Busquets, et ça repart...

Lors du déplacement à Alaves, le Barça a récupéré son baromètre devant la défense. Comme par enchantement, cela a également coïncidé avec un retour à une domination plus en phase avec les standards de la maison.  Une tendance prometteuse qui demande cependant confirmation face à des équipes moins frileuses que celle de Vitoria.

 

A trois jours de ses retrouvailles avec la Grande Europe, le Barça s'est appuyé sur d'anciennes certitudes pour venir facilement à bout d'Alaves. Face à un adversaire qui n'a rien fait pour l'enquiquiner, le FCB a récité une de ses vieilles partitions, ultradomination dans le camp adverse et festival offensif. Une après-midi qui frôla la perfection jusqu'au carambolage de la 85ème qui a vu Aleix Vidal, encore très fringant ce samedi, repartir avec la cheville dans la boîte à gants. De quoi sensiblement recouvrir d'un voile ombrageux l'humeur de la délégation catalane.

 

Le retour de l'occupation

Abandonnée (de gré ou de force ?) depuis plusieurs semaines, l'occupation a fait un retour remarquée au tableau de chasse blaugrana ce samedi. D'un côté, on peut remarquer que cette reprise en main de la géographie du terrain correspond au retour dans le onze du grand Serge, ce qui n'est certainement pas une coïncidence. Mais on peut également nuancer en pointant l'attitude d'Alaves, enclin à se recroqueviller là où les récents adversaires du FCB l'avaient empoisonné par un positionnement haut sur le terrain, doublé d'une quasi individuelle pour empêcher les sorties de balle propre.

Comme on peut le voir sur la HeatMap ci-dessous, les hommes de Luis Enrique ont investi le camp adverse sans concession en première mi-temps, avant de reculer en seconde et d'alterner possession et attaques rapides en transition.

A l'inverse des dernières sorties, le Barça s'est installé dans le camp adverse. Surtout en 1MT(à gauche), avant de reculer en 2MT (à droite)pour opérer plus en phase de contres (source fcbarcelona.fr)
A l'inverse des dernières sorties, le Barça s'est installé dans le camp adverse. Surtout en 1MT(à gauche), avant de reculer en 2MT (à droite)pour opérer plus en phase de contres (source fcbarcelona.fr)

 

Domination = participation...

Comme le décrit notoirement la passmap ci-dessous, l'ultra-domination du Barça dans la rencontre permet une participation très équilibrée de chaque membre de l'équipe. A l'exception de Suarez qui se débattait dans l'épaisse défense Basque (notamment avec La Guardia, et on sait que l'on sort rarement gagnant d'un combat avec La Guardia), tous les Barcelonais apparaissent avec une activité semblable en terme de ballons touchés, ce qui reste assez rare pour être souligné, et a permis de renouer avec un fonds de jeu digne de ce nom. 

Représentés par un point de diamètre quasi-similaire, tous les joueurs ont participé (en volume) de façon équivalente, signe du retour d'un certain équilibre dans le collectif (source 11Tegen - Twitter @11tegen11)
Représentés par un point de diamètre quasi-similaire, tous les joueurs ont participé (en volume) de façon équivalente, signe du retour d'un certain équilibre dans le collectif (source 11Tegen - Twitter @11tegen11)

 

... Mais pas forcément occasions

Le score final ne laisse évidemment aucune place au doute, mais dans le détail la victoire culé ne s'est pas dessinée avec immédiateté. Le Barça a renoué avec son jeu de position et sa domination dans le camp adverse, mais cela s'est accompagné d'un schéma de handball en attaque-défense sur le but Basque. Une configuration qui s'accompagne forcément de sous-nombre pour l'équipe en position offensive. Les détracteurs du tiki-taka argueront que les occases sont plus franches avec un jeu rapide et vertical, ce qui s'est vérifié en seconde mi-temps lorsque le Barça a reculé sur le terrain : mises à part les deux occasions converties par les Verts d'hier, toutes les situations du FCB en 1MT étaient à faible dangerosité (cf. graphique xG ci-dessous). Après la pause, avec des actions qui partaient de plus loin et souvent en égalité numérique avec la défense, les occasions se sont faites plus franches. A noter encore une fois que les Catalans ont sur-performé offensivement (avec 6 buts pour un xG inférieur à 3 - même si le 4ème but, marqué contre-son-camp sans frappe de Messi, n'a pas contribué à la somme des Expected Goals). C'est tout l'intérêt de pouvoir compter sur Messi-Suarez- Neymar plutôt que sur Nolan Roux ou Lucas Ocampos.

