Valladolid-Barça : Incapables...

Liga BBVA, 27ème journée - Valladolid - FC Barcelona 1-0

Estadio José Zorilla - Buteur : Fausto Rossi (16')

Insuffisant dans les grande largeurs, le Barça a étalé samedi à Valladolid toute son incapacité. A poser le jeu, à apporter du mouvement, à réagir, à se créer des occasions de but. Au terme d'un match que ses supporters ont vécu comme un long supplice, les hommes de Martino ont subi les évenements, et voient le Madrid s'envoler au classement, avec ce petit rictus en coin plein de condescendance... 

Il y a effectivement de quoi baisser la tête...
Il y a effectivement de quoi baisser la tête...

La Nature a horreur du vide. Le onze blaugrana un peu moins apparemment, lui qui s'est appliqué à repousser samedi à Zorilla les limites connues de la physique terrestre. Déja auteurs de prestations bâclées notées en dessous de la moyenne, le plus souvent accompagnées de pertes de points (2e MT face à Valence, 1e MT à Seville, match à la Real Sociedad, face à Almeria), les Catalans se sont acoquinés avec le zéro pointé, face à un adversaire pourtant faible, comme sa position de reléguable pouvait le laisser deviner. Le début d'année 2014 est catastrophique, à l'exception d'une furtive embellie mancunienne, et l'équipe du Tata semble à chaque sortie ajouter de nouveaux ingrédients à la recette pour devenir une petite équipe. De mémoire de suiveurs Barcelonais, on a peine à se remémorer un tel immondice (les belles victoires marquent cependant plus les mémoires que les purges les plus insipides).

 

L'avant match ne sentait déjà pas très bon. Un match à 16h, au soleil sur une pelouse aussi bosselée qu'un terrain en Lego, l'environnement sentait plus le match de Ligue Midi-Pyrénées en U15 que le match de gala. Même si on défie quiconque d'avoir déjà joué un match de U15 devant 26 000 personnes (reste de la France inclus). Dans ce contexte champêtre, coincé entre deux rencontres très Glam (amical de prestige en sélection, retour de Champions), le Barça est donc passé à côté de son sujet, incapable de venir faire le job face à un relégable. Martino avait pourtant sous la main quasiment tout son monde, à l'exception d'Iniesta, excusé pour des soucis d'ordre privé. Habituellement nocive au FCB, la pause FIFA paraissait cette fois plutôt anodine, la majorité des Internationaux jouant en Europe, souvent la non-intégralité des 90 minutes. Pedro, Alexis et Neymar, entre autres, s'étaient même distingués de performances de choix, à même d'asseoir leur capital confiance. On ne peut pas dire que l'impact positif ait sauté aux yeux.

Mis sous pression par un Valladolid très volontaire, à défaut d'être génial (à chacun ses armes), le Barça a un mal fou à entrer dans le match. D'ailleurs, à l'heure où nous publions ces lignes, plus de 48h après les faits, il semble que ce soit toujours le cas... Pas aidés il est vrai par une pelouse en Braille véritable, les Barcelonais enchaînent les pertes de balle. Conduites mal assurées, contrôles systématiquement aériens, passes ratées, c'est un festival dont la Ligue 1 et un bon AC Ajaccio - Sochaux n'ont pas à rougir. Souvent pris en référence dans ces colonnes, baromètre dictant le bon ou le mauvais de l'équipe, Busquets n'échappe pas au naufrage et multiplie les ballons perdus, dans une bouillie footballistique qui lui est en temps normal étrangère. Déjà en mode clignotant à l'orange vif, les voyants vont virer au cramoisi au quart d'heure de jeu. Une action de jeu d'une limpide confusion, assortie à la pelouse qui lui sert de théâtre, va propulser les Blaugrana au fond du précipice. La situation est anodine, mais une succession de deux frappes consécutivement contrées envoient le ballon dans les pied de Rossi, qui fusille Valdes de près. Dans ce match ou ils ne mettent pas un pied devant l'autre, les Barcelonais faillissent au minimum syndical, qui consiste à garder leur cage vierge. Valladolid ne proposera plus grand-chose jusqu'au bout, mais ce sera suffisant.

Autour d'un milieu de terrain inexistant et puant l'impuissance, le FCB ne crée absolument rien. Neymar et Pedro, à l'arrêt où la la lutte avec les faux rebonds, sont mis sous l'éteignoir par des prises à deux ou à trois, et auraient bien eu besoin de l'aide d'Alves ou Adriano. Au final, c'est encore Messi, pourtant au niveau de ses joyeux camarades en ce samedi après-midi printanier, qui se montre dangereux. Sur des raids solitaires et incertains, dont la conclusion manque de l'implacable froideur qu'on lui connaît. Deux chevauchées conclue du gauche puis du droit, une paire de coup-francs, le tout téléguidé dans la niche de Mariño, voilà tout pour la frugale ration de la Pulga. Sa subtile (mais involonatire ?) déviation pour Neymar aurait dû sortir le brésilien de sa torpeur, mais la meilleure occasion du match finit en tribune, avec le reste des espoirs de résultat blaugrana.

Dans la dernère demi-heure, Martino affiche dans ses changements sa solidarité avec ses joueurs dans l'impuissance et le désoeuvrement. Si l'entrée de Faudel pour un poker offensif fait sens, les entrées de Sergi Roberto et Tello pour Piqué (!!!) et Neymar suscitent plus d'interrogations, même si Chris le tatoué aura un tantinet fait bouger les meubles.

 

Méconnaissable une fois de plus, ce Barça pose question, tant au niveau des individus que du collectif. L'impact de l'affaire Neymar reste difficile à quantifier sur le groupe, mais si l'on se réfère au calendrier, las maux Barcelonais ont peu ou prou débuté avec le barnum initié par Jordi Cases. Le tintamarre a fragilisé le club sur le plan politique, ce qui était certainement dans les plans de ses instigateurs, mais aujourd'hui les dommages collatéraux rampent jusqu'au terrain. "Ca a un prix de jouer au malin".

Inquiétants sur les deux derniers mois de compétition, les Catalans s'avancent dans leur fin de saison à pas feutrés. La prestation de Valladolid a même de quoi faire craindre la réception de City mercredi, alors qu'il ne reste que deux orteils à poser en quarts. Le mal semble assez profond (et on se demande si l'entraîneur a encore des idées dans les tiroirs), mais on ose imaginer que l'effectif saura retrouver une implication maximale, au moins ponctuellement sur les grands rendez-vous, Champions et Clasicos. Un tel comportement sinusoïdal serait synonyme de simple podium en Liga, mais pourrait payer en Copa voire en LdC. A condition pour cela d'élever singulièrement le niveau. 

 

La Notation avait des haut-le-coeur, mais reste disponible ici.

 

Rendez-vous mercredi au Nou, pour un match couperet de Ligue des Champions, dans un stade plein avec une pelouse parfaite. On attend donc un autre visage.

 

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