Espace et possession

Au soir de la victoire à Leganes, Luis Enrique faisait l'éloge des espaces au détriment de la possession. Quatre jours plus tard, étouffé par des rangées de Matelas en béton armé, son Barça a de nouveau perdu des points. Et manqué d'espace...

D'un match à l'autre, le Barça vient de vivre des rencontres diamétralement opposées, en termes de positionnement tactique, d'intentions adverses. Et de résultat. Au soir de Leganes, Luis Enrique avait tenté de justifier son surprenant 3-4-3 par l'envie de profiter au maximum d'espaces pour que sa MSN s'exprime. Moins souverain dans l'utilisation de la gonfle, le FCB avait affiché un taux de rétention de la balle en deçà de ses standards. Si effectivement les triplettes de Belleville ont pu s'en donner à cœur joie devant, on aurait tendance à penser que c'était plus le fait des velléités de Leganes que le simple fruit de la modification du schéma de départ. Et si l'idée est de jouer 20 mètres plus bas et de rendre plus vite (voire délibérément ?) la pelota à l'adversaire, ça peut très bien se faire en 4-3-3 avec une sentinelle. La plupart des équipes du monde entier y arrivent très bien tous les week-ends.

 

Source Twitter @fcbarcelona_es
Source Twitter @fcbarcelona_es

S'il fallait prouver que les espaces existants sont ceux que l'adversaire veut bien laisser, il suffirait de se replonger dans les matches contre Alaves, ou hier face à l'Atletico (ça marche également avec la majorité de l'Euro 2016). Lorsque l'adversaire vient dans l'idée de défendre chaque mètre carré comme s'il y avait enterré un sac plein de lingots, la création d'intervalles propices au jeu de mouvement ne peut pas se cacher derrière un refus de la possession. Dans cette première joute au sommet de la Liga, les Madrilènes n'ont pas ressorti leur pressing incessant des 20 premières minutes auquel ils nous avaient habitués. Mais ils ont alignés les rangées de parpaings aux abords de leur surface, étalant un art de la maçonnerie dont ils sont aussi coutumiers. 

La situation était donc la suivante, la possession Blaugrana, les espaces pour les Colchoneros, dans une illustration quasi caricaturale du dogme lâché par Luis E. quelques jours plus tôt en conférence de presse. Sauf que...

Sauf que le Barça, s'il l'avait voulu, n'aurait certainement pas pu faire sortir l'ATM de sa position simplement en lui rendant le ballon. Au contraire, en première mi-temps, les Catalans ont joué une de leurs meilleures partitions, celles où ils récupèrent constamment le ballon dans les 30 mètres adverses, au bout de deux passes. Malheureusement, les mailles du filet rojiblanco étaient étroitement tricotées, et la virtuosité technique a durant 41 minutes succombé à la force du nombre. Toujours un pied supplémentaire pour contrer une frappe, toujours une couverture pour fermer un angle de passe, toujours une prise à deux pour éviter le dribble.

L'Atletico n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est en position de pouvoir se contenter de défendre. Le Barça avait fait le plus dur en ouvrant la marque. Mais, comme souvent sous la gouvernance de Lucho, l'équipe a renoncé à cette possession outrancière dès sa prise en main du tableau d'affichage, dans l'idée de laisser du champ libre pour la MSN dans le dos de la clique à Godin. Ce renoncement à ce qui faisait la force du Barça de Guardiola (avant peut-être d'en être la faiblesse...) donne parfois lieu a des goleadas, mais c'est rarement le cas contre les ouailles de Simeone. Au contraire, en laissant échapper le contrôle du match , le Barça se fragilise, et la bande du Cholo a pris la vilaine habitude de maximiser ses opportunités face aux culés. Plus entreprenant car mené au retour des vestiaires, l'autre club de Madrid a une nouvelle fois fabriqué un helicoptère avec trois bouts de ficelle, égalisé sur une demi-occasion et s'en est revenu au chaud dans ses barbelés aux abords de sa surface.

Auteur globalement d'un très bon match (notamment la paire Raki - Iniesta), le Barça laisse filer deux points à la piaule dans un moment de flottement, suite aux sorties de Busi et Leo, à une dévation à moitié raté d'El Niño qui trompe El Wako, d'une glissade de Masch. On peut être fataliste, invoquer la réussite qui a basculé du mauvais côté, ce qui ne serait pas forcément faux... Mais on peut aussi regretter ce renoncement à insister dans la confiscation du ballon, ce désistement à souhaiter enfoncer l'adversaire de la manière qui avait fonctionné pendant une mi-temps. Se replier pour mieux contrer ? Eventuellement, à 2-0. Mais avec un but d'écart, le risque est trop grand. Et comme en Champions l'an passé, le Barça a de nouveau payé pour le savoir.

Écrire commentaire

Commentaires: 0

Vous aimez le style

de Blograna.com,

n'hésitez pas à

cliquer sur "J'aime"!

Un autre football est possible. Près de chez vous.

Si vous aimez Blograna.com, vous aller vous régaler sur Alterfoot.com

Passer le mot autour de vous....