PSG-Barça : Lancinantes lacunes

Champions League, 2ème Journée : Paris Saint-Germain - FC Barcelona 3-2

Parc des Princes - Buteurs : David Luiz (9'), Verratti (25'), Matuidi (53') / Messi (10'), Neymar (55')  /// Passeur : Iniesta

Premier match de très haut niveau de la saison, et première défaite. Victime des insuffisances qui le mènent à sa perte depuis une paire d’années, le Barça a chuté à Paris. Coups de pieds arrêtés, défense surexposée, manque d’impact au milieu de terrain, les chantiers d’hier sont encore à l’ordre du jour. Pour aujourd’hui et pour demain.

 

Photo : M. Medina - AFP
Photo : M. Medina - AFP

Une 25ème minute au Parc où tout bascule. Déjà rappelé à l’ordre de ses vieux démons à la 9ème sur un coup-franc excentré, le Barça de Luis Enrique, en équipe avertie censée en valoir deux, va replonger dans ses travers à pieds joints, au terme d’une séquence qui résume les manquements de la soirée. Menée puis immédiatement de retour au tableau d’affichage, les Catalans étouffent le PSG depuis près de 10 minutes, et manquent de peu de prendre l’avantage sur une action du duo Messi-Neymar (ou « Memar », puisqu’a priori le mélange heureux « Neyssi » a été déposé à l’INPI, nous ne voudrions pas nous exposer à des démêlés judiciaires avec l’auteur de néologisme de bon aloi. Fernando, si tu nous lis, bien à toi…). C’est donc une équipe parisienne en recherche d’oxygène qui va profiter d’une succession de failles pour reprendre les devants, à un moment où elle n’était déjà pas mécontente de rester à égalité. Perte de balle grossière de Jordi Alba au milieu de terrain devant Lucas, qui un peu plus loin expose Mathieu à un un-contre-un avec Xav’ Pasteur, tout à sa joie de gratter un corner sur le coup. Et c’est donc sur ce coup de pied de coin, tiré au 3ème poteau sur un joueur de 1m65 qui ne saute pas, que le FCB s’accroche un nouveau boulet à la cheville, par la synergie d’une sortie ratée de son gardien et d’un marquage élastique distendu de sa défense. Encaisser un but sur CPA, soit, ce n’est pas la dernière fois que ça arrivera. En prendre un second un quart d’heure après, alors que le premier avertissement s’est déjà payé cash, c’est déjà plus difficile à avaler (d’autant plus qu’on ne peut pas ici parler de corner excellemment frappé sur le front d’un excellent joueur de tête arrivé lancé au point de penalty…).

Bref, cette 25ème minute confirme que la révolution, tout au moins au rayon des défauts, n’a pas (encore ?) eu lieu. Ce que l’on avait déjà pu observer une heure plus tôt lors de l’officialisation du line-up de départ, avec ce bon vieux 4-3-3, posé sur une charnière Mathieu-Mascherano, devant Ter Stegen qui devrait de fait rester le portero « européen ».  Comme déjà discuté dans notre aparté vidéo, la titularisation de Mascherano ne souffre aucune contestation, mais nous l’espérions au milieu de terrain. Avec le recul, les 1m92 de Piqué ou Bartra n’auraient pas été de refus sur les phases arrêtées, tout comme la présence du jefecito dans l’entrejeu, là où le Barça, en sous-nombre face la plupart du temps à quatre Parisiens, a pêché dans l’impact et la résistance au pressing adverse. Si Luis Enrique persiste et signe dans cet habituel 4-3-3 (dans les matches de très haute adversité, s’entend), il serait peut-être de bon ton d’envoyer « Bousquette » sur le banc, histoire de le piquer dans son orgueil. A son Zénith, le grand Sergi (à ne pas confondre avec les autres homonymes du milieu Barcelonais, Sergi Roberto, Sergi Samper, Sergi Pontoise, Sergi Le Haut, Sergi préfecture…) est imprenable balle au pied. Dans un petit soir, il a tendance à attendre une aide de l’arbitre, qui vient de moins en moins souvent et qui expose à chaque fois la charnière à un danger imminent.

 

C’est donc un fait, même si le scenario du match et la réussite de son équipe sur CPA l’ont bien aidé, Lolo White a gagné le bras de fer tactique face à son ancien collègue. L’homme qui a avalé sa touillette s’est rendu compte, ce qui n’était pas vraiment un exploit, que le danger culé viendrait plus probablement du côté Alba-Neymar que de son pendant Alves-Pedro. Comme certains de ses illustres prédécesseurs en tant qu’adversaire du FCB, Blanc a choisi d’abandonner les couloirs, surtout celui de Dani donc, pour densifier devant la surface. Une tactique payante vu le profil de l’attaque barcelonaise, mais qui pourrait bien devenir fragile avec la présence dans la surface d’un Luis Suarez. Nous en aurons le cœur net dès le match retour…

Paris a donc décidé de subir, ce qui est plutôt contraire à sa religion. Comme tout croyant qui enfreint les Grands Principes pour des questions de survie, la plaidoirie se défendra devant son prophète le jour venu… Bref, Paris a renoncé à ses idées directrices, certainement inspiré par les exemples polymorphes du Real ou de l’Atlético la saison dernière, capables de faire le jeu mais aussi d’accepter de laisser le ballon. A ce petit jeu, le PSG a excellé dans le pressing et la récupération, avec une transition très rapide qui transforme souvent un ballon volé en une situation chaude. Dans son rare temps de possession, l’équipe de Nasser a chaussé ses mocassins de gala, pour une tenue de bal(le) haute couture. A l’inverse, par la force des choses, la pression Catalane s’est organisée en ordre de plus en plus dispersé, avec un second rideau distant et plus vraiment occultant. Au contraire de leur rivaux du soir, les Blaugrana n’ont jamais enclenché derrière une récup’ pour se projeter à fond de 5ème vers le but de Sirigu.

Un couloir bloqué, l’autre stérile, un milieu en sous nombre, le Barça ne pouvait s’en remettre qu’au seul talent de sa paire d’attaque. Ce qui est déjà, en soi, un problème. Messi a réussi tout ce qu’il a tenté, Neymar a connu peu de déchet mais certainement pas assez de tentatives, mais on ne peut pas reprocher grand-chose au duo Memar, qui s’est quand même démerder avec quelques miettes pour planter deux grains. Deux grains qui, à l’extérieur dans un match de très haut niveau, devraient être suffisants pour ramener au moins un point…

Possédant encore les cartes dans ses mains pour accéder à la première place, les Catalans ont été remis face au chantier qui les attend par ce premier accident. Et c’est peut-être un mal pour un bien.

 

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