City-Barça: Licence en maîtrise

Ligue des Champions, 8ème de finale aller: Manchester City - Barça 0 - 2

Etihad Stadium - Buteurs: Messi (53', sp), Alves (89')

Annoncé en gros danger face à l’épouvantail Manchester City, le Barça de Martino s’est sorti du piège par le haut, en affichant un contrôle du milieu de terrain absolu. Si la rencontre de l’Etihad peut susciter des lectures différentes, le résultat final ne laisse lui que peu de place au suspens pour le match retour. On ne va pas s’en plaindre.

Sans maîtrise, la puissance n’est rien. El Tata Martino n’a peut-être pas de passé de publicitaire dans la manufacture de pneumatiques, mais il sait s’approprier les grands thèmes de la réclame internationale pour aborder les échéances Continental. En densifiant son milieu, comme l’on s’y attendait, le technicien Argentin a trouvé la bonne formule pour coller à la route, et a clairement gagné le bras de fer tactique qui l’opposait à l’ingénieur (mais pas chez Michelin, apparemment) Pellegrini. Sans surprise, Gerardo avait donc aligné son milieu à quatre, avec Xavi et Cesc dans l’axe et Iniesta sur la gauche, en alternance cependant avec Fab. Devant, seul siège véritablement soumis à incertitude, c’est Alexis qui était préféré à Pedro et Neymar. De l’autre côté, Pellegrini surprend en préférant Demichelis à Lescott (même si l’on connaît la confiance qui unit les anciens malagueños), le revenant Fernandinho titulaire et surtout une bande gauche à deux latéraux, avec Kolarov situé juste devant la place de Clichy. Pas loin de Barbès, donc.

 

Comme certainement une bonne partie des suiveurs blaugrana, la rédaction de votre blog favori (ou pas… du blog que vous êtes en train de lire, à tout le moins) a abordé le début de partie à Manchester avec le slip mouillé. Considérée comme la meilleure équipe du meilleur championnat du monde, meilleure attaque d’Europe (ce qui fait beaucoup de « meilleur » dans la même phrase), City se présentait comme le second de poule avec la plus forte probabilité d’inverser la logique du tirage. Fort heureusement, la prestation très réfléchie du FCB aura permis, le match avançant, à notre linge intime de retrouver un taux d’humidité plus conforme à l’entendement. Et le premier quart d’heure aura grandement contribué à rassurer le peuple barcelonista sur l’issue de ce 1/8ème aller.

 

On l’attendait. On la craignait. On se demandait comment les Catalans allaient lui résister. La philosophie du boa constrictor. La déferlante Citizen, un pressing aussi étouffant qu’incessant. Au final très timide, Manchester manque son entrée et choisit (ou subit) de se recroqueviller, à la poursuite d’un ballon que l’escouade culé fait disparaître dans un concert de redoublement de passes, parfaitement huilé au DW-40. De 20h45 à 21h (ôtez 60 minutes pour l’heure locale), la boule de cuir n’est qu’un mirage pour les Anglais, qui s’époumonent à sa poursuite et ne visitent que très succinctement la moitié de terrain Barcelonaise. Ce sera une constante jusqu’à la pause, le quatuor Iniesta-Busquets-Xavi-Fabregas impose son toque avec une justesse technique qui s’encanaille aux limites de la décence. Si le milieu s’appuie souvent sur la propreté de sa base arrière, notamment sa charnière et son gardien, les Catalans peinent à se montrer dangereux. Ils frustrent les hommes du Pellegrin et les rendent impuissants plus qu’ils ne les mettent en danger. Souvent trouvé sur son aile, Alexis ne parvient pas à créer de décalage malgré l’aide constante de Denis Alves. Messi, isolé dans la nasse bleu ciel, se place en tête de liste pour postuler au Casper de la soirée. Complètement en-dedans, les Blue Moon vont finir par enfin apporter l’intensité par laquelle semble devoir venir leur salut. Sans afficher le génie offensif qu’on a souvent pu observer cette saison, ils se créeront les meilleures occases de la première mi-temps, notamment une percée de Negredo puis un coup-franc balancé dans le capharnaüm de la surface de Valdes. Globalement, le Barça accuse très bien ce bon quart d’heure adverse. Negredo, le skyblue le plus combatif, est très bien tenu par la paire Masch-Piqué, tout comme Navas est éteint par Alba côté droit. Surtout, les Barcelonais parviennent à sevrer Silva de ballons et à contenir Yaya dans le rond central, annihilant donc de cette façon les sources de danger, et reprennent leur main-mise sur la rencontre jusqu’à la mi-temps. Xavi de loin, Iniesta et Faudel en pénétration lancent même les premières banderilles. Insuffisant pour tourner avec l’avantage au score, mais l’impression laissée, notamment dans les crânes Mancuniens, ne ment pas. Le retour aux vestiaires est donc intimé sur ce 0-0. A ce moment, on n’entend personne côté City (ni côté FCB, d’ailleurs) critiquer l’arbitre au sujet d’une main de Clichy coupable de stopper un centre dans la surface…

 

