Le Barça doit-il vendre Messi ? (partie 2/2)

Suite à la première partie parue hier, voici la suite et la fin de notre polémique sur le bien-fondé, ou pas, d'un départ de Leo Messi...

Logique d'entreprise

 

250 M€... La valeur de la clause libératoire du lutin. Un tas de piécettes qui correspond, à quelques liasses près, au montant de la dette du club, ou à la moitié de la facture annoncée pour la rénovation du Camp Nou.

Sandro Rosell a toujours été clair, il ne serait pas le président qui vendrait Lionel Messi. Même si le pourquoi de sa démission n'est pas à chercher du côté de l'Argentin, on pouvait peut-être déjà y voir un indice. Sandro parti, une porte s'ouvre. Pour impopulaire qu'elle soit, la Junta Directiva fait face à une décision qui pourrait graver l'avenir du club dans un marbre plus ou moins solide. Que faire si un club, quel qu'il soit (à condition qu'il ne soit pas Blanc...), pose sur la table ledit chèque à neuf chiffres ?

Interrogé sur le sujet un soir de printemps sur un plateau Canal, Jean-Louis Triaud, Girondin de sommet du Haillan, n'esquissait pas l'once d'une hésitation. Lui Président, il vend Messi, et il le livre en chaise à porteur s'il le faut. Dans une logique de chef d'entreprise, un transfert de ce montant, c'est le coup du siècle, et il est quasi criminel pour la santé financière d'une institution de passer à côté. On est en droit de voir le foot sous un jour plus romantique et moins libéral, mais on ne peut que hocher la tête d'approbation sur un point ; il va falloir attendre un moment pour voir un jour une opportunité de transfert à cette hauteur. (Pour la santé économique du foot et pour des questions de décence, il serait d'ailleurs bon que ça n'arrive jamais...).

Se pose alors le cas de conscience, le club doit-il vendre, au risque de bafouer définitivement son identité Més Que (qui avouons-le commence à être bien entamée) pour succomber aux lois de la logique économique ? Les dirigeants, au-delà du soutien inconditionnel qu'ils se doivent de témoigner à leur joueur, ne peuvent pas faire l'impasse sur la question de son niveau pour les années à venir. Si, comme on le craint de plus en plus, Leo est déjà sur la pente descendante de sa carrière, comment justifier se priver d'une telle rentrée d'argent, pour au contraire continuer à lui verser une salaire aussi mirobolant qu'en exponentielle croissance ? Et dans le pire des scenarii, si Leo devait passer plus de temps chez le kiné que dans les surfaces de réparation (OK, d'une certaine façon, la table du kiné est une surface de réparation... mais ne jouez pas sur les mots), comment ne pas regretter de ne pas avoir fait le choix, difficile sentimentalement, qui s'imposait dans une logique durable.

Car c'est bien de perennité qu'il est question. La carrière de Messi, son apport probable au quotidien de l'équipe, dépasse difficilement, au mieux, 6 à 7 ans. L'héritage financier d'un transfert, en comblant la dette ou en finançant une grande partie du stade, assurerait les arrières de l'entité Barça pour plusieurs décennies.

 

Si l'on se focalise sur le côté pile, Messi n'est pas non plus à considérer seulement comme un gouffre à monnaie pour le FCB. En terme d'impact publicitaire et de ventes de maillots, Messi et Neymar représentent ce qui se fait de mieux ou presque dans le monde (histoire de contrebalancer ce potentiel commercial, le Barça a donc recruté cet été le joueur le plus sulfureux et le plus haï de la planète. Habile. Ou pas.) Evidemment, la Direction sait au centime près, mieux même que Jordi Cases, ce que lui coûte et ce que lui rapporte D10S chaque saison. Ce qui lui permet certainement de mieux peser le pour et le contre d'un exfiltration de la star Argentine vers d'autres pelouses Européennes.

En grattant au rayon fantasmes, on pourrait également avancer le rôle de Nike, qu'on suppose plus enclin à voir son poulain Brésilien à crête blonde comme tête de gondole Blaugrana, mais nous n'irons pas jusqu'a penser que la Virgule oeuvrerait pour pousser Messi et ses chaussures à trois bandes vers la sortie. La théorie du complot a ses limites...

 

Révolution dans l'effectif

 

Sans grimper sur les barricades ni partir au front baïonnette à la main, bonnet phrygien vissé sur le crâne, le triumvirat Barty-Zubi-Lucho a néanmoins bougé pas mal de meubles, dans un début de révolution de palais à Can Barça. Puyol et Valdes sont partis, traçant la voie à une sortie, dans 10 jours ou dans 10 mois, à Dani Alves et Xavi. Si la révolution est en marche, pourquoi l'arrêter à moitié chemin ? Pourquoi ne pas pousser plus loin la logique, et faire table plus rase encore d'un passé récent aussi glorieux que lourd à assumer pour les saisons qui se profilent.

