Barça-Athletic : Jour de revendications

Liga BBVA, 3ème journée : FC Barcelona - Athletic Club 2-0

Estadi Camp Nou - Buteur : Neymar (78', 83') / Passeur : Messi (x2)

En ce week-end prolongé de Diada, le Barça de Luis Enrique a profité de la réception de Bilbao pour diffuser divers messages, à différents étages. Le club, en habillant ses joueurs de la tenue « nationale » Catalane, avait allumé la première mèche sur le terrain politique. Le public, dont le tifo laisse planer peu de doutes sur ses convictions. L’équipe, seule à 9 points en Liga,  a déjà rédigé sa candidature spontanée pour le titre. Les stars, enfin, ont prouvé qu’elles avaient à cœur de faire oublier la saison passée.

Photo : Manu Fernandez/AP - sport.pl
Photo : Manu Fernandez/AP - sport.pl

Ce samedi s’annonçait chargé. De connotations politiques tout d’abord. Deux jours après une marche impressionnante dans les rues de Barcelone, manifeste pour un référendum indépendantiste, le Barça avait décidé de sortir sa tunique la plus engagée, quatre bandes sang imprimées sur fond or, pour marquer le coup. Et ne pouvait rêver d’adversaire plus enclin à sa cause que l’Athletic, qui s’est donc fendu pour l’occase de sa tenue Euskadi.

Chargé d’enseignements au niveau sportif aussi, puisque les quatre équipes ligueras engagées en Champions se rencontraient. Barça-Athletic avant le derby madrilène du soir, ou l’occasion grandeur nature d’étalonner les forces vives du Championnat.

Pas vraiment empêché de dormir par un trêve internationale qui aura au final impliqué peu de ses joueurs, Luis Enrique disposait de quasiment tout son effectif pour composer son onze. La confirmation de Bravo dans la cage est envoyée dans l’anonymat par les surprises de sa ligne défensive. Piqué et Alves, en chasubles, regarderont donc Masch et Montoya débuter la partie aux côtés de Mathieu et Alba. Le triangle du milieu reste inchangé par rapport aux deux premiers matches. Tout comme la ligne d’attaque, alors que l’on pouvait imaginer Neymar démarrer, à la place de Munir ou Pedro. Selon certains médias, Alves, Piqué et Neymar auraient ainsi « payé » leur soirée au Palau Sant-Jordi en compagnie des quasi-stars NBA de Team USA. Des joueurs présents sur place le jeudi, seul Busi, parti à la mi-temps, figurait dans les starters. Il faut peut-être y voir la volonté d’Enrique de délivrer un message sur le professionnalisme attendu vis-à-vis de son groupe. Ou simplement le délire parano de quelques journalistes.

 

Mise à part la première action du match et ce centre de Beñat dans la surface prolongé par Bravo loin de tout danger, les Catalans réussissent leur entame. Ils confisquent le ballon, comme à leur habitude, mais proposent un mélange de séquences subtiles et de pertes de balles prématurées. Fait notable tout au long de la rencontre, qui explique aussi en partie le déchet technique, une volonté quasi systématique de se projeter très rapidement vers l’avant. On peut aussi lire dans cette verticalisation le choix de titulariser un profil tel que celui de Rakitic à la place d’un Xavi. Très mobiles et en constante permutation sur le front de l’attaque (là également un engagement tactique notable du Barça de Luis E.), la triplette Messi-Pedro-Munir est souvent alertée, et trouvée, en première intention. Les delanteros profitent donc des espaces qui leur font si souvent défaut depuis des lustres, dans une équipe dont les redoublements de passes laissaient aux défenses le temps et le loisir de se replacer. On attendra un peu avant de tirer des conclusions sur le style Luis Enrique, en se rappelant qu’il y a un an, on encensait el Tata Martino, son jeu plus direct et son turnover gagnant, jusqu’à ce que le château de cartes prenne un coup de vent à partir de février.

