Le Barça doit-il vendre Messi ? (partie 1/2)

A la une, à la deux, à trois... Les pieds dans le plat, à pieds joints... La question qui fait sauter au plafond. Mais qu'il n'est pas incongru de se poser. Il n'aura échappé à personne que le Barça vient de casser le chéquier pour Luis Suarez, un an après avoir déjà saigné sa CB pour rameuter Neymar sur la Rambla. A la sortie de sa saison la plus décevante (même si tout est relatif) et certainement la plus inquiétante, Leo Messi pose question. Et si la meilleure solution était de vendre la pépite ? Argumentation point par point...

 

Peur qu'on lise sur les lèvres ? Leo Messi va trop loin et se cache la bouche même lorsqu'il se parle à lui-même...
Peur qu'on lise sur les lèvres ? Leo Messi va trop loin et se cache la bouche même lorsqu'il se parle à lui-même...

 

Quel Messi ?

 

C'est évidemment LA question qu'il convient de se poser, et qui mériterait d'aller derechef allonger un bifton sur le naperon de table de Madame Irma. Depuis le printemps 2013, et son premier pépin physique au cuissot face au PSG, la Pulga a embarqué son niveau de performances sur des montagnes russes, dont il est bien difficile de cerner la cause, tout autant que d'estimer la sortie du tunnel. Outre les blessures et rechutes, les nausées et vomis en pleine pelouse, le Leo de ses derniers mois a perdu son coup de rein. Celui qui lui permet de faire la diff' à tout moment. Et donc de faire oublier qu'il marche depuis une bonne demi-heure. Son retour mi-figue en Janvier laissait penser qu'il gardait sa pleine moelle pour les grosses échéances. Son Clasico au Bernabeu avait accrédité cette thèse, avant qu'elle ne vole en éclat lors de la finale de Copa, et des matches couperet de Champions et de Liga. Objectif suprême NTM de sa carrière, même la Coupe du Monde, même la finale, n'ont pas réussi à l'extraire de ce flagrant moins bien athlétique qui le rend prisonnier. Ou qui le rend, tout simplement, banal.

Ses 12 derniers mois inquiètent, donc. On peut même légitimement penser, vu tout ce qu'il a déjà donné, que le meilleur Lionel Messi est derrière nous. Reste à savoir si le D10S de demain, et des 4-5 ans qui viennent, nous promet un rendement à 90, à 50 ou à 10% de ce à quoi il nous a habitué. Dans le premier cas de figure, strictement sportivement, son futur au sein de l'équipe ne suscite pas le moindre battement de cil. Dans le cas contraire, on est en droit de se demander si ce n'est pas le bon moment de le vendre (et s'éviter ainsi un pesant quotidien de questions et déceptions). Ses périodes d'absence la saison passée sont passées comme du miel, sans que l'on entende parler de Messi-dépendance, et ont même semblé libérer les Neymar, Pedo, Alexis ou Cesc. L'hypothèse d'un futur Barça sans Messi n'est donc pas totalement farfelue...

 

De la compatibilité du trio MSN...

 

C'est de toute évidence l'autre grande interrogation de la saison à venir. Si Leo recouvre son meilleur niveau (ou pas, d'ailleurs...), il va devoir partager le front de l'attaque avec Neymar et Suarez. L'an passé, on ne peut pas dire que sa relation technique avec Junior ait sauté aux yeux, même si à leur décharge, leur temps de jeu commun a largement souffert de leurs chassé-croisé à l'infirmerie. Jusqu'à présent, Ney est toujours apparu bien sagement dans l'ombre et au service de Sa Majesté. On peut légitimement penser que le Brésilien ne se contentera pas éternellement des seconds rôles, surtout s'il hisse son niveau de jeu sur ce qu'il a laissé entrevoir en Coupe du Monde (jusqu'à ce que Zuniga n'appuie un peu trop son massage Thaïe sur le bas de ses lombaires). En routier aguerri du haut niveau européen, Suarez ne viendra pas non plus pour porter la cuillère de soupe aux lèvres de la Pulga...

Avant de parler d'organisation tactique entre ces trois-là, il faudra donc que chacun mette une peu de flotte dans son ballon de pinard, histoire de faire passer le collectif avant sa petite ligne de stat' perso. Et sur cette question, Messi est certainement celui qui doit faire le plus gros effort de remise en question. Et accepter que le jeu tourne un peu moins autour de lui que par le passé. A voir donc, si la raison et l'intelligence arrivent à prendre le pas sur l'ego... Dans le jeu, Leo gagnerait certainement à revoir son hégémonie à la baisse, histoire de pouvoir profiter d'une attention défensive focalisée sur trois joueurs, plutôt que sur ses seules godasses (qui seront dorées l'an prochain, au passage).

La triplette qui s'annonce a donc de quoi faire salement saliver l'afición, mais le risque d'implosion reste conséquent. Si le rapport de force se cantonne à la guéguerre des egos, l'équipe en sortira forcément perdante... Et la solution la plus rapide pour couper court au problème resterait certainement de vendre une des trois têtes. Et on ne parierait pas sur les recrues phares des deux derniers mercatos...

 

Inflation salariale

 

Messi est le meilleur joueur du monde, il mérite donc le plus gros salaire de la planète foot. Le raisonnement est bien connu, souvent repris par la Direction du club, et il n'est pas  nécessaire d'avoir fait Polytechnique pour en comprendre la logique. Le souci de ce théorème, c'est qu'il est également appliqué, moyennant d'autres facteurs, dans le blanc club de la capitale. Le père Perez estime avoir aussi en CriCri le meilleur joueur du monde, et veut lui offrir le plus gros lingot.

Dans la droite ligne des susceptibilités proches du ridicule que les deux derniers Pichichis affichent dans leur course au Ballon d'Or chaque année, leurs caprices se répercutent en bas de page sur leur fiche de paie... Et leur club respectif, désireux de ne pas froisser leur vedette, d'entrer dans les rouages du mécanisme et d'en accélerer le fonctionnement. Messi et Ronaldo poussent tous les 6 mois la porte du bureau présidentiel, pour un peu de reconnaissance à 17, 18 ou 20 M€ la saison. Sous peine d'esprit grognon et de rumeur de transfert à Manchester ou au PSG. Le jeu du chat et la souris est incessant, et on se demande où il va s'arrêter. Leo palpe aujourd'hui une double dizaine à l'année, ce qui envoie déjà son pesant de pistaches. Avant qu'il ne vienne (lui ou son gentil papa) demander une rallonge de 5 millions à Noël, sans pour autant prolonger le contrat, il sera peut-être temps pour le club de faire un calcul rapide, pas non plus inaccessible aux non-Polytechniciens, et de se dire qu'il est des économies de salaires qui soulagent ostensiblement la colossale masse salariale du club.

 

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