S'il existe un doute sur le rendement de Messi, pourquoi ne pas directement donner les clés du 38 tonnes à Neymar, et la carte grise à Luis Suarez ? De ce côté là, la balle est dans le camp (ou dans le barillet) de Luis Enrique. A lui de nous rendre le Messi qui marche sur l'eau, et de coudre un système de jeu sur-mesure pour que ses trois talents bruts s'expriment à 100%. Ou à lui de faire tomber la sentence, et de pousser la Pulga vers l'aéroport d'El Prat.

 

The Decision

 

L'annonce d'un transfert de Messi aurait au moins le même retentissement que lorsque LeBron avait décidé d'exporter son talent du côté de South Beach. La direction se trouve donc face à la décision la plus importante de l'Histoire du club. La plus impopulaire et la plus engageante sur la pérennité de l'institution. Comme l'a professé un grand esprit appuyé sur sa canne, le choix sera à balancer entre le coeur, la tête et les couilles.

Le coeur crie de garder l'idole, de conserver les valeurs qui font de ce club ce qu'il est, une équipe avec une philosophie. Le coeur espère toujours un retour de flamme, une embellie sportive qui aujourd'hui n'a absolument rien d'inconcevable. Le coeur espère encore pouvoir convaincre la tête qu'on ne peut pas se passer de Lionel Messi quand il est à son meilleur.

La raison, elle, ne demande pas mieux, mais aimerait pouvoir s'appuyer sur une étude de probabilités pour jauger du retour ou non de la Pulga vers le sommet, vers ses standards. Parallèlement à cette vérité soumise à hypothèse, la tête se verrait bien prendre ce qui est sûr, et bâtir son futur sur les fruits récoltés.

Pour arbitrer ce choix cornélien entre le coeur et la tête, entre le sentiment et la raison, les crânes pensants du FCB auront en tout cas besoin d'une bonne paire de couilles pour arrêter leur décision.

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Commentaires: 4
  • #1

    mega (mercredi, 06 août 2014 18:33)

    Bon résumé du problème qu'est devenu Messi.
    Ca reste un problème que beaucoup de clubs aimeraient avoir.
    Même à 100%, la question se poserait mais là, il est quasi amorphe sur le terrain et demande des revalorisations à bout de champs sans se donner vraiment.
    Maintenant que la page blessure + CDM est tournée, j'espère qu'il reviendra à son meilleur niveau même si j'ai du mal à y croire.
    A Luis Enrique de ne pas céder à ses caprices et de faire briller ensemble le nouveau trio d'attaque.

  • #2

    blograna (mercredi, 06 août 2014 18:43)

    On va voir la vérité du terrain sur la saison, de toute façon la question d'un transfert pourra se reposer lors du mercato 2015.
    Sa cote restera toujours élevée, mais on peut se demander ce qui se passera si cette saison Neymar et Suarez sont plus décisifs que Leo. Déjà dans l'attitude de Messi, dans le comportement du Barça à son égard, dans son attractivité pour d'autres clubs... Espérons qu'il ne plonge pas et qu'il nous évite une fin à la Ronaldinho.

  • #3

    bopillo (jeudi, 07 août 2014 13:50)

    Peut-être que le garçon aura l'intelligence et la lucidité de se dire que s'il veut gagner des titres, il a tout intérêt à rester au Barça mais que pour avoir une bonne équipe, il ne faut pas qu'il brûle à lui tout seul la masse salariale ?
    En NBA, c'est comme ça qu'à réfléchit Tim DUNCAN et, aujourd'hui, c'est le joueur qui a la carrière la plus exceptionnelle de l'ère post-Jordan.

    Même à 50 %, Messi pourrait sûrement devenir le sidekick le plus prestigieux de l'histoire s'il accepte de jouer le jeu sur le terrain et sur son compte en banque...

  • #4

    blograna (jeudi, 07 août 2014 16:28)

    Les titres, comme l'argent, il les a déjà gagnés. Reste à savoir aujourd'hui entre les 2, ce qui le motive le plus (à noter que le Fisc lui court après, et a priori ce ne sont ni les Ballons d'or, ni les Champions League qui les intéresse). Y a pas de Salary Cap dans le foot, les équipes se construisent pas directement en fonction de la masse salariale. Cette masse salariale, c'est le problème du club, pas le sien, on a plus ou moins compris que ce qui l'interesse, c'est d'être mieux payé que Ronaldo.

    Adopter une attitude à la Duncan, accepter de se mettre en retrait ou au moins au service du collectif, pour redevenir une équipe capable de gagner la Champions, ce serait l'idéal. On devrait rapidement avoir une idée sur la question...

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