Un naufrage... pas si surprenant

Le Barça était inquiétant depuis des semaines, mais la MSN arrivait à masquer la profondeur de la plaie. Humiliée au Parc, l’équipe d’Enrique a été mise de façon cinglante face à ses limites et insuffisances. Retour points par points sur une soirée dont, malheureusement, on n’a pas fini d’entendre parler…

 

Depuis de longues semaines, un Barça sans maîtrise dans le jeu naviguait sur le fil du rasoir, la pièce penchant du bon ou du mauvais côté au gré de la réussite offensive, au bonheur d’arriver ou pas à marquer en premier. L’absence du duo Busquets-Iniesta semblait être la cause de ce manque de contrôle dans le rond central, mais leur présence (peut-être pas à un niveau physique suffisant) Porte d’Auteuil n’a pas fait renaître de phénix des cendres qu’est devenue la salle des machines.

 

Des mecs qui marchent contre une équipe qui court

 

C’est le premier constat qui saute aux yeux à la relecture de la démonstration du PSG. Incroyable d’impact, toujours en surnombre, systématiquement vainqueur dans les duels, le Paris-Saint-Germain a sorti une vraie rencontre de Coupe d’Europe, avec tous les ingrédients de base (bon, OK, ils ont fait le match de leur vie…). Au final, le Barça et son train de sénateur s’est fait rouler dessus par une équipe qui marchait sur l’eau. Surtout, on a vu un bloc-équipe soudé et solidaire face à l’équilibre distendu, coupé en deux, du FCB que l’on observe depuis des semaines.

 

La réussite choisit son camp

 

Si le score est sans appel et reflète complètement la physionomie, sur ce point aussi le Barça a sombré. Au cours de sa série de matches inquiétants depuis début Janvier (notamment les deux fois contre l’ATM), les Catalans auraient mérité de perdre mais s’en étaient tiré grâce à un taux de conversion supérieur en attaque, en s’en sortant plutôt bien face aux nombreuses occases adverses, et en ayant la joie de marquer en premier et de faire tourner le match de son côté. Tout le contraire s’est déroulé face aux Parisiens (qui eux avaient tendance, notamment face à Arsenal deux fois, à ne pas convertir assez pour affirmer leur supériorité). Le PSG a eu beaucoup plus d’occasions mais il a marqué quand il le fallait, là où le Barça a échoué alors qu’il aurait pu en réchapper miraculeusement encore en vie (face à face de Gomes, poteau d’Umtiti). Ce n'est pas le cas, on a un pied et quatre orteils dans la tombe.

 

No Messi, no party

 

La lente déliquescence du fond de jeu Blaugrana a longtemps été masquée par le talent de la MSN, surtout celui de Messi. Ce mardi, Leo a livré une prestation ratée de A à Z, sans le moindre éclair. Pire, il est à l’origine de nombreuses pertes de balles sur des dribbles ratés, un d’eux étant à l’origine du but de Draxler. Messi absent des débats, Suarez n’a pas non plus pesé sur la rencontre. Isolé du reste de l’équipe, il n’a eu aucune influence, et n’a pas pu proposer à Kimpembé le coriace baptême du feu que l’on attendait. Seul Neymar aura tiré son épingle du jeu, mais les différences qu’il a pu faire balle au pied, seul au prix de longs rushes, symbolisent bien le manque de jeu collectif côté Barça.

 

Et au milieu coule un torrent

 

Complètement emporté par la vague, la medular barcelonaise a suscité la pitié plus qu’autre chose. Comme un passage en revue de maux bien connus, on a pu observer à la fois une grande souffrance à se défaire des phases de pressing adverse, comme une incapacité à endiguer les séquances de contre sur les ballons perdus dans le camp parisien. Autant gangrené par l’impact d’un Matuidi que par le récital d’un Rabiot royal, le trio Iniesta-Busquets-Gomes s’est constamment fait transpercer, incapable de quoi que ce soit à la récupération. Zone de grands courants d’air, l’axe catalan a été un boulevard des airs pour Paris, pour preuve les buts de Draxler (aucun repli suite à la perte de balle de Messi) ou de Cavani (Meunier remonte 60m sans être attaqué).

 

Un espoir au retour ?

 

A chaud, les joues encore ardentes de la série de crochets reçus, la question a des airs de vanne plus qu’autre chose. Il faudrait que les joueurs redeviennent l’équipe qu’ils n’ont pas été ce soir. Paris ne sera certainement pas autant in the zone, mais il n’en auront pas besoin pour passer, confortablement assis qu’ils sont sur leur beau matelas de quatre buts. La MSN peut-elle prendre feu et planter quadruple ? C’est toujours envisageable, surtout en marquant tôt et en étant efficace. Mais le sujet semble ailleurs, pour avoir un espoir de passer, il faudra ne pas en prendre. Ce soir ça paraît bien utopique.

 

Et maintenant ?

 

Dans un premier temps, il va falloir passer plus de temps les oreilles scotchées à nos iPod que rivées sur les transistors des émissions sportives. La marée du Parc va déferler sur les ondes radio et TV, jusqu’à la nausée, et bien que ce soit de bonne guerre, on envisage sérieusement une hibernation médiatique prolongée.

 

Plus terre à terre, quid de la saison ? Dans l’hypothèse assez probable d’une non-remuntada dans 3 semaines, les supporters habitués au caviar que nous sommes allons devoir nous résoudre à aller pointer aux Restos du Cœur, et regarder les autres se baffrer dans les trois Etoiles Michelin depuis nos canapés. Ça va faire drôle. Ça va faire mal. Mais ça nous laissera le temps de tirer des plans sur la comète, et de commenter l’actualité du club qui ne va pas manquer de s’annoncer bouillante, avec la succession de Luis Enrique à la tête de l’équipe qui reviendra immanquablement au premier rang des discussions de comptoir.

 

 

Photo ; Source Twitter @LiveTweetPSG

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