Barça-Rayo : Vous prendrez bien une demi-douzaine...

Liga BBVA, 24ème journée : FC Barcelona - Rayo Vallecano 6-0

Estadi Camp Nou - Buteurs : Adriano (2'), Messi (35', 67'), Alexis (52'), Pedro (55'), Neymar (89')

Armé de cinq recalés de la Masia, le Rayo s’avançait ce samedi au Nou, dans l’espoir de pouvoir gratter un petit quelque chose à une équipe qui aurait déjà l’esprit dans le brumeux nord de l’Angleterre. Seule équipe depuis plusieurs années à avoir pu contester la possession au FCB, le club de Vallecas rentre cependant avec le panier de provision chargé. Ça fait quand même dix sur l’ensemble des deux matches de Liga…

 

Avant le grand test européen de la saison prévu mardi, le Barça avait tout à perdre cette semaine en dispersant ses centres d’attention. Le premier volet des objectifs domestiques avait glissé comme sur du velours, avec une qualif’ empreinte de maîtrise sur la pelouse de la Sociedad. Pour ce qui allait donc être « le match d’avant », les protégés de Martino n’ont pas eu à se plaindre du calendrier, qui lui a offert sur un plateau le Rayo, histoire de se charger de confiance de manière aussi certaine que si le Dr Fuentes s’en était occupé. Avant dernier de Liga mais lanterne écarlate du classement défensif, l’équipe de Pepe Mel est surtout reconnue pour être joueuse quoi qu’il arrive… Une équipe friable vient au Nou avec des ambitions de ne pas fermer le jeu, le scenario humait déjà puissamment la boucherie. Il aurait peut-être fallu s’arrêter avant de mettre les pieds dans la boutique à viande des meilleurs ouvriers d’Espagne.

La presse locale avait parié sur une large revue d’effectif pour ce match qui n’effrayait personne, histoire de ménager des organismes qui n’ont eu que peu de répit depuis la mi-janvier. A la surprise de ceux qui se fient au journaux, donc, el Tata a choisi le contre-pied en alignant une grande partie des titulaires certains de l’Etihad. Reposé il y a une semaine à Séville, la titularisation de Dani Alves fait sens, même si à l’inverse Alba, suspendu à Pizjuan, regarde Adriano débuter. Pilier de bar défensif, Piqué n’est toujours pas mis au repos, c’est à Mascherano que Puyol se substitue. Xavi gêné au mollet, les six autres noms couchés sur la feuille postulent au Hall Star Game. Attendus, peut-être même au coup d’envoi, pour un turnover compréhensible, Bartra, Montoya et Sergi Roberto occupent très étonnement un siège en tribune. Neymar, de retour d’une cheville à 90°, renfile sa première chasuble, appelé à grapiller quelques minutes en fin de partie.

Si un jour vous vous déplacez au Camp Nou, le mot d’ordre sera autant que possible de repousser l’échéance le plus longtemps. A fortiori, concéder l’ouverture du score au bout d’une centaine de secondes ne fait foncièrement pas partie du plan de route. Promis à une défaite certaine, le Rayo Vallecano a tendu la première joue d’entrée, histoire de se chauffer le visage pour la demi-douzaine de claque qui s’annonçait. Dans une position qu’il connaît les yeux fermés, Adriano tente sa chance de loin et travaille sa frappe au second poteau. Il dépucelle la marque par le truchement de cet exocet, reçu avec mention au niveau ballistique. Les 25 premières minutes sont étouffantes pour les Madrilènes, Busquets ratisse tout ce qui bouge à 70 mètres des buts de VV, et laisse les copains combiner tous azimuts. Messi fait dans l’originalité en cherchant une paire de fois son droit, dont la première tentative trouve le poteau. Magistralement servi par Iniesta, Pedro se verra offrir un même destin métallique sur une frappe de l’angle des 6 mètres. A moins que vous n’ayez prévu d’user votre bougie jusqu’à le fin de sa mèche, qui s’acoquine avec le bout de la nuit, on vous épargnera le détail de toutes les occasions manquées par les Catalans, responsables de 21 frappes au but. Avec 10 tirs cadrés en plus des deux poteaux, il n’appartient qu’à vous, suivant si vous considérez que le montant fait partie du cadre, d’attribuer ou pas la moyenne à l’escadron culé.

