Une manita en trompe-l'oeil

Un festival offensif, cinq buts marqués et une qualification validée sans trembler. Et on trouverait à redire ? Oui, et même plutôt deux fois qu'une. Retour sur la victoire contre la Real, au score bien flatteur vis-à-vis du contenu.

 

Alors comme ça, on est parti pour faire nos grincheux ? Oh que oui... Vraiment pas emballé par un Barça qui renie de plus en plus son style de jeu, on préfère aujourd'hui insister sur les nombreuses insatisfactions de la soirée de jeudi, plutôt que de se féliciter du large succès blaugrana, synonyme d'accession vers les demi-finales (ce qui signifie également voie royale vers une surcharge de calendrier, et mise en condition défavorable pour le grand rendez-vous au Parc des Princes le 14 Février. Mais c'est un autre débat).

 

Un composition défensive

On le craignait hier, il l'a fait. Visiblement incité à la prudence par la qualité du pressing de la Société Royale, Luis Enrique a bel et bien aligné une composition d'équipe à vocation défensive au Camp Nou. Le choix d'aligner Mascherano devant la défense au détriment d'une sentinelle plus joueuse (Gomes ou Rakitic, plus aptes à amorcer la première passe vers l'avant) annonçait clairement la couleur.

Comme lors des précédents cette saison contre les Txuri Urdin, le Barça a subi le pressing et a joué relativement bas, surtout si l'on considère ses standards à domicile. Fort de l'avantage d'un but acquis au match aller, l'idée était donc d'attendre bien en place et de profiter des espaces en transition, ce qui a plutôt bien fonctionné puisque l'ouverture du score a suivi ce schéma. Comme lors du match aller, la volonté de ne pas prendre de risque s'est notamment matérialisée par le jeu au pied long de Cillesen, qui ,contrairement à MATS dimanche à Eibar, n'a pas insisté outre mesure pour trouver des solutions courtes et a copieusement arrosé vers les avant-postes.

Dernière preuve que l'aspect défensif avait clairement été mis au centre des débats par le mister, la MSN a mis un cœur à l'ouvrage dans le repli rarement vu dernièrement. Pour le coup, c'est clairement une bonne nouvelle, et c'est un signe aussi fort que prometteur des intentions du trio alors que se profile le moment de vérité de la saison. Comme on peut le voir ci-dessous, les stars de l'attaque se sont découennées dans l'effort, avec 20 ballons récupérés à eux trois (de façon assez équilibrée, même si visuellement c'est Neymar qui a peut-être laissé la meilleure impression dans le domaine). On notera d'ailleurs que le labeur défensif s'est à la fois opéré dans le pressing comme dans les compensations en marche arrière. Thumbs up, guys!!

Impliqués dans le registre défensif, Neymar, Suarez et Messi ont récupéré 20 ballons. (Source fcbarcelona.fr)
Impliqués dans le registre défensif, Neymar, Suarez et Messi ont récupéré 20 ballons. (Source fcbarcelona.fr)

 

Une efficacité trompeuse

Toute tactique disparaît devant l'efficacité. C'est ce qui s'est passé jeudi au Camp Nou, le score fleuve ne reflétant absolument pas le rapport de force entre les deux équipes (et c'est un des principes de Luis Enrique, qui sait qu'il a tellement de talent offensif qu'il peut se passer de maîtriser le jeu pour gagner des rencontres). On se plaignait récemment, lors de certaines contre-performances, du manque de réalisme dans les deux surfaces. On ne va donc pas se plaindre maintenant que la mire est bien réglée, mais le Barça a clairement été en sur-efficacité face aux Basques, dans le domaine offensif.

En jetant un œil rapide sur les stats du match :

- But sur la première occasion

- 8 frappes / 6 cadrées / 5 buts 

on se rend compte que tout a souri aux Catalans, qui se sont appropriés le scenario pour vivre une belle soirée (puisqu'ils ont su, de plus, réagir pour se redonner un matelas de 2 buts très rapidement après chaque retour au score de la Real). Si ça dure jusqu'à la fin de la saison, le FCB pourra voyager. Sinon, il faudra peut-être penser à avoir plus de maîtrise pour gagner les matches.

