Athletic-Barça : Jour de Finale

 

16h, Estacion Norte. Une logistique de dernière minute m’a mené à arriver tardivement dans la cité comtale. Assez vite, le métro qui me rend place 'Catalunya' me donne un aperçu de l’ambiance. Des maillots rojiblancos ne cessent d'affluer dans la rame à chaque arrêt. Arrivé sur la place, impossible de tourner la tête sans apercevoir des Leones.

 

Après avoir tâté l’ambiance en centre-ville, je prends la ligne 3 vers le Camp Nou pour y retirer ma place. Sur les quais et dans la rame, les chants se succèdent. Les ‘Athletic’ répondent au ‘Barça’ dans un chant à deux voix. Puis elles s’unissent contre l’ennemi commun dans un poétique ‘Madrid se quema, se quema Madrid’ annonciateur de l’esprit politique qu’endossera l’avant-match. L’ambiance est cordiale, voire sympathique, entre supporters des deux clans. A ‘Espanya’, la communauté basque descend pour rejoindre sa Fan Zone, organisée à côté des fontaines de Montjuic.

 

Désormais, les wagons ne sont plus que blaugrana et sang et or. La nouvelle tenue 2015/2016 aux rayures horizontales  s'est déjà taillé une belle part dans la garde-robe culé. Après une halte à l’accès 15 pour récupérer le précieux sésame, direction la Fan Zone du Barça, installée sur les hauteurs de l’Estadi. Diverses activités sont proposées aux barcelonais pour occuper le temps jusqu’au coup d’envoi : concours de ola, de chant du barça et des jeux traditionnels basques. Pour ceux que ces activités n’attirent guère, une buvette sous chapiteau fait office de scène musicale pour entonner les chants de supporter et se chauffer le gosier.


 

Finalement, les deux hordes de supporters se rejoignent dans le stade à l’orée de la nuit. Sans conteste, la vague rojiblanca est plus importante, occupant bien plus de la moitié du stade. Dans une enciente fort colorée, le carré VIP, vêtu de costumes sombres, détonne. Dedans, le Roi Felipe VI va déchanter dès la première note de l’hymne. Le reste sera une bronca abasourdissante (calculée à 119dB, juste en dessous du seuil de douleur), largement aidée par 10 000 sifflets distribués par les indépendantistes catalans aux abords de l’Estadi. 17 minutes plus tard, le « In – Inda – Independencia » soutenu par une fresque d’esteladas renforcera le côté politique du match.

 

Passées ses hostilités envers le pouvoir central, le match peut commencer dans une ambiance passionnée, bien différente des matchs de Liga au Camp Nou. Le match à peine débuté, Balenciaga chahute Messi. L’attitude de l’Argentin change radicalement et il ne semble obnubilé que par une seule chose : humilier son vis-à-vis qui semble fan de son maillot et de ses chaussettes. La sentence de la 20ème minute va faire exulter le virage sud. Une minute de liesse, ou la joie de ce golazo se mêlera à une part d’incrédulité et de fierté d’avoir vécu ce moment de football en direct. Une allégresse qui ne retombera jamais vraiment, puisque le deuxième et le troisième but viendront conforter le score dans un match ou la grada culé n’aura jamais réellement tremblé.

 

En face, l’aficion rojiblanca reste fervente. Malgré une défaite prévisible, les écharpes s’agitent encore et le public basque donne de la voix, même après le coup de sifflet final.

 

Les célébrations peuvent donc débuter. Xavi et Iniesta, les compères inséparables montent seuls récupérer le trophée des mains du Roi. A leur descente, la traditionnelle photo commémorative lance les festivités. Le tour d’honneur se limite à la partie ‘blaugrana’ du Camp Nou mais va s’éterniser. Les joueurs multiplient les photos et selfies dans une joie communicative. A ce jeu, Gerard Piqué est le meneur. Après avoir découpé un bout des filets, comme ses collègues basketteurs, il lance une ola qui mettra cinq tentatives avant de fonctionner à sa convenance. Apparemment, les hinchas n'avaient pas assez travaillé l'execice dans la Fan Zone...

 

Le stade mettra longtemps à se vider avant que le convoi ne se déplace, pour une partie, vers le haut des Ramblas et Canaletes. Lieu de rassemblement historique des festivités culés depuis que le journal La Rambla y communiquait les résultats du club dans les années 1930, la fontaine est le lieu d’une fête nocturne. Sous l’œil omniprésent des Mossos d’Esquadra, les supporters se permettent quand même quelques excentricités. Au matin, la fontaine se réveillera sans deux de ses quatre lustres.

 

Aperçu de la Fan Zone, 4h avant le match


Sous les sifflets, l'hymne espagnol


17:14, le moment où le Camp Nou demande l'indépendance: "In, Inda, Independencia"



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