On l’aura compris, les Blaugrana ont copieusement arrosé (prouvant qu’ils demeurent une alternative crédible au AK-47), mais ne mènent que d’un pion à la demi-heure. Le moment choisi pour les banlieusards de la capitale pour faire perler quelques gouttes de sueurs froides chez leur hôtes du soir. Le moment aussi de se mordre les doigts, puisqu’ils ne profitent pas d’une hésitation de Puyol et gâchant une double occasion en pleine surface. Dans la panique générale, Valdes, la coiffure de l’emploi, s’improvise moine bouddhiste pour ramener le calme dans la baraque. Avant de retourner à sa sieste, qu’il n’interrompra que pour filer sous la douche.

 

Confirmation de leur forme étincelante, de la saison pour l’un, de Février pour l’autre, Fabregas et Iniesta régalent. Attendue avec excitation mais très rarement alignée depuis Septembre, l’association Andres-Cesc au milieu fait des étincelles, même si elle demandera à être étalonnée face à des adversaires d’autres calibres. Leur complicité se sera en tout cas exprimé au firmament de la classe sur le but de Pedro, 4ème de l’addition du soir, avec étalage de mouvement, de une-deux, de talonnade et de caviar. Un peu plus tôt, FabFab n’avait eu besoin de personne pour lancer Leo vers une sucrerie de balle piquée pour doubler la mise, avant la mi-temps.

 

Translucide avant la pause, Faudel revient dans le halo des projos après les citrons. Il commence par s’offrir le 15ème opus de sa collection en Liga, parfaitement lancé par D10S, d’un plat du pied débonnaire. Une offrande qu’il rendra à la Pulga pour le grain de la manita, alors qu’un échange avec Fabregas aurait mérité d’apporter un assist supplémentaire dans les stats du Chilien. A ses côtés, Messi confirme son retour au tout premier plan, malgré quelques pertes de balle dans la zone de vérité. Fort de son second 2+1 de la semaine, Leo se voit offrir un quart d’heure de repos par el Tata, peu après l’entrée de Neymar à la place de Pedro. Seule attraction d’un final à sens unique (on ne peut pas dire que l’arrivée de Tello ait donné la chair de poule au public), Ney va commencer par tergiverser et donc vandaliser une ouverture majeure de Dani Alves. On sent le Brésilien encore en recherche de sensation, même s’il jette à l’aficion quelques caramels, comme ce double contact-talonnade totalement gratuit pour Iniesta. Alors que la partie s’étire dans l’inexorable vers sa proche fin, Junior s’empare du cuir dans le rond central et claque un coup de rein qui cloue trois défenseurs. A bout d’une grosse vingtaine de mètres de sprint, il bonifie le petit rebond dont il hérite pour praliner en lucarne. Il fallait bien ça comme prétexte pour aller improviser un pas de danse brasilou au poteau de corner avec Dani. On n’est pas certain de souhaiter un avenir épiphénomène comme ce fut le cas avec Michel Telo.

Présent en un nombre plus conforme à ses standards (un peu plus de 70 000 personnes), le public blaugrana en  eu pour ses deniers. Espérons que ce genre de perf’ draine les quelques 30 000 réfractaires au stade. En sans traîner les pieds, s’il vous plait.

 

Pour la deuxième fois consécutive, la notation, dispo ici, s’est avérée très clémente.

Il serait bienvenu qu’elle le soit encore mercredi matin, au lendemain de l’affiche qui fait trembler l’Europe.

 

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