Barça-Atletico : Un coup de (mauvais) génie

Champions League, 1/4 de finale aller: FC Barcelone - Atlético de Madrid 1-1

Estadi Camp Nou - Buteurs: Neymar (70') - Diego (55')

On s’y attendait. L’Atlético de Madrid porte bien son nom, et est venu envoyer de la viande au Camp Nou. On ne pourra pas dire que le père Simeone nous ait menti sur la marchandise. Très disciplinée et souvent à la limite de l’agressivité, son équipe a franchement maximisé ses maigres temps forts. Portés par le but improbable de Diego, les Matelassiers ramènent un excellent match nul. Maintenu en vie par le but de Neymar, le Barça conserve toutefois de bonnes chances d’y croire.

La dégaine des frères Dalton dans leur maillot jaunes, les lieux sont repérés, 20h45 avenue des Corts. L’Atléti fait son entrée dans le Nou sans faire toc, toc, toc. Tata ferme ta gueule, lève les mains c’est un Hold-Up. El Cholo Simeone avait potassé les meilleurs versets de Rim-K, AP et Mokobé, poètes chiffrés de Vitry-sur-Seine. Et il n’a pas été loin de ramener le jackpot. Fidèle à ce côté révolutionnaire qu’il partage avec Mourinho pour son sens aiguisé de la barricade, le mister de l’autre club de Madrid s’est certainement vu faire sauter la banque, tout près qu’il était de surmultiplier la faible mise qu’il avait décidé d’avancer.

Best-seller de la saison, en quantité mais certainement pas en qualité, comme une allégorie de la carrière de Guillaume Musso, ce quatrième Barça-Atlético s’est une nouvelle fois refusé à trouver un vainqueur. Et n’a toujours pas décidé de donner lieu à une cascade de buts, ni même d’occasions franches. Le scenario était connu d’avance, puisqu’on l’avait déjà lu à trois reprises, le FCB allait s’arracher les cheveux pendant 90 minutes pour trouver une faille dans le double rideau rojiblanco, s’y cassant les dents plus souvent qu’à son tour (une expression qui ne veut strictement rien dire, mais qu’il est bon d’utiliser néanmoins, de temps en temps).

Encré sur ses récentes certitudes, Martino choisit de reconduire son onze de jugones, avec Iniesta et Cesc. Autant cette composition ballonophage fait sens face à City ou au Madrid, alors que l’adversaire a clairement les moyens de prendre le jeu à son compte, autant on est en droit d’en questionner le bien-fondé face à cet Atléti recroquevillé. Certes, le 4-3-3 « classique » ne s’était guère montré efficace lors de la première trilogie, et on peut comprendre la tentation de mettre en place une variante. Au final, c’est le retour à trois attaquants qui aura marqué le retour à une nette domination blaugrana, lors des 20 dernières minutes. Coaching gagnant ou erreur tactique initiale, on retombe toujours sur le débat de l’œuf ou la poule.

Pour reprendre un semblant de chronologie, l’entame est clairement colchonera, avec un pressing incroyablement gênant pour la maîtrise du ballon Barcelonaise. Les Madrilènes ne laissent personne respirer, ni joueurs ni spectateurs, et se créent la première grosse occasion, un peu malgré eux puisque beaucoup grâce à une relance au pied catastrophique de Pinto. Heureusement pour la Tresse, son ancien collègue David Villa préfère frapper à l’extérieur du poteau. Le quart d’heure de jeu approchant, la physionomie du match vient petit à petit se calquer sur les idées pré-conçues que l’on en avait. Le Barça joue au handball face à un mur. Malgré un faible rendement au niveau occasions de buts (frappe de Villa sur Pinto, Iniesta contré dans la surface, têtes de Neymar puis Messi), le match est de très haut niveau, alternant envolées techniques et bassesses de fautes à répétition, souvent assez violentes. Dans une rencontre où ça pigne parfois comme un dimanche en première division de district, deux blessures vont contratrier l’ordre établi de ce premier acte, sans pour autant qu’elles découlent de tacles assassins. Premier de civière, Piqué survole Diego Costa de la tête mais retombe lourdement sur la hanche. Remplacé par un Bartra impeccable en tous points, Gégé apprendra, dans un fauteuil roulant à l’hôpital, qu’il passera un mois sans jouer. Pas de retour ni de finale de Copa pour lui. Diego Costa ne fera pas de vieux os non plus, au duel avec Busi dans une chevauchée anodine aux 40 mètres, la blessure qui l’avait laissée incertain le rappelle définitivement à la douche. Dans un grand moment d’originalité des prénoms Sud-Américains, Diego remplace Diego par Diego (dans l’ordre, Simeone, Costa, Ribas). Par chance, Maradona n’était pas dans les tribunes, histoire de rajouter un peu à la confusion ambiante. Après quinze minutes d’orage, les Catalans impriment leur main-mise dans le demi-terrain adverse, avec des récupérations de balles excessivement rapides, souvent au bout de la 3ème passe. Malheureusement, du fait de la prise à quatre sur Messi et d’un positionnement entre deux eaux de Fabregas, seuls Iniesta et dans une moindre mesure Neymar arrivent à donner des coups d’accélérateurs. On le verra en fin de rencontre, le Brésilien est d’ailleurs bien plus à l’aise lorsqu’il est sur la gauche.

