Barça-Almeria : Engrange tardive

Liga BBVA, 26ème Journée : FC Barcelona - UD Almeria 4-1

Estadi Camp Nou - Buteurs : Alexis (9'), Messi (23'), Puyol (83'), Xavi (87') / Trujillo (26')

Attendu au tournant après sa sortie indigente et chère payée à Anoeta, le Barça recevait Almeria avec une volonté annoncée de victoire, avec les buts et la manière. S’il faudra repasser pour les envolées artistiques, le bilan comptable de la soirée reste bon, au classement avec un retour sur la nuque d’Ancelotti, et au goal-average grâce à une fin de match fertile.

Ce n’était pas arrivé depuis un bout de temps. Après la tasse bue samedi dans la baie de San Sebastian, les joueurs du Tata ont eu droit à une semaine complète, 8 jours exactement, avant de refouler officiellement une pelouse du bout de leurs crampons chamarrés de couleurs plus ou moins acceptables par leurs équipementiers respectifs. Une semaine durant laquelle il aura plus été question de montant réel de transfert, de signature de jeune prodige Croate ou de paluchage continental de l’ennemi livide que de la réception du premier relégable ce dimanche.

Vexé par la prestation ratée du weekend précédent, el Tata, promis à un match en tribune récompensant un écart linguistique sur le bord de touche basque, avait promis une réaction. Privé de Piqué et presque d’Alba, le tecnico Argentin s’appuie sur une équipe moins remaniée que celle qui a laissé des plumes face à la Société Royale. Puyol est aligné en défense centrale, Iniesta saute au milieu, tout comme Pedro devant, envoyé dans la chasuble par les titularisations de Neymar à gauche et Alexis à droite.

Les commentaires post-match ont certes oscillé entre le vaguement déçu et le hardiment âcre, mais ils reflétaient plutôt la molesse d’une seconde mi-temps sans envie ni saveur. Le premier acte, lui, sans atteindre des sommets de huilée maîtrise collective, restait cochable dans la case « agréable », comme conclusion d’un sondage dont ressortaient déjà le rythme et les occasions de but. Le jeu s’équilibre convenablement entre les deux ailes, avec des protagonistes différents. A gauche, Neymar est seul à vouloir mettre le feu au couloir, prenant le plus souvent le ballon arrêté pour aller provoquer. Jamais aidé par un dédoublement d’Adriano, Junior a connu du déchet dans ses tentatives, mais reste l’animateur le plus en vue des 45 minutes initiales. De l’autre côté, Alexis se montre discret, même si c’est lui qui jaillit à la 9ème pour pousser au fond une frappe de Cesc relâchée. Si l’aile droite est décomplexée en début de partie, ce n’est donc pas grâce à l’apport du Chilien, ni celle de Jeff Copé, mais bien de Dani Alves, qui plonge plusieurs fois, sans jamais parvenir à distiller correctement le centre en retrait décisif, dans la surface. Le tout dans le dos du malheureux Dubarbier (à qui l’on conseille, pour une magnifique opéra-tion du beau marché des transferts, de signer rapidement à Séville) . Présent très tôt à la récupération, le trident du milieu propose un menu pasteurisé dans l’utilisation du ballon, sans vraiment forcer sur ou l’assaisonnement. Messi fait lui le yo-yo entre les 40 et la surface, et propose par bribes les prémices d’une complémentarité avec son collègue Brasilou. D10S ne brille donc pas d’une lumière particulière jusqu’à la moitié de cette première mi-temps, lorsque son raid, par le but aimanté, est obstrué par la faute de Corona, l’homme qui synthétise la dance music des années 90 avec son blaze de chanteuse qui a le rythme de la nuit et sa coiffure de Modern Talking. Au moment où il pose le cuir à l’endroit de la faute, on connaît déjà la chanson. Fusée à trajectoire parabolique, impact bénin avec la main gauche d’Esteban (l’autre, pas celui des Cités d’Or) à proximité de l’objectif, atterrissage réussi dans la zone fileteuse prévue. La NASA. Du travail de pro, technologie de la pampa.

La demi-heure n’est pas atteinte, le plantxot arbore déjà fièrement son 2-0, il est encore de temps de zapper sur PSG-OM et sauver le restant de sa soirée. Plus grand-chose de souriant ne se passera jusqu’au final, avec même quelques piqûres de rappel urticantes de-ci de-là. A commencer par ce corner de Corona (The Rythm Of The Night, Oh Yeah !!!!) que Trujillo envoie au fond, avec l’aide précieuse d’une défense fidèle à elle-même sur coup de pied arrêté défensif. Vraie-fausse sortie de Valdes, mauvaise lecture de trajectoire de Puyol, abandon du navire marquage de Fabregas, la garantie d’un jeu aérien réussi.

 

Mis à part quelques balles arrêtées donc, l’arrière garde Masch-Puyol ne sera pas vraiment mise en difficulté, même si Almeria semblait avoir la place de revenir à 2-2 au retour des vestiaires, en exploitant mieux la molle envie affichée par les Blaugrana. Dans l’autre moitié de terrain, les combinaisons offensives sont rouillées, et les occasions très franches sont rares, ou gâchées par un Neymar au plat du pied cotonneux dans la zone de vérité. Après une bonne demi-heure de léthargie, sans doute dûe à la digestion des citrons du repos, les Blaugrana rappuient sur l’accélérateur pour le dernier quart d’heure, sous l’impulsion d’un Busquets qui prend les initiatives délaissées par les autres. Inefficaces et peu inspirés tout au long d’un match qu’ils auraient dû rapidement "maniter", vu le niveau de leurs visiteurs, les Tata Boys vont finir par donner au score l’ampleur après laquelle il courait depuis un moment. Signe de la faiblesse défensive andalouse, Messi prend le meilleur de la tête sur corner mais trouve du bois, dont le rebond offre à Puyol un but facile et bon pour le moral (Dekalékatan, Dékalékatan). Dans la foulée, les entrants Pedro et Iniesta (d’une feinte réjouissante dans la morosité ambiante de la fin de match) offrent à Xavi une position de frappe dégagée à l’entrée de l’arc. Petit filet. Du travail de pro, technologie catalane pur jus. Conforme à l’écart entre les deux équipes, ce 4-1 tardivement acquis reflète flatteusement l’investissement minimal du Barça, qui reste cependant bénéficiaire dans une soirée qui le voit revenir talonner le Madrid en tête.

 

Vous l’aurez compris, on ne peut pas dire que l’on se soit régalé. La notation est à l’avenant, ici.

 

Trêve internationale cette semaine, rendez-vous samedi aprem à Valladolid.

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