Nuit d'adrénaline

C'était certainement une nuit dont on parlera à nos petits-enfants. Au terme d'un match incroyable au finish aussi époustouflant qu'insensé, le Barça a renversé une situation compromise pour s'offrir une qualification inespérée. A défaut d'être brillants, les Catalans ont eu le mérite d'y croire, et d'y croire encore, à mesure que les Parisiens se liquéfiaient. Jusqu'à ce que le Camp Nou se retourne...

 

Le foot c'est mieux que la drogue... Bien que n'étant pas un spécialiste des narcotiques ou autres psychotropes, la décharge d'adrénaline procurée par le but de Sergi Roberto à la 95ème de cet historique 8 Mars 2017 valait certainement tous les trips les plus planants. Une sensation de plénitude qui s'est prolongée tard dans la nuit, alors que la pression dans les veines ne redescend pas et que les images défilent encore derrière des paupières pourtant lourdes. Ce Barça aux ressources insoupçonnées a donc le don de provoquer des insomnies. Tout en nous faisant vivre la plus mémorable des nuits.

 

Un match de bonhommes

Le Barça avait besoin d'un miracle, et effectivement, toutes les planètes se sont alignées dans sa direction mercredi soir. Il s'agissait de démarrer pied au plancher et de brûler l'asphalte dès les premiers kilomètres, et Suarez a enclanché l'opération remontade dès la 3ème minute. Il fallait changer le momentum, prendre le score et le faire tourner en sa faveur, pour voir le doute en Paris s'immiscer (comme dans toute bonne chanson de Gérald De Palmas). Sur ce point, les Catalans ont trouvé une aide complaisante dans le camp d'en face, puisque les joueurs du PSG ont succombé rapidement au syndrome du slip mouillé. Saupoudrez le tout de coups de sifflet qui s'orientent dans le bon sens et d'une série assez incroyable de faillites défensives chez votre rival, et vous obtiendrez la recette (difficilement répétable) d'un exploit colossal.

Mais si le Barça a réussi ce tour de force, il le doit avant tout à son caractère. Conditionnés par un Camp Nou en fusion (c'est ce que le distingue notamment des volcans d'Auvergne), les joueurs de Luis Enrique y ont cru jusqu'au bout, et même un peu plus. En panne sèche de garra lors du match aller, les Blaugrana ont été de toutes les batailles, notamment celle du milieu de terrain qui devait déterminer l'issue de la rencontre. Très agressifs à la récupération, les culés ont monopolisé le cuir dans la moitié de terrain du Champion de France, sans le laisser respirer. On n'a pas vu le Barça le plus brillant de ces dix dernières années, loin de là. Il est même ahurissant de constater que cette démontada historique se soit opérée avec un Messi en quart-de-teinte, avec Iniesta ou Suarez qui n'avaient pas non plus sorti le smoking en Alpaga des grandes occasions. Mais les Catalans, à l'image du trio de derrière, de Busquets ou de Neymar, ont posé leurs c******* sur la toile cirée de la table du salon, et se sont d'une certaine manière appropriée la devise de l'Atlético de Madrid : Nunca Dejes de Creer. Et il fallait avoir la foi pour y croire encore, en entrant dans la 87ème minute de jeu avec un déficit de trois buts sur la qualification.

 

Paris passe à côté

Le miracle barcelonais marche bien entendu main dans la main avec la faillite complète du PSG. A l'aller, les Parisiens avaient surclassé un Barça qui cherchait son chemin sur une boussole démagnétisée. On pouvait légitimement se poser la question de savoir si Paris serait aussi velléitaire dans le pressing, et il n'était pas si surprenant de les voir se positionner dans un bloc bas (aussi bas ? la question est plutôt là...). Toujours est-il qu'après avoir excellé dans l'utilisation du ballon au Parc, le PSG n'a pas réussi à sortir un ballon proprement durant tout le premier acte. Et a facilité la tâche du Barça, puisque la plupart des buts viennent de cagades défensives plus que de mises hors de position des attaquants.

Malgré tout, Paris a eu les cartes en main pour passer. Et facilement, même. A la reprise, malgré le troisième but rapide, les hommes d'Emery ont affiché la volonté de venir chercher le Barça dans sa moitié de terrain, avec à la clé plusieurs situations, dont le but de Cavani qui devait leur assurer une fin de soirée des plus paisibles. Au delà des deux occases de 3-2 vendangées, qui auraient réglé l'addition et même le pourboire, on peut se demander pourquoi le PSG n'a pas adopté cette attitude plus longtemps que ce quart d'heure en début de 2MT... A force de reculer, de concéder des fautes à répétitions toujours plus près de leur surface, les ouailles de Nasser se sont exposées à l'impensable. Qui a fini par arriver. Le plus incroyable, au final, c'est que Paris, en l'espace de trois semaines, à réussi à anéantir le plus grand exploit de son histoire et à le transformer en son plus grand fiasco.

 

Neymar, en patron

On en parlait avant le match aller, Neymar cette saison pèse moins sur le goal record de son équipe, mais son apport à la création offensive du FCB est fondamentale et indispensable. Déjà le plus en vue au Parc, le Brésilien a encore enfilé sa tenue à paillette. Pourtant, assurément échaudé par le précédent de la Porte d'Auteuil, Emery avait mis en place des prises à deux sur Junior, Meunier recevant constamment l'aide d'un milieu ou de Lucas pour le seconder. Du coup, Ney n'a réussi que 4 dribbles en 13 tentatives, mais il a provoqué 8 fautes, 4 dans les 25 derniers mètres, dont le premier penalty et le CF qu'il transforme. Au moment d'attribuer les bons et les mauvais point, on le retrouve impliqué de près ou de loin sur 5 des 6 buts blaugrana (passe qui casse les lignes pour Suarez sur le 2-0 / provoque le péno du 3-0 / provoque et transforme le CF du 4-1 / transforme le péno du 5-1 / passeur décisif sur le 6-1). Une prestation rondement menée...

Mais il fallait bien ça pour remonter le déficit abyssal d'il y a trois semaines.

 

 

Photo : Source Twitter @fcbarcelona_fra

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