Barça-Grenade : Le banquet après la disette

Liga BBVA, 6ème journée : FC Barcelona - Granada C.F. 6-0

Estadi Camp Nou - Buteurs : Neymar (25', 44', 65'), Rakitic (42'), Messi (61', 81') / Passeurs : Messi (x2), Dani Alves

Nous avions laissé le Barça indigent à Malaga, on l’a retrouvé pétillant ce samedi pour la réception de Grenade. Inspirés et soutenus par l’aimable participation de la défense visiteuse, Messi et ses copains ont soigné leur capital confiance avant le déplacement que tout le monde attend, mardi, porte d’Auteuil.

Photo : Miguel Ruiz - www.fcbarcelona.com
Photo : Miguel Ruiz - www.fcbarcelona.com

Dans la semaine, alors que mercredi allait se fondre en jeudi (vers minuit donc), les aficionados de la maison Blaugrana prenaient la direction de leur oreiller avec l’amère impression d’avoir perdu leur soirée. Rupture brutale avec un début de saison probant, la prestation de Malaga s’est largement enfoncée en dessous du seuil de pauvreté. Si la qualité de jeu se mesurait comme le PIB, le Barça aurait donc reculé derrière le Bangladesh au classement mondial. Outre la sensationnelle statistique de 0 tir cadré dans la rencontre (penser à consulter le doc de jesuispuceau.com), les ouailles de Luis Enrique se sont distingués par un manque de mouvement, d’envie, de grinta. Et donc, en toute logique, de résultat. Seules embellies, la cage de Bravo restée intacte et l’impact confirmé de Jordi Alba sur son aile, preuve qu’il figure aujourd’hui dans le top 3 des solutions offensives culés. Pour le reste, la volonté (affichée depuis le début de saison) de jeu long des centraux vers le latéral opposé s’est progressivement transformé en coups de sandale devant pour se débarrasser du ballon. Le FCB a donc plus que bégayé son futbol, avec une lenteur et un déchet sidérants dans l’entrejeu, et une animation de l’aile droite proche de la blague. La trouille au ventre comme un puceau un soir de première (décidément…), Douglas a passé sa soirée à rejouer ses ballons vers l’arrière, soit le niveau zéro de la prise de risque. Comme un livret A, sauf que le Brésilien, lui, n’a même pas rapporté 1% d’intérêt. Bref, une soirée à oublier dans les grandes largeurs.

Arrivait donc, coincé entre cette purge nauséeuse et l’évènement parisien, le match du rachat face à Grenade. Pour l’occasion, Alba, Piqué et Pedro appréciaient la rencontre depuis les tribunes. La doublette MaschThieu occupe l’axe, et Adriano le couloir gauche. Au milieu, première au coup d’envoi cette saison, Xavi récupère la place et le brassard d’Iniesta. Devant, Munir est préféré à Sandro. Sur le pré, le jeu historique est préféré au néant de la Rosaleda, mais en jouant très haut les Catalans s’exposent aux contres des bleu-ciel d’un soir. Si Mathieu et Mascherano coupent judicieusement la plupart des trajectoires, Claudio Bravo tremble quand même dans son calebard sur la première énorme occasion de la partie. Sauvé par sa barre sur un plat du pied d’El-Araby, la soirée du gardien Chilien s’est arrêtée dès la 5ème minute (comme celle dupuceau pour sa première). Il s’en est donc retourné à la sieste. Une sieste qui dure depuis 6 matches maintenant. Narcoleptie quand tu nous tiens.

Elégant mais relativement peu dangereux, ce qui en fait l’antithèse du virus Ebola, le Barça va être véritablement lancé dans la partie par un cadeau de la défense Andalouse. Pour l’ouverture comme pour la clôture de la marque, par Neymar puis Messi, l’attaque Barcelonaise va s’appuyer sur la complaisance de l’arrière garde Grenadine, celle qui est assortie au cœur de Laurent Voulzy. Mais pour qu’un atermoiement défensif se transforme en but, encore faut-il que les attaquants soient au pressing, et ces deux buts sont l’indéfectible reflet de l’agressivité retrouvée des Catalans sur le porteur de balle. A part ça ? A part ça, le contenu confirme que c’est quand même mieux lorsque Xavi joue aussi de façon verticale, lorsque Rakitic se projette dans la boîte, lorsque Dani Alves pousse ses actions au-delà de la ligne virtuelle des 25 mètres. Encore à tâtons à 0-0, le FCB devient inarrêtable une fois devant au score. Caparros, qui espérait certainement rentrer aux vestiaires avec un but de retard, va expérimenter la version « sens figuré » du Ice Bucket Challenge, puisque son escouade va s’écrouler dans les trois dernières minutes en encaissant deux nouveaux grains, tête décroisée de Rakitic et plat du pied de Ney dans le but vide. A chaque fois, Messi est à la baguette. Relativement discret dans ce premier acte, l’Argentin confirme que dans ces affrontements face à des équipes de ventre mou, il fait la différence à chaque fois qu’il le décide. Mais donc, cette année, il ne fait pas cette différence tout seul, il la fait pour les autres (ce qui était déjà le cas auparavant, mais cette fois les passes sont plus nombreuses que les buts, dans un rapport 1/3 – 2/3 inversé).

Une impression qui va persister au retour des citrons, puisque la Pulga va être impliqué, encore, sur les trois buts qui seront inscrits par son équipe. S’il plante le dernier d’un slalom d’opportuniste, comme déjà mentionné, les deux pions précédents portent le sceau de l’ADN Barça. 4ème de la série, le but de la tête de Leo est même estampillé « Grand Epoque Guardiola », transversale profonde de Xavi dans la surface pour Alves, qui dépose la gonfle en une touche sur l’occiput de D10S au second poteau. De l’orfèvrerie, tout comme le but N°5, celui sponsorisé par Chanel, jeu en triangle Adriano-Xavi pour Messi en débordement à l’intérieur du rectangle. El Diez sacrifie sa position de frappe au profit d’un caviar en retrait pour Neymar. 7ème passe décisive pour lui cette saison en Liga, et triplé pour le Brésilien (qui y est allé d’une samba et d’un signe de la main qui fleurent bon la dédicace à Ronnie pour son premier but dans le Championnat Mexicain). Les bons comptes font les grands génies. La victoire déjà scellée à la mi-temps offre à E., Luis de don prénom, le confort d’un turn-over qui cligne de l’œil vers le Parc des Princes. Rakitic et Busquets sont rapidement envoyés au frais, d’où Iniesta ne bougera pas. L’occasion également de voir (enfin) Mascherano utilisé dans sa position naturelle, en 6 devant la défense. Avec un impact saisissant dans les duels. Un banc d’essai pour le match du PSG ? On le découvrira mardi en fin d‘aprem.

Le contrat (et la valise de Grenade) bien rempli(s), l’équipe d’Enrique peut se projeter sereinement sur la Champions.

 

Les notes sont ici.

Et puisque quelques touches de finesse sont toujours les bienvenues, retrouvez la Blaugrana Académie et sa chronique moustachue, qui sent un peu l'écurie.

 

 

 

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