Barça-Apoël : Suffisant(s)

Champions League, 1ère journée : FC Barcelona - Apoël Nicosie 1-0

Estadi Camp Nou - Buteur : Piqué (28') / Passeur : Messi

Vainqueur poussif d’un Nicosie aussi compact que quelconque, le Barça a, mathématiquement, idéalement lancé sa saison européenne, profitant du semi faux-pas parisien à Amsterdam. Pour le plaisir et le jeu, il faudra repasser, mais la réception des Chypriotes aura au moins eu le mérite de lancer dans le grand bain continental quelques nouvelles têtes.

Photo : Miguel Ruiz - fcbarcelona.com
Photo : Miguel Ruiz - fcbarcelona.com

 

Quoi de mieux pour entamer sa campagne que d’accueillir l’adversaire annoncé comme le plus faible du groupe ? Rien, non ? C’est certainement ce qu’a dû penser Luis Enrique au moment d’adresser à l’UEFA sa missive de 18 noms. Et tout pousse à croire que l’idée résonnait encore entre ses deux oreilles au moment de coucher 11 blazes sur la feuille de match. Car le FCB de mercredi soir s’est, a posteriori, certainement vu un peu trop beau. Mais difficile d’incriminer les joueurs quand le premier signal de suffisance est envoyé par le coach, coupable d’un palpable manque de respect pour son adversaire Chypriote. Le concept de départ, s’il n’était certainement pas d’aligner une équipe bis, ressemblait au minimum à recourir à une composition mixte, sorte de ratatouille de joueurs confirmés et de blancs becs à laquelle il aura certainement manqué des épices ou toute autre sorte d’assaisonnement. L’alineacion de Lucho posait question avant le coup d’envoi, et plusieurs points d’interrogations ont survécu à la soirée. Ter Stegen, qui s’inaugurait officiellement comme culé, était-il un titulaire ponctuel dans un match (visiblement) laboratoire, ou sera-t-il le propriétaire du poste dans toute la compétition (dans un fonctionnement responsable de dommages colatéraux l’an passé dans la Maison Blanche) ? La volonté de faire tourner n’explique pas tout, le retour d’Adriano après la détection de son souci cardiaque, par exemple, peut interroger. Surtout, Enrique a bombardé ensemble Samper, Xavi et Sergi Roberto, eux qui cumulaient péniblement une mi-temps de jeu effectif à eux trois.

 

Un choix que les Catalans vont payer tout au long de la partie. Opposés 90 minutes durant à un mur jaune (pas la Grande Muraille de Chine… plutôt l’épaisse murette de Chypre), les locaux vont payer la lenteur, le manque d’initiatives et de créativité de leur trident du milieu. Si l’ambition de la passe sécure est recevable pour Sergi Samper compte tenu de son état (de sentinelle, s’entend), celle-ci est beaucoup moins défendable pour ses deux compères. Obnubilés par l’idée de ne pas perdre la gonfle, Xavi et Roberto ont basculé dans l’excès inverse, servant de relais au circuit essuie-glace opéré par le ballon, d’une aile à l’autre et retour à l’envoyeur, sans prise de profondeur. Ni l’un ni l’autre n’ont su (ni même tenté de) provoquer un décalage par un dribble ou une passe à même de casser une ligne de l’échiquier Chypriote. Le Barça aperçu samedi face à Bilbao offrait un visage séduisant, le fruit d’une transition ultra-rapide vers l’avant, avec du déchet certes, mais qui permettait d’alimenter les attaquants avant un repli défensif adverse conséquent, et donc leur offrait une certaine liberté. A l’inverse, le rythme de tortue imposé mercredi complique un peu plus encore l’équation, difficile et pourtant bien connue au bataillon, de l’attaque face à ces deux lignes compactes. Caricature de son propre jeu, Xavi a passé sa soirée à décaler un Dani Alves quasi-arrêté, qui lui rendait immédiatement la balle pour expédier le lent tango de l’autre côté de la pelouse. Quant à Sergi Roberto, en cherchant vraiment à trouver le verre à moitié plein (enfin, là, on serait plus sur du quart de verre…) on pourra mettre en avant sa disponibilité, mais lui non plus n’a pris aucun risque, et n’a donc pondu aucune action de notable. A leur décharge (quand même, on va essayer de leur trouver un petit quelque chose), les maestro en déficit d’inspiration n’ont pas croulé sous le poids des solutions offertes par leurs petits camarade. Au premier rang desquels les latéraux, Alves et Adriano, n’auront été que la pâle copie de ce que Montoya et surtout Alba ont produit face à Bilbao. On a assez critiqué Alves pour ses centres « à la Willy » des 30 mètres pour ne pas remarquer que la tendance avait désenflé. Hélas, sa relation avec Munir a flirté avec le néant, et ses prises de profondeur n’ont pas été assez nombreuses pour pouvoir en parler au pluriel. Dani, s’te plaît, entre dans cette p***** de surface !!! Adriano, à l’opposé n’en a pas fait beaucoup plus, même s’il a semblé monter en régime au cours de la rencontre (normal pour quelqu’un qui revient après avoir frôlé la période d’invalidité).

