Barça-Athletic : Promesses et insuffisances

Liga BBVA, 34ème journée : FC Barcelona - Athletic de Bilbao 2-1

Estadi Camp Nou - Buteurs : Pedro (71'), Messi (73') / Aduriz (49')

Inefficace à souhait et fébrile dans sa moitié de terrain, le Barça a tremblé avant de regoûter au parfum d’une victoire. A la sortie de leur semaine noire, les hommes de Tata entretiennent un mince espoir de titre, et retrouvent le sourire, ainsi que la joie de jouer.

 

Une poignée de jours après la dernière pierre apportée à son anti-triplé, le FCB trouvait l’Athletic, un de ses premiers bourreaux de la saison, sur le chemin de sa rédemption. Une équipe qui lui ressemble, depuis le passage basque de Bielsa. Et qui lui réussit moyennement… Paradoxalement en ce weekend de Pâques, le Camp Nou était loin d’être plein comme un oeuf, dénombrant à peine plus de 57.000 spectateurs. Week-end prolongé de la semaine Sainte et crachin dominical font certainement partie des causes de cette désaffection des gradins, mais on peut surtout supposer que la foi des hinchas en a pris un coup ces derniers temps. Les résultats sportifs sont récemment venus rejoindre dans la sinistrose les évènements des coulisses, et l’aficion, par cet absentéisme, a certainement envoyé un signal à la gouvernance de Can Barça. Si l’on a vu fleurir quelques pañuelos et banderoles réclamant des élections, la très grande majorité des supporters présents ont mis de côté leur rancœur à l’égard de la Junta, pour montrer son soutien aux joueurs, notamment à Messi et Iniesta, les plus pointés du doigt depuis 10 jours.

Plus vraiment dans l’embarras du choix à cause d’une ribambelle d’absents (Puyol, Piqué, VV, Alba et Neymar blessés, Busquets suspendu), el Tata aligne le onze le plus valide, son seul véritable parti pris consistant à placer Fabregas sur le banc. Sorti mercredi après un vain galop dans les semelles de Gareth Bale, Bartra est bien présent au coup d’envoi. Devant, les laissés pour compte des dernières échéances, Pedro et Alexis, redécouvrent la sensation d’une partie dans la peau d’un titulaire (et non de John Malkovitch).

 

Les dix premières minutes sont étouffantes et laissent présager le pire, les Catalans, gênés par le haut pressing des hommes de Valverde, peinent à sortir proprement le ballon. Prisonniers de leur philosophie, toute en sorties de balles propres et à terre, les Catalans se mettent tous seuls en danger, coupables de prises de risques parfois suicidaires dans la relance. Evidemment, Pinto ne pouvait pas rater ça et se trouve souvent à l’origine des vents de panique. Si les Blaugrana vont progressivement remettre la main sur le match, ils entretiendront comme fil rouge, tout au long de la rencontre, ces relances aventureuses, qui lorsqu’elles sont couronnées d’insuccès, ce qui a souvent été le cas dimanche, plongent immédiatement l’arrière-garde en état d’alerte.

Fébriles dans leur demi-terrain, donc, ce qui est assez symptomatique du déficit de confiance généré par cette série de trois défaites consécutives, les coéquipiers de Xavi se montrent à l’inverse plutôt inspirés dans le camp Bilbaino. Contrairement à la formule jugones qui concentre le jeu dans l’axe du terrain, le retour au 4-3-3 et aux ailiers véritables a le mérite d’étirer la défense adverse. Pedro et Alexis participent avec leur vivacité habituelle, et sont surtout relayés par l’apport complice de leurs latéraux. Plus que la composition ou le nom des hommes, c’est surtout la configuration du match qui change la donne, par rapport à la finale de Copa notamment. Les Blaugrana s’étaient cassé les dents contre un mur à Mestalla. L’Athletic s’est montré bien plus joueur, le match bien plus ouvert, offrant aux Barcelonais plus d’espace pour s’exprimer. Excellent à la baguette lors de ses décrochages, Messi a pu jouir en une mi-temps de plus de liberté que lors des dernières 270 minutes réunies.

Triste pour les culés, la finale de Coupe avait néanmoins accouché d’un spectacle de premier ordre. Ce choc entre le 3ème et le 4ème de Liga se révèle également être un bon VRP du foot espagnol. La rencontre est enlevée, et ce sont les montants qui maintiennent le score vierge avant le descanso. Premier de cordée boisée, Aduriz manque l’inauguration de sa chaîne YouTube lorsque son ciseau retourné vient s’écraser sur le poteau de la Tresse, vigilant dans la foulée pour stopper la reprise de Susaeta. Sur l’action qui suit, Pedro régale au cordeau Alexis qui n’a plus qu’à mettre le pied en opposition pour finir le travail. Ce qu’il fait, mais sa reprise bondissante finit violemment sa course contre la transversale. A ce raté inexplicable s’ajoute le face-à-face monumental gâché par Pedro (qui oublie au passage Alves pour l’élection du but le plus collectif de la saison), symbole d’un match où le FCB aura paru tout faire pour ne pas arriver à scorer. Dans son but, Gorka se couche bien sur plusieurs frappes Catalanes, mais il profite surtout de la mansuétude du trio d’attaque local, aussi inspiré pour se créer les occases que petit bras au moment de les conclure. Le tableau d’affichage mériterait au moins d’arborer un fier 2-1 au changement de côté, mais c’est bien un 0-0 qui trône sur les panneaux lumineux.

