Barça-Osasuna : Un dimanche au marché de l'occasion

Liga BBVA, 28ème journée : FC Barcelona - Osasuna 7-0

Estadi Camp Nou - Buteurs : Messi (18', 63, 88'), Alexis (22'), Iniesta (34'), Tello (78'), Pedro (90')

A la traîne dans la course au trône, le Barça a enfilé ses bottes de sept lieux pour marcher sur Osasuna. A des années lumières du trou noir de Valladolid, le public du Nou a retrouvé le sourire et des prestations exemplaires de ses fers de lance. Et quelques motifs d’espoir pour le Clasico qui se profile au bout de la semaine.

Mur de pierre particulièrement solide sur son socle à domicile, Osasuna est un lieu de passage coûteux pour les ténors de la Liga, qui ont tous perdus des points à Pampelune. Loin de ses bases, la ligne Maginot a la fâcheuse tendance à se transformer en paillasson. Messi et ses petits copains sont donc rentrés à la maison avec les semelles bien propres, dimanche soir.

Les résultats du dimanche, un couple de victoires 1-0 des clubs de la capitale, ne laissait aucune alternative aux Catalans, qui de toute façon n’en disposent plus depuis leur nauséabond parcours en championnat depuis Janvier. Pris en sandwich entre les deux gros morceaux que représentaient City puis le Madrid, la réception des Basques sonnait à la fois comme une validation de l’embellie de Champions, comme répétition générale avant le grand Gala de Bernabeu, et enfin comme la fermeture à double tour au fond des mémoires du triste revers de Valladolid. Sur le seuil d’une semaine complète de travail, el Tata avait tout le loisir de rôder une dernière fois son onze. Avec quelques retouches au final. La défense est archi classique, hormis Piqué (qui risque le jaune de trop, celui qui vous fait régurgiter tous ceux d’avant) qui laisse sa place à Bartra. Au milieu, Fabregas se retire au profit de la paire Xa-Don. Devant, Neymar est invité à regarder du banc le rendement que peuvent afficher ensemble Alexis, Pedro et Messi.

Une mise en action poussive. Tel un sexagénaire qui espère les premiers effets de sa pilule bleue, le Barça a dû patienter un petit quart d’heure avant de trouver la bonne carburation. Un quart d’heure qui n’a pas tellement humé la sérénité, surtout derrière où Alba s’est rendu coupable de deux suffisances qui venaient compléter une entame difficile de Mascherano au contact d’Oriol Riera, le fils du cru qui foulait cette pelouse de tous ses désirs pour la première fois. Auteur d’un match plein d’abgénation, il la quittera sous les applaudissements de la grada.

En léger retard à l’allumage, donc, le crew du Tata va rapidement remettre les pendules au centre du village. A moins que ce ne soit l’église à l’heure. Bref, pendant que l’on s’égare sur l’emploi savonneux des grandes expressions du siècle dernier, avec la délectation satisfaite des amateurs de bons mots, Leo Messi a déjà déclenché les hostilités, et par la même occasion son compteur personnel, ainsi que celui de son équipe au tableau lumineux de haut-de-gradin. Un peu rouillés au démarrage, les rouages du collectif appliquent le bon dégrippant et, leur mouvement retrouvé, enchaînent les chorégraphies à une touche à l’entrée de la boîte. Dans le coup, Pedro et Alexis envoient les gaz sur les ailes, et c’est le Chilien, mis sur orbite par un paso doble langoureux de Xavi à l’entrée de l’arc, qui assène la première offrande décisive. Vif au premier poteau, D10S y va d’une subtile déviation du gauche. Dépourvu de son innocence tôt dans la partie, le score n’aura de cesse, tout au long de la rencontre, d’aggraver son cas, jusqu’à une addition finale sans concession, et pourtant pas inédite cette saison (et il est pourtant rare de coller deux 7-0 dans le même exercice, sauf si vous tombez sur Sant-Marin en qualifs pour l’Euro 2016). Le centre en retrait ayant fait ses preuves, à l’instant comme dans l’histoire du foot, les Barcelonais calquent la recette et l’apposent côté gauche, le une-deux extra-lubrifié entre Alba et Iniesta profite dans l’axe à Faudel, qui conclut d’un petit exter du droit. Rapport au pic de pollution, la circulation alternée est adoptée dans le onze Catalan. Xavi, Busquets, Bartra, Mascherano et Valdes profitent du spectacle. Le quatuor avant et les latéraux le donnent. Le match, lui, reste à sens unique. Comme la météo, avec des averses d’occasions annoncées pour une bonne heure sur la cage de d’Andres Fernandez.

