’impulsion combinée de Pedro et de Jordi Alba. Le côté droit, pourtant équitablement alimenté en ballons, est improductif. La faute à Faudel, dont les dribbles l’amènent systématiquement à tourner le dos au jeu, et à Alves, qui rentre constamment par un crochet intérieur et ne dédouble jamais. La faute surtout au néant d’automatisme qui les unit. Ou désunit, c’est selon. Dans ce schéma de jeu proche du handball que l’on ne connaît que trop bien, le collectif manque de ce soupçon d’inspiration qui fait la diff’, mais affiche cependant des satisfactions. Le pressing, asphyxiant, qui empêche les Basques d’aligner 3 passes (ce qui se matérialise par 83% de possession), la volonté novatrice de frapper de loin, et les occases de buts qui s’amoncellent gentiment, sans avoir l’air d’y toucher.

Alors que la mi-temps point, le score arbore toujours fièrement son double zéro. Malgré trois ratés successifs, à 4 mètres d’un but presque vide, de Cesc, Faudel puis Messi. Malgré un coup-franc sidéral de la Pulga sur la transversale. Malgré une occase Donostyara en tout début de match, consécutive à une déchirade de Mascherano au centre du terrain. Alors qu’on se dirige vers une vierge marque à la pause, les montagnes russes émotionnelles vont installer leurs rails et leurs wagons entre la 42ème et la 44ème. Obnubilée par ses poussées offensives, la charnière blaugrana s’oublie sur un long ballon anodin, Mascherano part avec un temps de retard sur Vela, qu’il trainera jusqu’au bout, à la lutte bras dessus bras dessous avec l’attaquant Mexicain. Battu, el Jefecito accroche le bras et déséquilibre son adversaire, qui a la bonne idée de frapper quand même, ce qui sauve le FCB du péno et du rouge, Pinto s’étant chargé de l’arrêt décisif. Dans la minute, sur un corner à moitié cafouillé, Busquets dévie au fond une frappe ratée de Pedro et donne un avantage mérité mais pas malheureux aux siens, vues les circonstances. Dans la confusion générale, M. Fernandez Fernandez (ceci n’est pas une faute de frappe) montre le rouge à Iñigo Martinez, sans qu’on sache véritablement pourquoi. A posteriori, on apprendra que le central avait vertement insulté le référé. Signe d’un football aseptisé et sans âme, un joueur ne peut même plus dire à l’arbitre d’aller se faire enculer… Il est loin le temps où ce sport avait des valeurs.

+1 au tableau d’affichage ainsi qu’en nombre sur la pelouse, on se dit que les Catalans ne vont faire qu’une bouchée de leur victime. Bizarrement, les joueurs de Martino n’appuient pas réellement là où ça fait mal, et n’augmentent pas le rythme pour faire exploser la Sociedad (pour qui cependant le rayon occasion de but n’a pas survécu au premier acte). Peut-être certain que le mur finira par tomber, les locaux combinent sans changement de rythme. Les meilleures situations ont pour origine une diago de FabFab dans le dos de la défense. Pedro vendangera la seconde par tergiversation. Alexis avait mieux négocié la première offrande, mais, malheureux, l’avait vue s’échouer sur le poteau, avant d’assister depuis le premier rang au chef d’œuvre de la soirée. Dans un remake du but à Levante il y a 15 jours, qui repousse un peu plus loin les frontières du ridicule, Elustondo se prend de panique et allume pleine tête son gardien en train de se relever. 2-0. Zubi-Puta-Karai, en basco-portugais dans le texte. Voilà, la deuxième mi-temps vaut ce qu’elle vaut, mais on aura bien rigolé. Assez suffisant, le FCB ne marquera pas ce 3ème pion qui lui aurait assuré un voyage confortable à Anoeta, même si Messi aurait mérité de conclure d’une volée acrobatique une action de première classe.

 

La suite, et la fin, forcément, en milieu de semaine prochaine. En attendant, la notation se trouve au bout de cette phrase.

Rendez-vous samedi au Pizjuan de Séville, pour remettre la Sagrada Familia au centre de la ville.

 

 

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