0-0 à la mi-temps, comme l’on pouvait le craindre l’Atlético est une plaie, mais au final ne se montre que très peu dangereux. Les Matelassiers parviennent à combiner au milieu mais trouvent rarement la connexion avec leur attaquant, il est vrai pas épargné par les courses de pressing qu’il s’inflige. C’est pourtant lors d’une deuxième période encore plus attentiste, lors de laquelle ils ne franchiront que quatre fois la ligne médiane, que les leaders de Liga vont créer la sensation. La scène ducrime n’a pourtant pas de quoi effrayer les passants, coup-franc aux 40, suite à une faute d’Iniesta, joué court sur Diego (vous avez suivi ? Vous savez donc duquel il s’agit), qui crochète Xavi et balance une sache ave maria, laquelle finit sa course entre la main et la lucarne gauche de Pinto. C’est ce que l’on appelle capitaliser sur pas grand-chose. Incroyable et magnifique, la soudaine frappe du Brésilien n’était peut-être pas si imparable qu’elle n’y paraît. Lent au démarrage et moyennement leste dans son jump, Pinto ne peut que toucher le ballon. La deuxième mi-temps apportera la meilleure illustration de l’impact sur un match couperet que peuvent avoir un grand gardien ou un gardien lambda. A l’autre bout de la pelouse, Courtois va lui sortir les parades qui comptent.

Toujours cadenassé malgré la volonté des locaux d’accélérer les choses, c’est l’entrée d’Alexis et le retour à un front de 3 attaquants qui va changer la donne. Immédiatement replacé au milieu, le Don caviarde Neymar d’un extérieur dans le dos de la défense, que Junior conclut sans se poser de questions. Déjà auteur de deux frappes lointaines, moins heureuses que celle de Diego, Ney marque son second pion face à l’Atletico, après son but en Supercoupe, et reste le seul Blaugrana à avoir trompé le gardien Belge. Le dernier quart d’heure est bouillant sur la cage du géant Wallon, qui se distingue sur des frappes lointaines de Busquets, Iniesta, puis sur un coup-franc de Messi qui semblait parti pour lécher le mauvais bord du poteau. Lancé à l’abordage, le Barça ne parviendra pas à se donner un avantage bienvenu avant d’aller tâter du Calderon. Par deux fois en bonne position dans la surface, Alexis tergiverse et fait la touche de trop, oubliant de servir Iniesta en retrait puis de frapper du gauche alors qu’une fenêtre s’était ouverte.

 

Indécise, la rencontre pourra évidemment recevoir deux lectures. Les Matelassiers verront une leçon de génie tactique et de rigueur, calquée sur les grandes heures de Chelsea en la matière (le but venu d’ailleurs et le rideau de fer comme dénominateur commun).Côté culé, la frustration reste de rigueur face à ce match plutôt bon compte tenu du contexte défensif passablement dense de l’adversaire, où le but inscrit aurait dû permettre de faire la différence. Hélas, l’éclair de Diego assombrit à lui seul le tableau. Comme en 2009 lorsqu’il avait répondu au but miraculeux d’Essien par son célèbre Iniestazo, Don Andres a usé de son génie pour remettre le Barça sur les rails. A voir si cette fois encore cela suffira pour assurer la qualif’. Avec ce mauvais 1-1 initial, le Barça sait qu’il devra aller gagner sur les rives du Manzanares. Après son vrombissant succès à Bernabeu, le FCB devra rééditer la perf' au Calderon, même si l’on doute que ce soit sur un score de 4-3. Le 1-0 sera très bon à prendre. Et l’on connaît déjà le type de rencontre qui nous attend…

 

La notation est déjà sortie. C’est par ici.

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