Avant la mi-temps, Iniesta se permet même de tripler la mise, plus efficacement que Luis dans les Paris RMC. Historiquement peu en verve dans le dernier geste malgré de fameux contre-exemples, Don Andres décoche des 20 mètres, du gauche. Petit filet opposé. Respect. A l’heure de regagner le secret du vestiaire, les Navarrais préfèreraient certainement avancer l’heure de leur vol et s’éviter une éviscération en règle en place publique, à laquelle ils n’échapperont malheureusement pas. On n’est pas certain que l’intendant arrive à récupérer les tâches de sang sur leurs belles tuniques fluos.

Certainement dans un souci de mimétisme de leur premier acte réussi, les coéquipiers de Xavi reprennent les affaires courantes sans plus de vivacité, il faudra là encore un bon quart d’heure pour que Messi s’énerve. Et à ce moment-là, il fait rarement bon se trouver en face. En pleine discussion entre génies, ce genre de diatribe que seuls les initiés peuvent comprendre, Leo et Iniesta la régalent dans la moitié gauche de la surface. Double une-deux, double-contact, doublé de l’Argentin, qui affole en cet instant les chiffres de l’Histoire du club et détrône Paulino Alcantara. Le jour est proche où Messi collectionnera tous les records imaginables d’un joueur de champ, il devra alors chausser les gants et passer dans les buts pour s’emparer du record du Zamora avec le plus petit total de buts encaissés sur une saison… Au dessus du lot, ce qui n’est pas une nouveauté, Iniesta et Messi manquent à plusieurs reprises les occasions qui s’offrent à eux d’enquiller respectivement un doublé et un triplé. Alors que tout baigne dans du Chanel n°5, les yeux se focalisent sur le bord de la pelouse, où les gazettes viennent piocher de quoi alimenter leur colonnes pour le reste de la semaine. Remplaçant au coup d’envoi, ce qui se justifie au vu des meilleures copies rendues par Alexis et Pedro, Neymar est envoyé à l’échauffement mais est rappelé sur le banc, d’où il verra Tello entrer à sa place. Si le pourquoi du comment nous échappe, Junior tire un peu la tronche, ce qui peut se comprendre. Actuellement dans le creux de la vague, et en retrait par rapport à ses concurrents, une entrée aurait pu le remettre un tant soit peu en selle. Au lieu de quoi Martino a semblé préférer lui donner une leçon… La suite du feuilleton à Bernabeu, où sa présence dans le onze de départ ne se justifie pas sportivement, mais où un fauteuil de remplaçant remettrait en question une partie de la politique du club cette saison.

A part cet « incident » interne à la marge, le festival continue sur la pelouse, qu’un Tello tout heureux de se trouver là illumine d’une lourde enveloppée du droit, juste après son entrée. En lévitation à l’orée des arrêts de jeu, Messi triple sa propre mise, offerte sur un plateau d’argent massif par Dani Alves, orfèvre du dribble aérien. Dans la foulée, Leo grille tout ce qui reste de la défense Osasuniste pour allouer à Pedro le but que sa prestation méritait.

Par respect pour les joueurs de la Rojilla, M. Teixera Vitienes ne voit que peu d’intérêt à dépasser les deux minutes d’extra-time, et met fin au calvaire des visiteurs. Côté catalan, si la semaine ne sera pas si calme qu’elle le pourrait (entre les rumeurs qui vont circuler sur la situation de Neymar et l’annonce d’un départ de Martino à la fin de la saison), elle devrait néanmoins se passer dans une certaine sérénité. 

 

Comme d’habitude, la notation reste disponible ici, à portée de clic.

 

 

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