Munir en mode Ghost Busters, seuls Neymar et Messi ont cherché à combiner, à créer des différences. Ensemble… Si leur association pose question depuis 12 mois, la tendance actuelle serait à l’effet inverse, se cherchent-ils trop au détriment des autres ? Difficile à juger sur le match de l’Apoel, puisque le reste de l’équipe était trop loin du niveau exigé par la Champions pour pouvoir prétendre avoir été « carré » par la paire de rêve. Engoncés dans la défense jaune (Neymar a connu plusieurs prises de balles où 7 joueurs lui barraient la vue de Leo), les deux re-sta ont vite compris que la mutualisation de leur potentiel porterait l’équipe vers le haut. Ce sera systématiquement de leurs fulgurances que viendra le danger. Malheureusement (surtout pour ceux qui avaient aligné Junior dans leur équipe UCL Fantasy…), aucun des deux ne trouvera le chemin du but. Dans la morne soirée, l’aficion remerciera au moins Ney pour sa gourmandise de fin de rencontre, un grand pont en une touche à l’entrée de la surface qui aurait mérité une finition plus définitive (ce qui le distingue donc nettement d’un massage à la frontière espagnole).

 

A l’heure du bilan, seul Piqué, on s’en serait douté, aura eu le Chypre chaud (désolé, mais on était obligé de la faire), d’une tête victorieuse au point de péno. Un but qui permet à Gégé de se refaire la cerise dans un début de saison où la concomitance de ses prestations mi-figue, de la concurrence nouvelle et ses propos sur l'indépendance de la Catalogne l’avaient fragilisé. Un but qui permet également à Messi de soigner sa boite à passes déc’, puisque c’est lui qui avait déposé le cuir dans l’arc de cercle temporaire de mousse à raser subtilement dessinépar l’homme en gris.

 

En mal d’intensité, ou tout simplement en manque de ses titulaires, le Barça a donné un spectacle inversement proportionnel au visage sexy du Madrid de la veille, créatif au milieu et en mouvement devant (au moins pendant 20 minutes, en tout cas). Si la soirée s’est avérée frustrante sur le contenu, le décompte mathématique est plutôt flatteur. D’une part, l’équipe poursuit sa série de clean sheets (merci à M.A.T.S pour sa claquette et à Dani pour son sauvetage en fin de match), et surtout, grâce au nul concédé par Paris à l’ArenA, le FCB comptait ce jeudi matin une avance bonne à prendre d’une paire d’unités sur le PSG, avant de se rendre à Paris, où tout autre résultat qu’une défaite Catalane serait la perspective d’un futur doré dans cette poule. 

 

La notation a d’ores et déjà pondu son verdict, ici même.

 

Evidemment, comme ça, on aurait plus de buts...
Evidemment, comme ça, on aurait plus de buts...

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