A la baguette, en ballade dans les intervalles (et non les 'intervaux' comme l'a confirmé hier 10apg), Leo poursuit sa bonne période, dans la lignée des premiers matches, dans un registre très souvent orienté vers le collectif. A ses côtés, Munir est à son aise, malgré quelques mauvais choix et un brin de précipitation dans le dernier geste. Pedro a lui plus de mal et confirme son entame de saison claudiquante. Iniesta et Rakitic un peu en dedans (l’un dans l’activité, l’autre dans l’utilisation du cuir), l’animation passe beaucoup par les côtés, sous l’impulsion des latéraux. A gauche, la performance d’Alba va suivre une courbe exponentielle jusqu’au coup de sifflet final, notamment au prix d’un second acte tout feu tout flamme. Comprendre tout en débordements et en centres pertinents. La substentifique moëlle de ce que l’on attend des arrières d’aile, en somme, et l’exact contraire de ce que produit Dani Alves depuis des mois. A sa place samedi, Montoya a comme à son habitude rempli la moitié du contrat, en poussant plus loin dans la défense adverse ses incursions, mais en galvaudant la majorité des bons ballons qu’il se procure. Mais au choix, on préfèrerait voir Enrique miser sur le canterano, histoire de lui donner vraiment sa chance. Et pourquoi pas de pousser Alves à une nécessaire remise en question.

 

Souverain dans le jeu et relativement serein quant à la protection de ses arrières, le Barça, inspiré, va longtemps buter sur Iraizoz autant que sur ses propres imprécisions dans les derniers gestes… Pedro (au terme d’une phénoménale action de 80 mètres), Munir et Rakitic feront tour à tour chauffer les gants de Gorka le basque, à défaut de faire claquer les mains de leurs supporters. Le retour des vestiaires semble avoir livré aux locaux les clés du verrou Bilbaino, puisque Munir prolonge du plat du pied gauche un centre au cordeau de Jordi à la 49ème. Peine perdu, le néo-international, pourtant derrière le ballon au moment de la passe, est pointé du bout du drapeau de touche par l’arbitre assistant. Il faudra attendre. Attendre de laisser passer quelques frissons sur des duels perdus par Piqué devant sa surface. Attendre l’entrée de Neymar, surtout. Virevoltant dès ses premières touches, le Brésilien permet aux culés de passer la troisième, notamment dans un couloir gauche en ébullition. Après quelques tentatives infructueuses, Ney finit par trouver l’ouverture du gauche dans un face à face avec Iraizoz. Junior peut remercier Messi pour l’offrande. Qui lui peut remercier Busquets, auteur de la transmission qui  a permis de casser les lignes basques. Busi qui n’oubliera pas de faire livrer des fleurs chez Aymeric Laporte, pour son aimable contribution, matérialisée par cette effroyable relance plein axe d’un pied gauche un peu ragoûtant. Le 0-0 rend les armes dans les dix dernières minutes, il était temps. Dans la foulée, Messi va s’énerver côté et droit et déposer toute la défense des Leones. 40 mètres d’un rush (dont il détient le copyright) plus tard, la Pulga joue les finitions de velours avec un centre en retrait de l’extérieur du gauche (certainement les trois orteils chers à Omar). Au point de péno, Njr11 se permet le luxe d’un contrôle avant d’ajuster la poignée d’opposants qui lui font face. En deux éclairs, pour les amateurs de highlights sur Youtube, ou en une probante demi-heure commune pour les aficionados de matches de 90 minutes, la doublette Leo-Ney a fait la diff’, et posé les bases d’une association amenée à semer la terreur partout où elle passera.

Victoire probante, lueurs d’espoir, le Barcelonisme avait déjà passé une bonne journée lorsque les pendules indiquaient 18h. Leur sourire ne sera que plus large dans la soirée, au terme d’une défaite des Livides dans le derby, qui les relègue déjà à 6 points des Blaugranas.

 

Pour la notation, c'est par ici.

 

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Commentaires: 1
  • #1

    blograna (lundi, 15 septembre 2014 22:10)

    Au rayon chiffrage, on peut aussi soulever 19.
    19, comme un but provoqué toutes les 19 minutes lorsque Messi et Neymar sont associés sur la pelouse.

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