Nouvelle donne

L’arrivée de Luis Enrique sur le banc laisse entrevoir un changement radical dans la façon de manager. Plus proche de van Gaal que de Guardiola, l’Asturien est déjà dans l’optique de renouveler sensiblement un club sclérosé depuis deux saisons.

« Cette saison, il y aura une compétition féroce. » C’est par ces mots –simples- que Luis Enrique, lors de la dernière conférence de presse de l’avant-saison, a décrit ce qui s’apprête à être sa première saison comme entraîneur du FC Barcelone. Celui que Joan Maria Bartomeu a qualifié de « recrue la plus importante de la saison » est, véritablement, l’inconnue d’un Barça en quête de renouveau plus que de rachat. Ce dimanche, sur les coups de 21h, lorsque la saison catalane sera lancée, l’Asturien sait, pourtant, qu’il sera déjà sur la sellette.

Choix de Zubizaretta la saison passée après le retrait de Tito Vilanova, l’ancien numéro 21 blaugrana avait vu, finalement, Tata Martino lui ravir le poste dans la dernière ligne droite. A l’époque, « Lucho » comme il est surnommé venait de s’engager avec le Celta Vigo après une expérience mitigée à l’AS Roma où, dit-on, sa relation avec Francesco Totti avait vite fait d’entériner son espérance de vie en Italie. A l’époque aussi, on avançait que personne n’était dupe : au moindre coup de fil venu de Barcelone, il n’hésiterait pas une seconde.

C’est finalement au printemps dernier que son arrivée en Catalogne s’est dessinée. Tata Martino ne parvenant pas à donner un second souffle à l’équipe, après une première partie de saison néanmoins réussie, la candidature de Luis Enrique a rapidement gagné en poids. Il arrive après une saison quasi-vierge de titres, et prend la tête d’une équipe profondément remaniée. On n’avait pas connu pareil changement de vestiaire depuis l’été 2008 et l’arrivée d’un certain Pep Guardiola. L’augure est bon.

Pourtant, rien ne semble lier les deux hommes dans leur manière de coacher, à part peut-être un gout pour le travail bien fait. Luis Enrique arrive à la Ciutat Esportiva tous les matins à 7h, une heure avant ses collaborateurs. Il n’y aura aucun écart de comportement toléré, et certains cadres ont déjà –justement- été recadrés concernant leur attitude de la saison dernière. Une manière de dire que, même depuis Vigo, Luis Enrique a suivi la chronique des vestiaires du Camp Nou. Pour le reste, si les principes de jeu sont comparables, le Barça de Lucho ne sera pas celui de Pep.

Pourquoi donc ? Simplement car Luis Enrique n’accepte pas de modèle. Ce fut le cas à la Roma, club trop marqué dans ses principes pour lui. Au Barça, pourtant, il sait qu’il ne pourra pas changer le dogme. Il s’est donc attaché à changer la seule chose qu’il pouvait changer : les acteurs. Pour la première fois depuis belle lurette, le Barça a recruté un défenseur central, poussant même la provocation à en recruter un deuxième dans la foulée (Mathieu, Vermaelen). Il s’est aussi décidé à donner les clés de son jeu à un joueur non-formé à la Masia (Rakitic). Enfin, il s’est offert une nouvelle star à prix d’or, pourtant en plein dans la tourmente après un coup de dent puni à coup de hache (Suarez). Les changements sont donc abrupts, brutaux, pas encore radicaux mais pour le moins orientés. Nouveau Barça ? Nouvelle donne. 

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