Envie de jeu, besoin d'Iniesta

Attendue par les suiveurs culés comme le retour de Dieu sur Terre, la rentrée d'Iniesta a effectivement rendu au Barça son fonds de jeu, lors du dernier Clasico. Une Andrespendance dont l'équipe doit profiter, mais qui pourrait se révéler préjudiciable sur le long terme. 

Source Twitter @fcbarcelona_fra
Source Twitter @fcbarcelona_fra

 

La révolution a bien eu lieu. Elle a même été télévisée... Espéré comme le Che Guevara de l'entrejeu blaugrana, Andres Iniesta n'a déçu personne pour son retour dans le squad de Luis Enrique. Il est celui qui a pris les armes contre l'indigence du jeu de son équipe, qui est monté sur les barricades pour crier au monde que ce Barça est encore capable de jouer au ballon.

Le Manchego, contraint aux gradins depuis près de deux mois par la faute d'un genou grinçant, était encore assis au coup d'envoi du Clasico samedi, mais un étage plus bas, sur le banc. On se doute que le contenu de ses entraînements dans la semaine avait le goût sucré de son toucher de balle mielleux, et que Lucho a dû être tenté de se laisser gagner par la gourmandise pour l'intégralité de la rencontre face aux Livides. Le Coach a finalement joué la prudence avec son trentenaire en reprise, pour ne lui octroyer qu'une grosse demi-heure sur la pelouse du Nou.

 

Bombardé dans la rencontre au meilleur des moments, Don Andres a pesé de tout son poids pour accentuer la mainmise catalane sur la seconde mi-temps. Un seul être vous revient et tout est repeuplé. Alors qu'elle ne reposait que sur l'équilibre instable de percées ponctuelles de Messi et Neymar, la formation d'Enrique a retrouvé une assise dès qu'elle a compté Iniesta dans ses rangs. Comme par magie, tout est redevenu simple, fluide. Et beau. Leo a pu jouer plus haut, délesté de la charge du playmaking dans le rond central par son acolyte frappé du numéro 8. Les combinaisons sur le côté gauche ont repris de plus belle, sans que la défection de François Hollande pour la prochaine Présidentielle n'y soit pour quelque chose. Surtout, dans le cœur du jeu, la proximité d'Iniesta a redonné vie à la grande gigue passive qui sévissait depuis des semaines dans le corps de Busquets. Apparu avant l'heure de jeu dans sa version grise et maussade de l'automne, Sergio a renfilé sa tenue de lumière au contact de son capitaine. Remisée depuis un moment dans une valise au cuir douteux tout au fond de la cave, la boîte à gri-gris du grand Serge (pas le mytho, l'autre) a remis le nez dehors, pour une fin de rencontre toute en feintes à 2 à l'heure dont il a le secret.

A la tête du fond de jeu du Barça, le triumvirat Bousquette - Andres - Leo n'a pu afficher une continuité commune qu'en pointillé depuis Septembre. Devant la défense, le baromètre avait semblé déboussolé par les absences successives de ses camarades de petite taille. Si le retour d'Iniesta pouvait remettre Busi sur les rails qu'il avait quitté depuis le début de saison, ce serait une avancée immense dans la temporada de l'équipe.

 

Si le retour de Busquets  vers sa ligne de flottaison reste à confirmer sur la durée, les problèmes du milieu de terrain culé restent d'actualité. Rakitic, en mode verre d'eau tiède à moitié rempli ces derniers temps, ferait bien de se brancher sur le courant Iniesta, histoire de profiter de son fluide positif. Pour retrouver un Barça conquérant et séduisant, avoir sous la main les trois titulaires ne serait-ce qu'à leur niveau serait déjà un pas de fait. Le second serait certainement que Luis Enrique redonne un peu de pouvoir à la salle des machines, dans un camion dont les clés sont actuellement (et exclusivement) détenues par la triplette sud-américaine.

Iniesta revient, alléluia !!! Passé ce constat de rejouissance immédiate, l'Andrespendance dont semble victime le Barça, tout au moins lors du match face au Real, renvoie directement au constat d'échec des solutions alternatives. Durant l'absence prolongée du Maestro, ils étaient quatre prétendants pour le strapontin vacant. Peu épaulés il est vrai par le rendement de Busquets et Rakitic sur cette période, personne, de Denis Suarez à Arda en passant par Gomes ou Rafinha, n'a su s'imposer ni même apporter un peu d'huile dans les engrenages de l'entrejeu culé, qui couinaient pourtant bruyamment. Mis à part André Gomes, aucun des trois autres n'a eu assez de continuité pour réellement pouvoir se revendiquer, mais aucun n'en a montré suffisamment pour mériter un séjour prolongé dans la peau d'un titulaire. Du haut de ses 32 balais, Iniesta reste le cerveau du jeu de son équipe, mais avant même de parler de possible déclin, il faut déjà songer à ménager sa monture. Dans ce sens, comme dans l'idée d'une passation de pouvoir à moyen terme, il faudra bien qu'une alternative crédible sorte du banc.

 

 

 

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