Défensivement, le Barça n'a pas vraiment tremblé, à l'exception de deux occasions monumentales de Theo (qui a pris le meilleur sur Digne sur 60m lancé) et de Santos juste après la mi-temps. Potentiellement pris dans la profondeur, le Barça se sécurise néanmoins en tenant le ballon (70% de possession à Mendizorroza). Une tendance à confirmer face à un adversaire de plus gros calibre, et qui affiche plus de velléités.

Avant la mi-temps en dominant dans les 30m adverses, le Barça multiplie les "petites" occasions. Par la suite en partant de plus loin, les occases deviennent plus dangereuses (source 11Tegen - twitter @11tegen11)
Avant la mi-temps en dominant dans les 30m adverses, le Barça multiplie les "petites" occasions. Par la suite en partant de plus loin, les occases deviennent plus dangereuses (source 11Tegen - twitter @11tegen11)

 

Busquets, la marche avant

Busi revient et le Barça domine à nouveau. Effet Sergio ou manque de volonté d'Alaves, difficile de départager le gagnant dans ce match entre l'oeuf et la poule. Toujours est-il que Bousquette a produit ce qu'aucun autre joueur n' a réussi à faire pendant son absence. Jouer vers l'avant. A l'inverse de ceux qui ont assuré l'intérim (notamment Masch, malgré son énorme apport à la récup'), SB5 créé du lien entre l'arrière et l'avant. Sur la passmap du match (cf ci-dessus) sa relation verticale avec Leo saute au yeux, et c'était un des chaînons manquants des dernières prestations blaugrana. Ci-dessous dans le détail, la distribution de passes de Busquets (vers l'avant / latérales / vers l'arrière), on distingue la volonté du joueur de faire avancer le ballon. Ce qui a été facilité par le manque d'agressivité des Basques, mais Sergi a distillé une bonne demi-douzaine de passes verticales, casse-ligne, qui ont créé un premier décalage et permis aux attaquants de disposer d'un peu plus d'espace. Outre la qualité de ses transmissions (2 pertes de balle seulement), la meilleure des sentinelles a nettement rechigné à jouer vers l'arrière, le péché mignon du FCB ces derniers temps, qui monopolisait la gonfle entre les centraux et le gardien. 

Beaucoup de passes vers l'avant (dont au moins 6 verticales - à gauche), pas mal latérales (centre) mais très peu vers l'arrière (à droite), Busquets à fait avancer son équipe, avec un minimum de déchet (source fcbarcelona.fr)
Beaucoup de passes vers l'avant (dont au moins 6 verticales - à gauche), pas mal latérales (centre) mais très peu vers l'arrière (à droite), Busquets à fait avancer son équipe, avec un minimum de déchet (source fcbarcelona.fr)

 

L'utilité de Busquets n'est évidemment pas à démontrer. Son absence a même confirmé son caractère indispensable, puisque personne dans l'effectif ne s'est montré capable de prendre un relais convenable, notamment en tant que première rampe vers l'avant. Cramé depuis le début de saison, sur-utilisé par Lucho et en sous-performance, espérons que Busquets aura profité au maximum de ces trois semaines de repos forcé. S'il revient à un niveau physique optimal, il serait de bon ton que notre coach le ménage un peu plus, histoire de surfer sur sa maestria dans l'entrejeu jusqu'au dernières lueurs de la saison.

 

 

Photo - Source Twitter @fcbarcelona_fra

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