Real-Barça : Stayin' alive

Liga BBVA, 29ème journée: Real Madrid - FC Barcelona 3-4

Estadio Santiago Bernabeu - Buteurs: Benzema (20', 24'), C. Ronaldo (55' sp) - Iniesta (7'), Messi (42', 65' sp, 84' sp)

C’était le match qui devait tuer la Liga, ou la relancer complètement. Au terme d’un match rocambolesque, dont le pouls s’est indexé sur les bpm des plus grands tubes discos, le Barça s’est maintenu vivant dans la course au trône en s’imposant sur la pelouse de Bernabeu. N’en déplaise aux Frères Gibbs, la fureur a eu lieu un dimanche soir…

Un mois après s’être entendu promettre l’enfer à l’Etihad, le Barça de Martino, catalogué dans bon nombre de gazettes au rayon « C’était mieux avant », se rendait chez Santiago, avec une large défaveur des pronostics. Bien sanglé dans le wagon de tête lancés sur les montagnes russes de l’inconstance depuis Janvier, le FCB a montré une nouvelle fois qu’il savait, dans les grands soirs, retrouver un niveau ahurissant. A chaque fois, le visage (re)conquérant de l’équipe du Tata se dessine sur la base de son socle de jugones. Annoncée tout au long de la semaine, la titularisation de Neymar semble être la seule once de suspens dans le onze de départ. Semble, seulement, car le polo pistache a donné dans le détail, qui n’aura peut-être pas sauté aux yeux de tous, en inversant les positions droite-gauche de la paire Piqué-Mascherano. Habituellement « gaucher », el Jefecito est aligné côté Alves, pour venir aider le Brésilien dans des prises à deux pour contrer la vitesse et les recentrages de Ronaldo. Ce qui aura d'autres conséquences...

 

Au centre de toutes les polémiques, l’arbitrage de M. Undiano Mallenco occulte aujourd’hui, à l’heure des bilans, le contenu exceptionnel de ce clasico. Retour sur les décisions qui alimentent le débat, histoire d’écluser le sujet avant de passer aux choses sérieuses. Au cœur des litiges, les penalties se divisent en deux catégories, les sifflés, et par symétrie, les non sifflés. Dans la première catégorie, le premier du nom, faute d’Alvès sur Cristiano, a lieu à l’extérieur de la surface, et synthétise le match du Portugais, à côté de ses pompes, qui a semblé courir après le péno qu’il attend depuis le match aller (et qu’il a fini par obtenir). Dans la foulée, Ramos accroche Neymar parti pour défier Diego Lopez en face à face. Le contact est léger (le pied gauche du Madrilène semble bien accrocher la jambe), Junior joue bien le coup, mais à vitesse réelle, le référé ne peut que siffler la peine maximale et renvoyer Sergio-le-beau-gosse-qui-s’aime sous les tribunes. Enfin, on cherche encore à comprendre comment les Laiteux peuvent contester la double faute bocadillo de Carvajal et Alonso sur Iniesta. Dans la branche déshéritée de la famille, l’accrochage de Pepe sur Neymar, en début de match, à l’intérieur de la surface a tendance à fuir les mémoires, et pourtant, il y avait bien contact. Tout comme lors de ce jeu aérien entre Bale et Piqué au cœur du second acte. Ce qui ferait donc un penal oublié de chaque côté. Quant à la demande sur le coup-franc de Cricri dans le bras de Fabregas qui lui protège le visage, on mettra ça sur le compte de la mauvaise foi (Pepe avait d’ailleurs de façon analogue contré du bras un sombrero de Neymar, sans plus de coup de sifflet). Evidemment, les plaintes émanent toujours du camp des perdants, notamment de CR7 et SR4, qui ont poussé un peu loin l’amertume dans leurs paroles. Si le Barça avait perdu 3-2, il paraît évident que l’escouade Catalane aurait chouiné sur la faute d’Alves hors de la surface… Avant de clôre le débat, on peut pointer du doigt la ruade de Busquets sur Pepe, un geste qui devrait lui valoir une sanction. Mais dont il n’écopera peut-être pas, suivant les dernières jurisprudences des Clasicos en la matière.

Le fiel rangé dans la boîte à gant, il est l’heure d’en sortir les dithyrambes pour épingler ce match, d’ores et déjà entré dans la légende. Démarrée tambour battant, la partie a gardé tout du long son rythme endiablé, sans retomber d’une once. Comme d’habitude, l’affrontement des styles a mis aux prises le tango lent et maîtrisé des Blaugrana aux flèches supersoniques des Meringues. Sur l’ensemble de la partie, les périodes de possession Catalanes ont été plus nombreuses, mais chaque coup d’accélérateur de la bande d’Ancelotti s’est soldé par des occasions, et des tremblements de terre dans l’arrière garde du Barça. Globalement bien organisée sur les attaques placées, et sérieuse sur coups de pieds arrêtés, la défense en a chié sévère pour endiguer les rushes balle au pied de l’attaque Livide. On attendait Bale ou Ronaldo dans ce registre, ils ont été bien contenu.

