Zéro pointé

Incapable de scorer face à Malaga, le Barça poursuit un parcours à domicile insuffisant. En cours de décrochage au classement, toujours peu glorieux dans le jeu, le onze de Luis Enrique ne convainc pas. En manque d'efficacité, c'est surtout individuellement que les questions se posent.

Source Twitter @fcbarcelona_fra
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20 minutes. Outre le nom d'un journal gratuit à la ligne éditoriale douteuse, c'est également le temps que le Barça a passé samedi à commettre un jeu un tant soit peu sérieux, face à l'ogre de la Liga, Malaga (une ironie de bas étage se cache peut-être dans la phrase précédente. Peut-être...) Pressing haut, relative rapidité des transmissions, et surtout décalages dans la diagonale pour Sergi Roberto, dans le dos de la défense. Sans se montrer dangereux dans des proportions outrancières, le FCB faisait néanmoins le nécessaire et aurait dû, en jouant certains coups avec un peu plus de jugeotte, s'accaparer le score. Et donc se simplifier le match. Et, par corollaire, nous éviter de passer une après-midi stressante au dénouement tristoune (une déception qui restait, pour certains d'entre nous, une bonne excuse pour aller se la coller dès 18h à grand renfort de gin to' sans glace. Marche aussi avec houblon à 9°, ou vin de table de première main).

 

Un contenu trop faible

Evidemment, avec un but dans le premier quart d'heure, la face du match (et de notre soirée, donc) en eut été changé. Mais sans réussite au moment de basculer dans la seconde moitié du premier acte, rien n'obligeait les protégés de Luis Enrique à balbutier leur football de la sorte. Il aura fallu attendre le dernier quart d'heure, et un Malaga à dix, pour avoir de nouveau la sensation d'une équipe qui cherche à étouffer son hôte. Au milieu comme devant, au manque de disponibilité de certains se sont accolées les insuffisances des autres dans la création de différences, par le dribble ou les passes casse-ligne. Entre un Neymar qui en a trop fait, et tous ses petits camarades timides qui n'en ont pas montré assez, le jeu blaugrana a perdu son équilibre. 

 

Des doublures bien tendres

Les attentes alléchantes de début de saison, avec un effectif gonflé comme jamais, semblent déjà avoir fait long feu. Mis à part Umtiti, aucune des doublures n'a pour le moment réussi à afficher de la régularité dans les perfs. A créditer d'une bonne mi-temps de ci, de là, les Denis Suarez, André Gomes, Ardan Turan ou Rafa Alcantara se distinguent surtout, malheureusement, par leur incapacité à donner suite à ces sorties encourageantes. Certes, leur temps de jeu est limité, mais ça faisait partie du cahier des charges de départ et ne peut pas être une excuse valable. Samedi, Denis, Arda et Rafinha ont surtout péché par lenteur et manque d'inspiration, même si le Brésilien s'est créé deux situations chaudes. Dans cette rencontre sans Messi, Suarez, Iniesta et Rakitic au coup d'envoi, ils avaient tout à gagner. Et dans des perspectives de long terme sur la saison, le Barça devrait pouvoir compter sur eux pour faire le job dans ces matches (surtout à domicile) face au ventre mou de la Liga. Malheureusement, pour l'instant la vie sans le onze de gala fleure bon le constat d'échec. Pour preuve, en début comme en fin de partie, le plus dangereux face à Malaga aura été Piqué...

 

Alcasper

Alléluia !!!! Troisième minute de jeu, Alcacer est trouvé par dessus la défense par le Masch. Contrôle aérien, frappe enchaînée, lulu... Ca y est, Paco a enfin déchiré l'hymen de son compteur but, et le Barça va tranquillement s'imposer. Oui... mais non. L'arbitre assistant a, à juste titre, levé son drapeau. Retour à la case départ. Passé ce faux-espoir initial, le Valencian est retourné errer du côté fantomatique de la force, en lente disparition dans la défense centrale mouvante de Malaga. Il aurait pu se draper de lumière un peu plus tard sur un centre en retrait de Roberto, mais c'était sans compter sur un plat du pied aussi fructueux qu'une campagne électorale de Jeff Copé... Son match, à l'avenant de ses précédentes prestations, reste un mystère. Immobile, introuvable, il traîne sa peine comme une victime de la trop grande domination de son équipe, qui le prive d'espace. Le mal semble profond, et la solution ne saute pas aux yeux, c'est le moins que l'on puisse dire. Avec 15 ballons touchés, il passe pour le mec qui en laissait dans son assiette à l'époque des tickets de rationnement. Luis Enrique aurait-il dû le sortir ? Difficile à dire, il reste un 9 qui aurait pu sortir un geste d'avant-centre et débloquer la situation. De plus, la seule alternative crédible comme attaquant axial parmi les dix-huit convoqués était... Gerard Piqué.

 

Neymar, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Certainement coincé entre les remontées acides de sa dernière soirée brésilienne, et le décalage horaire du voyage qui a suivi, Neymar a entamé la rencontre par des atrocités de mauvais choix et de passes ratées. On a fustigé l'activité de Digne dans un récent article, mais la propension du Brésilien à manger la gonfle et à oublier son latéral y est aussi pour beaucoup. Suarez à l'arrêt pour accumulation de jaunes, Messi la tête vissée au dessus des chiottes à gerber ses intestins (pour indigestions de jaunes ???), le beau rôle devait en toute logique venir sublimer les épaules du numéro 11. Une tâche dont il s'est, plusieurs fois la saison passée notamment, acquitté avec brio. Sauf que cette saison, Junior se la complique. Puis se la complique. Et après, à la fin, il se la complique. Bref, même si, notamment dans la dernière demi-heure, ses dribbles ont fini par créer des décalages, et une expulsion, il aura été un frein à la fluidité du jeu culé. Ses provocations, trop systématiques, auront été un boulet pour la rapidité d'exécution des Catalans, là où elles auraient dû, utilisées à bon escient, faire pencher la balance du bon côté. Au moment de demander l'addition, Neymar a clairement laissé filer une énorme occasion de prouver qu'il peut être le patron de cette équipe.

 

KA-ME-A-ME-NI !!!!!!!!!!

Le super sayen Camerounais est dans la place, et il a encore frappé. Sans les cheveux, mais avec un strapping magique à la cuisse pour jouer les super-héros dans les (longs, très longs) arrêts de jeu. Une nouvelle fois irréprochable au Nou, ça devient sa petite habitude préférée, Kaméni s'est octroyé la distinction d'Homme du match, en évitant sur sa ligne la défaite de son équipe. Déploré une nouvelle fois par l'aficion (si vous avez vu le match accompagné, vos oreilles n'ont pas pu échapper à un "à chaque fois, il fait le match de sa vie contre nous"), la prestation du portier Andalou a t'elle été si epoustouflante que ça ? Non. Mis à part les deux manchettes face à Rafinha (pris à contre pied) puis devant Neymar sur la fin, le Lion Indomptable n'a pas eu 77 arrêts à effectuer, et aura été au final moins sollicité que ne devrait l'être un gardien qui se déplace à Barcelone.

La performance de Kameni, comme celle de l'arbitre (but de Piqué refusé pour hors-jeu, deux situations de penalty non sifflées), ne sont en définitive que des écrans de fumée derrière lesquelles le Barcelonisme peut essayer de cacher l'insuffisance de ses individualités et de sa force collective. Mais au fond, on sait tous qu'actuellement le Barça n'en fait pas assez, et qu'à ce rythme, il risque de manquer des points à la fin du mois de Mai.

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