Au fait, on faisait quoi avant les tirs aux buts?

Aimé Jacquet, 8 juillet 1998, mi-temps de France-Croatie : « Et vous laissez tomber et vous attendez. Vous attendez qu’on jette la pièce en l’air. ». Au sein de la causerie la plus connue du foot français, Mémé lance une phrase que les plus jeunes auront du mal à comprendre, même s’ils la connaissent par cœur.


"Y a personne qui bouge, personne ne réagit, on est à 10 mètres, à morphe", Mémé
"Y a personne qui bouge, personne ne réagit, on est à 10 mètres, à morphe", Mémé

 

Juste avant que Lilian Thuram ne rentre sur le terrain pour lâcher le marquage de Davor Suker, le sélectionneur préféré des français et des Guignols de l’info fait appel à un usage désuet dans le football et qui peut paraitre aberrant aujourd’hui. Une époque sans séances de tirs au but, révolue depuis l’année 68 où trois matchs de compétitions internationales ont poussé le changement. Avant cette année-là, où Claude François ne chantait plus pour la première fois, deux alternatives s’offraient en cas de match nul.


La première des alternatives est simple, rejouer le match. C’est le choix que fait encore la FA pour sa sacro-sainte Cup, doyenne des compétitions à élimination. Une solution utilisée lors de la finale de l’Euro 1968, pour la seule et unique fois de l’histoire en finale de compétition internationale. En effet, l’Italie et l’Angleterre n’arrivent pas à se départager. Match d’appui deux jours plus tard où l’Italie viendra remporter le trophée.


Mais l’autre solution est encore plus loufoque, le tirage au sort. Bien avant celui d'aujourd'hui entre le Mali et la Guinée pour une situation de groupe improbable, l'affaire n'était pas si folle à l'époque pour des matchs éliminatoires. C’est d'ailleurs grâce à cela que l’Italie se qualifie en finale du même Euro 68. La demi-finale entre la Squadra Azzurra et la Tchécoslovaquie se termine sur un score vierge. Dans un calendrier serré, impossible de rejouer le match. La décision se fait donc par tirage au sort et les Ritals sont les heureux élus. Mais c’est un match d’un autre tournoi majeur qui fera changer le cours de l’histoire du ballon rond. En quarts de finale du tournoi olympique de Mexico, Israël se voit défait au tirage au sort par la Bulgarie. L’Israélien Yosef Dagan écrit alors à la FIFA pour proposer le concept : les deux équipes s’affrontent sur une série de 5 pénaltys chacun et plus si affinités. Bingo !


La première séance de tirs au but est remportée par Manchester United aux dépens d’Hull City lors de la Watney Cup, une compétition éphémère qui rassemblaient les deux meilleures attaques des quatre premières divisions anglaises (!!!). La nouveauté s’installe alors partout et dans toutes les compétitions officielles. L’Euro voit sa première séance en 1976, conclue par un certain Antonin Panenka, venant inscrire son nom au panthéon du sport, à côtés de Madjer et Fosbury. Pour la Coupe du Monde, il faudra attendre 1982 et une célèbre demi-finale à Séville. Et c’était déjà un 8 juillet…

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....