De retour après un premier acte qui en impose, malgré une certaine timidité dans la surface, le Barça va rapidement prendre les devants. City semble mieux rentré dans la seconde mi-temps, mais se fait punir sur un contre rapide. Comme souvent dans ce genre de match verrouillé au milieu, chaque perte de balle à la ligne médiane est un poison, et Navas va en faire les frais, au contact entre Busquets et Alba. Les Mancuniens réclameront une faute de Busi qui ne nous semble pas évidente, exagérée en tout cas par le Sévillan aux yeux de Huskie. Une passe laser d’Iniesta plus tard, Messi se présente à l’entrée de la boîte seul face à Hart. C’est le moment choisi par Demichelis pour faucher son capitaine en sélection. Dernier défenseur synonyme de rouge qui ne suscite pas de débat, le premier contact a lieu avant la surface mais se prolonge à l’intérieur, ce qui n’empêche pas l’arbitre d’indiquer le point blanc, servant sur un plateau aux Citizens l’excuse à leur contre-perf’ du soir. Pendant que Messi transforme en fausse-panenka (qu’Ozil a plagié le lendemain, mais en étant rattrapé par la répression des fraudes), la polémique s’enflamme sur les soi-disantes aides récurrentes au FCB en Champions League, alors que la règle stipule qu’une faute commise à califourchon de la ligne peut être sifflée des deux côtés, à la discrétion de l’homme au sifflet (les arbitres internationaux consultés par les divers médias ont d’ailleurs corroboré cette version). Accusés donc de favoritisme, les Catalans ont les mains en haut du guidon, un but d’avance et une supériorité numérique à négocier. Bizarrement, au lieu de coller le pied au plancher pour pousser leur adversaire dans le ravin, Xavi et ses collègues vont passer en mode gestion, ce qui ne les empêchera pas de se créer encore une poignée de situations brûlantes. On pense au pointu de Dani au coin des 6m. On pense surtout à ce but valable de Piqué refusé pour un hors-jeu pourtant multi-couvert de Cesc. Le chrono défile et les Blaugrana n’accélèrent toujours pas, au risque de se satisfaire de ce 1-0 très satisfaisant mais que l’on pourrait imaginer plus confortable. Pire, parfois suffisants et proche de tomber dans la facilité, les Champions d’Espagne perdent quelques ballons stupides dans leur moitié, qui se répercutent dans la surface de Valdes, impérial face à Dzeko et surtout Silva, sur un superbe enchainement suite à une passe aérienne de Zabaleta. Alors qu’on pouvait s’attendre aux entrées de Pedro et Song, el Tata convoque Neymar et Sergi Roberto sur la pelouse. Le Brésilien, assez désinvolte, ne semble pas mesurer l’intensité et le sérieux requis par la fin de partie, mais va se montrer décisif. Cet excellent 1-0, frustant néanmoins vu les conditions, ne verra même pas les arrêts de jeu. Une minute avant que le 4ème arbitre ne lève son tableau luminescent, Alves se lance dans sa 452ème montée, la copie conforme de son occase ratée plus tôt dans la rencontre. Moyennant un une-deux d’une sobre efficacité avec Ney, Dani choisit cette fois le bridge pour tromper Hart et offrir ce second but d’avance au FCB. Ce qui ressemble au score parfait, qu’on a du mal à ne pas considérer comme étant d’ores et déjà synonyme de boule FC Barcelone dans le saladier du tirage au sort des ¼ de finale.

 

Virtuellement déjà éliminés, même si « tout va très vite, on ne sait jamais dans le football », City va s’ingénier à prolonger la partie au rayon contestation. Pellegrini, Yaya Touré (qui dira le contraire le lendemain), Kompany fustigeront l’arbitrage et ce pénalty illégitime qui change tout. Aucun mot par contre du péno de la première mi-temps, ni du but refusé à Piqué. Si l’on peut admettre que Busquets et Alves ont mis du temps à se faire avertir, les reproches du capitaine Citizen laissent circonspect. A se plaindre que la Champions n’est pas arbitrée comme le Championnant Anglais, Kompany semble tomber des nues et découvrir la compétition à l’instant. Grotesque. Toujours est-il qu’en emmenant le débat sur le terrain du sifflet, le coach Chilien a détourné les regards de ses propres insuffisances, et de celles de son équipe. Ca nous rappelle vaguement son successeur sur le banc merengue. Toujours est-il, difficile de penser que les décisions du corps arbitral ont plus nui à City que les choix défensifs de son coach. Aussi, il ne faut pas oublier que le principal responsable de l'expulsion et du pénalty sifflé sur Leo n'est pas monsieur Eriksson mais bien Martin Demichelis.

Sur de son fait dans la gestion des grands rendez-vous, le Barça a donc déroulé son savoir-faire, sans avoir pour autant impressionné les observateurs. Mis à part en coulisse (mise en examen du club dans le cadre de l’affaire Neymar), tous les feux sont au vert pour les Catalans, leader en Liga, finaliste en Copa et neuf orteils en quart de Champions, en plus du retour en forme de certains cadres comme Iniesta, et d’une base défensive propre et solide malgré ce que l’on peut en entendre dire. Pour cloturer ce tableau alléchant, Messi revient tout juste à son niveau, et l’on n’a eu pour le moment droit qu’à des bribes de son association avec Neymar. Le meilleur est peut-être encore à venir. Ca commence par du sérieux au retour, en gardant en mémoire que City est allé gagner à l’Allianz au mois de décembre.

 

La notation a déjà vu le jour, c’était ici.

La rumeur court d’un spasme de la Blaugrana Académie à propos de ce match à l’Etihad. Watch out !

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....