Puyol : le capitaine rend le gouvernail

Fidèle représentant du Barça depuis plus de 15 ans, Carles Puyol a annoncé ce mardi son départ du club. Si la suite de sa carrière reste floue, le futur ex-blaugrana a décidé de ne finalement pas aller au bout d’un contrat récemment prolongé jusqu’en 2016.

Le monde du barcelonisme s'est réveillé triste ce matin. Celui de la frisette aussi un peu. Dans l’intimité de la salle de presse de la Ciutat Esportiva Joan Gamper, Don Carles avait convié la presse pour une annonce spéciale. La présence d’Andoni Zubizarreta, de son agent Ramon Sostresson et celle des Blaugrana non-appelés en sélection laissait présager l’importance de la déclaration.

 

La sentence est claire, la conférence express. Carles Puyol va quitter le Barça au début de l’été. Difficile d’émettre un premier souvenir tant Don Carles aura représenté le FCB ces dernières années. Il laissera avant tout l’image de l’éternel capitaine blaugrana. Depuis 2004, l’enfant de la Pobla de Segur arbore fièrement la senyera à son bras gauche, aussi ostensible que ses légendaires frisettes. Pour le suiveur lambda, Carles se résume à un style capillaire oscillant entre la serpillère et le chien mouillé après la balade dominicale. Pour les culés, il est l’âme du Barça. Si les publicitaires préfèrent souvent accoler l’image de la Pulga pour évoquer le club, tout supporter Barcelonais vous citera Puyi quand il s’agit de parler d’identité catalane. Il aura été durant plus d’une décennie le garant du barcelonisme, doublé d’une loyauté sans faille. Au sein d’une des meilleures équipes du monde, où le beau jeu est prôné, il était l’anomalie du système, celle qui fait que tout fonctionne. Limité techniquement comparé à ses coéquipiers, Puyi a toujours compensé par une grinta démentielle, grâce à laquelle il était respecté de tous. Même chez les supporters meringués, ce qui en dit long... C’est donc par tous ces aspects qu’il va créer un vide dans les rangs blaugrana.

 

Au bilan, Don Carles est le deuxième palmarès du football espagnol, juste derrière Xavi. Au Barça, il pèse 21 titres dont 6 Ligas et 3 Champions. S’y rajoutenr évidemment 2 trophées glanés avec la Roja (il était blessé lors de l'Euro 2012). Outre le palmarès, il laissera une multitude de souvenirs dans les mémoires culés. De son début sous l’égide de Louis van Gaal, affublé du numéro 24, aux moments de gloire, vêtu du numéro 5. Son pion du 6-2 à Bernabeu, les titres soulevés et le trophée suprême laissé à Abidieu. Certainement l’image la plus émouvante laissée par le capitá. On espère pouvoir ajouter à ces images de nouveaux clichés du mois de mai, le voyant brandir fièrement la coupe continentale aux grandes oreilles ou celle nationale aux esgourdes pointues, voire les deux. Une fin rêvée pour clore son règne.

 

Malheureusement, si l’heure est à l’hommage, il ne faut pas oublier le pourquoi de la fin. Depuis deux saisons, Puyi se trouve derrière Mascherano dans la hiérarchie du second central. Lésé par des problèmes récurrents aux genoux, il n’a disputé que 16 rencontres en Liga depuis la rentrée 2012, avec un niveau de performance souvent à la limite cette saison. Sa prolongation l’an dernier avait d'ailleurs surpris tout le monde. Puyol semble avoir aujourd’hui mesuré la gêne que représentent ses soucis articulaires et pris une décision logique. Il faut évidemment louer son intégrité et son dévouement au club. Plutôt que de devenir un boulet dans la gestion du groupe, il s’en va comme un prince, avant la saison de trop, laissant la place libre. Au passage, il enlève une épine des pieds des dirigeants qui n’auront plus à se soucier de son cas quand il faudra se poser la question d’acheter un nouveau central.

 

Pour l’instant, les contrours de son futur semble difficiles à dessiner. S’il souhaite continuer sa carrière, qui sera soumise à son état physique, des pistes l’envoient vers New York où sa femme possède un appartement. Dans tous les cas, il est difficile d’imaginer une suite autre que dans le giron du Barça. S’il ne souhaite occuper de poste plus important, Puyi sera au moins un ambassadeur de choix pour l’instance catalane.

 

D’ici là, Don Carles jouera les dernières rencontres d’une carrière barcelonaise monumentale, sans oublier de transmettre sa grinta et de passer le flambeau à la paire cantera Piqué-Bartra. Avant de laisser définitivement la senyera. Mais pas ses frisettes.

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