 

Le retour des vestiaires va rapidement rappeler le Barça à son exsangue situation actuelle. Incapable de convertir ses nombreuses occasions, l’équipe de Martino concède une nouvelle fois l’ouverture du score. Et le déroulé de l’action sonne comme un bon résumé des carences de la soirée. A la chute d’un long ballon en provenance de la défense basque, Song est battu de la tête par Aduriz, ce qui fut en quelque sorte le best-seller de la rencontre. Sur le second ballon, Bartra est le plus prompt mais il manque son intervention, qu’il tente de rattraper d’un tacle malvenu puisqu’il l’élimine de l’action de jeu. Muniain en profite pour servir Aduriz, qui profite de l’absence du grand Marc devant lui pour fixer Pinto d’un plat du pied « à la Titi ». 0-1, la malédiction paraît profondément collée sur les dos de Xavi & Cie. Les gros plans de la réalisation TV sont implaccables ; supporters bouche bées, joueurs tête basse ou regards dans le vide, c’est soupe à la grimace pour tout le monde. D’autant plus que les locaux vont s’évertuer à prolonger leurs vendanges, par le biais de Pedro puis de Messi, peu inspirés face à la cage d’Iraizoz. Pourtant productif, le Barça traîne cette inefficacité comme un boulet, jusqu’à l’orée des vingts dernières minutes. Moment choisi par Dani Alves pour s’engouffrer, contre favorable à l’appui, entre Balenziaga et Muniain avant de bridger Mikel Rico pour servir Faudel en retrait. La reprise du Chilien est ratée, mais Pedro n’en perd pas une miette et la prolonge au-delà de la ligne blanche, le Canarien remet son équipe en selle après son double échec personnel face au but. Les hommes de Valverde n’ont pas le temps de s’en remettre que Messi est lancé dans la profondeur, arrêté irrégulièrement dans sa chevauchée à l’entrée de la boîte. Alors que Leo avait persévéré pour planter le pion salvateur, l'homme en noir revient à la faute, une bonne idée arbitrale bien souvent oubliée en faveur du Barça. Le mur est imposant et la distance courte derrière celui-ci pour faire retomber le ballon, la Pulga choisit donc la solution finaude, marmite côté ouvert. Masqué par plusieurs joueurs couverts par la course maladroite de Laporte, Iraizoz ne peut que toucher le cuir, qui finit irrémédiablement sa course au fond.

 

En une paire de minutes, le FCB a renversé la vapeur, et retrouvé ses attaquants tels qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être, tranchants. En tête à l’aube du dernier quart d’heure, la formation du Tata va alors afficher toute l’étendue de ses doutes du moment. Incapable de passer la troisième et de maintenir les Basques dans leur camp, les Barcelonais vont reculer et abandonner la possession à leurs visiteurs, se contentant de défendre. Plutôt mal, d’ailleurs, et souvent à la va-comme-j’te-pousse. Dominés sur la fin, les Catalans opérent en contre et restent les plus dangereux, mais ne remettront pas la main sur le geste juste dans la zone de vérité. Pire, dans une fin de match tendue, ils rendent un grand nombre de ballons entre leurs 20 mètres et la ligne médiane, précipitant le danger aux abords de la surface de Pinto. Sur l’ultime frayeur de la soirée, alors que l’horloge allait bientôt indiquer la fin de la récréation, Mascherano se jette et contre du plexus le ballon de l’égalisation. Ouf ! Passé pas loin d’une nouvelle désillusion, les Blaugrana accueillent avec soulagement ces trois points dans leur besace, et croisent désormais les doigts pour un faux pas Colchonero à Mestalla lors de la prochaine journée.

 

Outre le résultat, cet affrontement avec l’Athletic était attendu avec un œil particulier. Dans la crise structurelle que l’on sait, les rumeurs se bousculent du côté de Can Barça, et le nom de Valverde, visiteur du soir sur Les Corts, reviendrait en tête de liste pour l’éventuelle succession de Martino. L’avenir dira si le coach Basque fera ses valises pour traverser le Nord du pays cet été, mais il a en tout cas apporté du poids à sa candidature avec la prestation de son équipe. Si la révolution de l’effectif est également annoncée à Barcelone pour le mercato qui vient, Zubi aura forcément et attentivement décortiqué les probantes lettres de motivations envoyées sur la pelouse par Laporte, impérial devant Messi, et Aduriz, dont le profil correspond parfaitement au « Larsson » dont l’équipe aurait besoin.

 

En attendant, les notes sont déjà sorties. C’est par ici.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....