Sur le plan défensif, la stratégie semblait basée sur la solidité, avec Mascherano devant la défense qui a opéré comme un libéro avancé. L'idée de départ était de ne pas prendre de but, mais au final, Cillesen est allé en chercher deux au fond de sa hutte, alors pourtant que le Barça a globalement réussi son pari de peu s'exposer au danger adverse. Peut-être en déconcentration avec l'appui du score, les Barcelonais se sont mis en danger par leurs propres erreurs : contrôle raté de Gomes et positionnement douteux de Cillesen sur le premier but, faute de marquage des centraux sur le second.

 

Un milieu de terrain méconnaissable

Loin de nous l'idée de jouer les vieux cons et de ressasser l'époque dorée du triangle Busquets-Iniesta-Xavi, mais clairement face à la RSO, la prestation du milieu de terrain a été d'une faiblesse rare dans l'utilisation du ballon. Evidemment, en choisissant el puto jefe comme n°4, Luis Enrique laissait peu de place au doute, il faisait une croix sur la création. Mascherano a donc fait ce à quoi l'on pouvait s'attendre, monstrueux dans la récupération, la lecture du jeu adverse et l'anticipation. Mais si le Barça avait eu plus de maîtrise dans le contrôle du ballon, il y aurait également eu moins de ballons à récupérer, c'est pour cela qu'il faut pondérer la prestation a priori remarquable du Masch. Ce que l'équipe y gagne dans le registre de récupération, elle le perd dans la conservation. Pas évident donc de valider le bien fondé de son positionnement à la place de Busquets.

Symbole de cette maîtrise en berne dans ce qui fut jadis la base de son ADN, le Barça a été battu à domicile dans la possession, ce qui n'a pas dû arriver très souvent au cours de ces quinze dernières années. Les chiffres de possession valent ce qu'ils valent, évidemment, et sont régulièrement utilisés pour expliquer tout et n'importe quoi lorsqu'il s'agit du FCB. Mais encore une fois, cela dénote le renoncement grandissant de Luis Enrique avec le style maison. Philosophiquement, Lucho n'a aucun problème à abandonner la possession pour offrir de l'espace en transition à ses attaquants, même à domicile. Les aficionados des époques Cruyff et Guardiola doivent se pincer les lèvres, mais ils peuvent toujours se consoler en se disant que Messi est toujours là.

Dans ce milieu dominé dans la possession, le rôle des relayeurs est directement en cause. Dans la construction du jeu, le volume de ballons touchés et la participation à fluidifier la circulation, leur impact a été trop neutre. Mais au moment de récupérer les bons points, Denis Suarez a nettement raflé la mise sous le nez d'André Gomes. L'autre Suarez, au delà de ses deux buts, a marqué les esprits par sa capacité à animer le couloir droit (Teasing !!!!! On développe le cas Denis dans un article à paraître demain). Le Portugais, lui, a énormément déçu. Mise à part une paire de projections assez à-propos, il s'est montré globalement trop peu disponible, et très fade dans l'utilisation du ballon. Il a clairement perdu du terrain hier face à ses concurrents au poste.

 

Et sinon ?

- Sinon, la magie de Messi, et le killer instinct de Luisito qui font la différence.

- Une fois de plus, une passe décisive pour Vidal et un but pour Arda, tous deux entrants et qui mériteraient vraiment de starter plus souvent.

- Gros match de Big Sam dans l'impact, malgré quelques relances dangereuse et un marquage aléatoire sur le second but.

- On n'a pas beaucoup parlé d'arbitrage, mais du côté de Madrid on a de quoi écrire : entre la faute d'Umtiti sur le premier but, la main de Suarez sur l'action du penalty, ou le coup de coude de l'Uruguayen qui n'a pris qu'un jaune...

 

 

Photo : Source twitter @fcbarcelona_es

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