En 3-4-3, vraiment ?

Pour la seconde fois de la saison (à chaque fois en l'absence de Sergi Roberto), Luis Enrique a choisi d'aligner son équipe avec une défense à trois. Face au Depor, comme lors de déplacement à Leganes, le résultat et la goleada semblent valider le système. Mais le bien-fondé réel de ce changement tactique reste encore à démontrer...

Cruyff et Guardiola s'y étaient essayés. Désormais, Luis Enrique aussi. Mais pas de la même façon. Sans vouloir tomber dans la vieille rengaine du "c'était mieux avant", force est de constater que l'organisation autour de la défense à trois de Lucho n'impose pas le surplus de maîtrise collective prônée par les deux glorieux anciens. En l'espèce, le Barça traditionnel en 4-3-3 est capable d'évoluer vers un 3-4-3 en cours de partie, lorsque Busquets décroche pour venir s'intercaler entre ses centraux et que les latéraux montent d'un cran. Mais si l'on parle qualité de la première relance, autant l'apport de Busquets un cran plus bas donne l'assurance de sorties de balle de qualité, autant s'appuyer sur les salidas de Mascherano et surtout Mathieu offre largement moins de garanties.

 

T'inquiète, Luch', on fait la même tête en voyant ta compo (Source Twitter @Sport)
T'inquiète, Luch', on fait la même tête en voyant ta compo (Source Twitter @Sport)

Outre la faiblesse des rampes de lancement, le souci principal du système entrevu à Leganes et samedi, c'est qu'il met la plupart des acteurs dans l'inconfort. Notamment Busquets et Rakitic, dont l'influence a largement diminué dans ces deux rencontres, en comparaison de leur rayonnement habituel. L'animation des côtés reste satisfaisante, mais on ne voit pas de révolution par rapport à ce qui se passe normalement, dans le 4-3-3 des familles. De fait, en phase défensive, Digne s'est replacé dans sa position naturelle, poussant un Masch un peu gauche dans une position de latéral droit.

 

Leganes. La Corogne. Deux goleadas, des tombereaux d'occasions, mais des premières demi-heures poussives pour un Barça secoué dans le jeu par un adversaire limité mais velléitaire. Samedi aprèm, le FCB n'a dû sa mise sur orbite qu'à la justesse de Neymar, fantastique après une vingtaine de minutes passées à trop en faire. De plus, ces deux rencontres n'ont été décantées que grâce à un maximum d'efficacité pour casser le 0-0, la ribambelle de situations sur le but adverse n'arrivant qu'une fois le score, et donc le match, acquis. Pour faire court, l'équipe a brillé par l'éclat de ses talents individuels (Ney et Rafinha, dont l'entente a bien fonctionné avec Arda à droite) bien plus que par un jeu fluide, léché et huilé au milieu de terrain.

Evidemment, on n'a rien contre un peu d'innovation, contre travailler un plan B en situation de match pour pouvoir le dégainer si besoin, plus tard dans la saison. Mais honnêtement, on croit assez peu à la probabilité de voir Luis Enrique s'embarquer dans ce 3-4-3 dans un match décisif de seconde partie de saison. A notre humble avis (enfin, humble...), Lucho utilise moins ce système comme laboratoire que pour faire passer un message, vis-à-vis d'Aleix Vidal. Ce message s'adresse-t'il directement au joueur ou à la direction ? Bonne question. Toujours est-il que le coach semble avoir fait une croix définitive sur Vidal, sans que l'on comprenne pourquoi. Au point qu'il considère Sergi Roberto comme l'unique latéral droit de son effectif, et qu'en son absence il ne voit pas de joueur de substitution, la solution passe par le changement de système. Contre Leganes ou le Depor, ça le fait sans problème. A voir si, en cas d'absence prolongée de Sergi 2, Lucho s'aventure avec cette défense à trois dans un match d'un autre standing, le Clasico par exemple.

Outre le cas Vidal qui pourrait pourrir la vie du vestiaire, la situation est notoirement ridicule si l'on repense au dernier mercato. Aucun latéral droit n'a été recruté suite au départ d'Alves, le choix se portait sur la doublette Roberto-Vidal. Mais Enrique devait d'ores et déjà avoir Aleix dans le nez au cours de l'été, alors pourquoi ne pas avoir recruté ? Ou gardé Adriano ? Ou mieux, gardé Bartra, central droit capable de dépanner en position de latéral, qui aurait de plus eu l'avantage de composer un quatuor dans l'effectif de deux centraux droits (Piqué-Bartra) et deux gauches (Masch-Umtiti). Au lieu de quoi, Luis E. a préféré conserver Mathieu, son chouchou, et se séparer pour un bouchée de pain de Bartra, qui entrait visiblement dans la catégorie des têtes qui ne revenaient que modérément au Coach. Dans le même registre, il n'a jamais donné sa chance à Grimaldo, qui flambe aujourd'hui à Benfica, ce qui a obligé le club à recruter Digne pour 16 M€... Autant de situations qui prouvent un certain entêtement chez Enrique, qui le poussent à persister dans son système bancal plutôt que de réintégrer son latéral banni.

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