 

A l’inverse de Di Maria, Carlo’s Angel, qui se sent visiblement pousser des ailes dans cette position de relayeur, que jadis l’on appelait n°8. Insaisissable, l’Argentin n’a connu comme seul coup de mou que son surprenant malaise suite à la célébration de l’égalisation de Benzema. En dehors de cette interlude hyperventilé (n’ayant néanmoins pas requis l’intervention d’un défibrilateur), il a été le dynamiteur de la moitié de terrain menant à Valdes. Dani Alves, pas vraiment aidé dans sa lutte par Xavi, adversaire direct du Madrilène, et Neymar, dont la vitesse aurait pu aider, a connu une heure très tendue, souvent pris en défaut, la quasi-totalité des occases franches du Madrid ont vu le jour sur sa bande. Honnêtement, on voit mal, même venant du banc, quelle pourrait être l’antidote face à la vitesse en contre. Certainement le pressing, et couper les lignes de passes avant que la gonfle n’arrive dans le camp Barcelonais. A voir lors des prochaines sessions. Dimanche, Benzema s’est multiplié en bille à bille avec Valdes, à quatre reprises mis en orbite par Di Maria, étonnamment tranquillou pour adresser le centre du premier but pour Benzouz. Outre les soucis dans le contrecarrage du centreur, on déplore quelques manquements dans l’axe. Battu au duel, par manque de centimètres et de détente, sur l'égalisation, Mascherano abandonne le marquage de Karim sur le second, manque son interception et condamne ses collègues au sous-nombre à la réception. En restant sur sa position, Benzema n’aurait jamais eu le temps d’exécuter son enchaînement, impressionnant s’il en est. Grâce à Piqué puis VV sur la ligne, l’avant-centre Blanc ne s’offre pas le ballon du match, lancé là-encore par des raids de Di Maria et Bale.

 

De l’autre côté, en dehors des sempiternelles successions d’échanges à une touche à l’entrée de la boîte, la solution est souvent venue de passes lumineuses dans le dos de la défense. Neymar en tergiverse une paire, Messi goinfre face au but une vision de Fabregas. En échec sur cette première tentative perso, D10S va précipiter les évènements par une triplette de passes venues d’une planète où il est seul à sièger. Le festival commence par un décalage sur Iniesta, pas forcément très bien couvert par Carvajal, qui praline du gauche sous la barre pour l’ouverture précoce du score. En fin de mi-temps, après un redoublement sur son pivot Fabregas, la Pulga évite Ramos et prend à contre pied toute l’arrière garde Pâle d’un revers pied droit plein axe pour Junior. Le Brasilou est contré par Pepe, soit. Leo, plus rapide que Zorro (ou que Tornado, plus exactement) saute sur la balle et l’envoie au fond. Enfin, l’Argentin clôt sa trilogie par une offrande impossible, que lui seul a pu entrevoir. D’un ballon en diagonale, il élimine une ligne de 3, une autre de 4 (les plus malins d’entre vous auront noté que ça fait quand même 7 joueurs éliminés en une touche de balle) et envoie Neymar faire basculer le match. La fin de rencontre du stratège sera froide comme ses bollocks en acier trempé, zéro tremblement de la pupille  au moment de cadrer Diego Lopez et de réduire 85 000 gorges au silence. A ses côtés, initateur du but de la gagne, Iniesta fait encore rimer la partition avec le chef d’œuvre. Souvent critiqué par son déficit goleador, le Don infléchit cette tendance depuis deux rencontres, et n’était qu’à un cheveu (ce qui commence à être un comble pour lui…) de claquer un doublé d’une sibylline demi-volée, toujours du gauche. Diplômé en cassage de rein, il a torréé Xabi Alonso et consorts dans une arène hostile mais admirative. Il sortira par la puerta grande, aureolé des deux oreilles et de la queue.

Sur cette photo se cache un mec totalement focus sur le reste du match, saurez-vous le retouver ?
Sur cette photo se cache un mec totalement focus sur le reste du match, saurez-vous le retouver ?

Une intensité vetigineuse, des polémiques, des actions de classe internationale, si ce match au sommet restera dans les mémoires, c’est également à cause de (ou grâce à) son scenario, repu en rebondissements. Le tableau d’affichage aura sans arrêt changé de propriétaire, et la Liga avec, par un élargissement du débat. Tout lésé qu’il s’estime par les coups de sifflets de M. Mallenco, le Madrid, par deux fois devant au score, aurait dû, en équipe supérieure qu’elle prêtant être, se montrer capable de conserver son avantage, dans son antre qui plus est. On l’a vu, si le Royal est impressionnant pour transformer ses temps forts en situations de marquer, il s’est montré beaucoup moins gaillard lorsqu’il s’est agi d’asseoir sa domination et de gérer la fin de partie. A l’inverse, si le Barça se trouve assez facilement hors de position derrière, son abnégation et sa capacité de réaction sont bluffantes, comme cette propension à prendre le match, quel qu’il soit et ou qu’il soit, à son compte.

 

Sous-considéré médiatiquement ces dernières semaines, le FCB devrait logiquement sortir de l’ombre, à la lumière de sa performance dans la capitale. De retour parmi les favoris pour le titre, parmi les grands protagonistes de la fin de saison, les Catalans sont là. Et on ne sera pas de ceux qui s’en plaindront.

 

Les notes sont déjà placardées à l’entrée du lycée. Les re-v’là

 

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